La diversité révèle ses talents aux Diversidays

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Lundi 27 novembre se tenait au Théâtre L’Européen à Paris la première édition des Diversidays en partenariat avec La Tribune.
Lundi 27 novembre se tenait au Théâtre L’Européen à Paris la première édition des Diversidays en partenariat avec La Tribune. (Crédits : DR)
Lundi soir se déroulait la première édition des Diversidays qui célèbrent les talents et l’entreprenariat de la diversité. Une soirée très inspirante marquée, entre autres, par l’intervention de Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au numérique.

Lundi 27 novembre se tenait au Théâtre L'Européen à Paris la première édition des Diversidays en partenariat avec La Tribune (cf. notre article du 5 octobre 2017). De l'étudiant au DRH, en passant par le dircom et l'entrepreneur de la Tech, de la TPE à Google, en passant par Axa, EDF (eux aussi partenaires), 350 personnes avaient fait le déplacement pour découvrir les lauréats de cette première cession : huit « Diversimakers », pour reprendre l'expression de Mounira Hamdi, consultante en digital marketing et Anthony Babkine, directeur général adjoint de l'agence de communication TBWA\Corporate tous deux initiateurs et organisateurs de l'événement. Huit talents issus de la diversité ou œuvrant pour sa promotion en s'appuyant sur le numérique et autant de profils, de parcours et de projets différents.

Durant près de deux heures, ils se sont succédés sur la scène pour nous raconter leur histoire tantôt avec émotion, tantôt avec humour et toujours avec conviction. Le tout entrecoupé des performances artistiques des danseurs de la troupe de Blanca Li et oratoire de Mounir Mahjoubi, secrétaire d'État au numérique dont l'histoire personnelle, racontée avec une grande décontraction dans une intervention relevant presque du stand up, n'est pas sans rappeler celle des huit Diversimakers. À l'image de Loubna Ksibi, originaire du nord-est de la France, ou de Kayoum Fane, parisien et ingénieur de formation (issu de Centrale Paris) que nous avons rencontrés.

Loubna Ksibi, serial entrepreneuse

Pour Loubna Ksibi, consultante IBM Watson et sérial entrepreneuse, co fondatrice de MeetMyMama et Women In AI, tout est toujours parti d'une rencontre : c'est par exemple en découvrant les talents culinaires de Nida, réfugiée Sri Lankaise, que lui est venue l'idée de MeetMyMama, une société qui s'est donné pour mission de révéler les talents culinaires de ces femmes en situation de fragilité par la mise en place d'une activité traiteur du monde leur permettant de bénéficier d'un parcours d'insertion incluant également un volet de formation à la pédagogie, pour transmettre leur savoir, et digital pour maîtriser leur communication et développer leur activité. Persuadée que tout le monde peut devenir entrepreneur, Loubna Ksibi a également créé Women in AI pour favoriser l'inclusion des femmes dans l'univers de l'Intelligence artificielle, et organise régulièrement des événements - Start Up weekend Banlieue, Start Up Weekend Entrepreneurs with refugees... -  centrés sur l'innovation et le digital pour aider les populations mises à l'écart à trouver leur place dans la société « trop souvent parce qu'elles n'ont pas conscience de leurs talents », estime Loubna Ksibi.

Kayoum Fane, hacker bienveillant des process de recrutement

Un avis que partage Kayoum Fane. C'est avec Hugo Villain, autodidacte des nouvelles technologies, qu'il a co-fondé Whire, une plateforme digitale centrée sur l'emploi. « Je me suis demandé pourquoi je n'avais pas été victime comme beaucoup d'autres du déterminisme social, s'interroge l'ingénieur : Il m'est apparu que contrairement à beaucoup d'autres, mes parents avaient joué un grand rôle en permettant de me projeter. Mais tout le monde n'a pas cette chance. Dans un grand nombre de cas, les personnes issues de la diversité n'osent pas se projeter, elles s'autocensurent ou n'ont tout simplement pas conscience de leurs talents ». Un handicap qui vient s'ajouter à une autre réalité : « elles se retrouvent exclues des processus de recrutement soit parce que leur profil n'entre pas dans les standards des recruteurs. » C'est de là qu'est née l'idée de Whire et ce qui fait son originalité : un algorithme permettant d'identifier les compétences cachées d'un demandeur d'emploi pour mieux les révéler aux recruteurs. Et Kayoum Fane de citer l'exemple de cette jeune femme spécialisée dans le nail art aujourd'hui reconvertie et épanouie dans l'univers de la haute joaillerie grâce à un talent jusqu'alors jamais exprimée ni dans un CV, ni dans une offre d'emploi : la minutie ! Actuellement en test sur une population test, Whire devrait prochainement être accessible à tout le monde sans distinction.

La diversité, un deal gagnant-gagnant

À travers l'énergie et le dynamisme de ces deux personnalités et plus largement des six autres lauréats de la soirée, cette première édition des Diversidays aura permis d'apporter la preuve qu'une société inclusive, tant au niveau des profils qui la composent que des technologies de l'époque, avait plus à gagner qu'à perdre. « Il faut considérer la diversité comme une occasion de partage et non pas comme un prétexte à l'exclusion, rappelle Kayoum Fane. La diversité n'est rien d'autre que le fait d'introduire dans un environnement donné un élément extérieur et inattendu qui va permettre à tout le monde d'apprendre quelque chose de nouveau. » Vu sous cet angle, la situation devient tout de suite moins anxiogène.

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