La gastronomie, outil de reconquête des cœurs de ville

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Pour valoriser les centres-villes, les activités liées à la nourriture sont jugées plus porteuses que les commerces de prêt-à-porter.
Pour valoriser les centres-villes, les activités liées à la nourriture sont jugées plus porteuses que les commerces de prêt-à-porter. (Crédits : iStock)
Rue de la République, dans le centre-ville de Marseille, l’installation de restaurants et de commerces de bouche de qualité dynamise l’économie et revitalise le quartier.

Un café littéraire, une cuisine où l'on prend quelques cours, un restaurant éphémère... La rue de la République, cette artère qui relie le centre historique de Marseille au quartier très moderne d'Euromed, reprend vie après plusieurs années de somnolence. Concurrencée par les nombreux centres commerciaux qui ont essaimé aux alentours, elle avait du mal à tirer son épingle du jeu. Mais désormais, elle semble trouver un nouveau souffle. Plus question d'attirer les enseignes que l'on trouve partout ailleurs. Il faut désormais se différencier et proposer une offre nouvelle, plus qualitative et authentique.

Ce n'est pas un hasard si c'est elle qui fait figure de « rue de la gastronomie » dans le cadre de l'opération MPG2019. « L'objectif est de valoriser cette rue et de la faire vivre », explique Isabelle Bremond, directrice de Provence Tourisme. Pour ce, quatre espaces inoccupés ont été mis à profit pour des animations, des boutiques ou des restaurants éphémères, faisant de l'artère « une vitrine du territoire ».

Pâtisseries végétales et vin nature

Car la rue de la République est un symbole. Elle incarne la manière dont la gastronomie peut redonner vie à un centre-ville. « C'est toute une économie locale qui est redynamisée par  cette filière », observe Marianne Tiberghien, de l'association Marseille Centre, qui accompagne des porteurs de projet en centre-ville.

« Désormais, quand on devient commerçant, on se tourne davantage vers ce secteur, contrairement au prêt-à-porter où les choses sont plus compliquées. » Car « on est obligé de se nourrir », mais aussi parce que le secteur offre de nombreux débouchés.

Plus soucieux de ce que l'on consomme, « on choisit de plus en plus des produits bien transformés ». Ce qui permet « d'éduquer son goût et d'avoir de plus en plus envie de retrouver ce type de propositions ». Résultat : une demande qui croît et nourrit une offre qui se diversifie. « À Marseille, on assiste à un retour de la dimension gastronomique. Désormais, on a une offre qui va du fast-food au restaurant étoilé en passant par la brasserie traditionnelle. Nous avons des boulangeries bio, des fromageries, des épiceries... » Et face à cet afflux de propositions nouvelles se créent des marchés de niche, comme des pâtisseries végétales ou du vin nature.

Des commerces très souvent indépendants. Car ce qui est recherché, c'est bien la diversité, à rebours de l'« uniformisation des goûts et des centres-villes » à l'œuvre ces dernières décennies. Par conséquent, les habitants reviennent à la vie de quartier. « Cela fixe les habitants dans leur quartier. Ils continuent d'aller au supermarché pour certains produits de première consommation, mais s'ils ont sur place un bon boucher,  un bon boulanger ou un bon fromager, ils y vont. Ils ont envie de revenir à des choses vraies, authentiques. » De quoi créer une émulation à même de faire venir en ville une offre toujours plus étoffée et pas seulement alimentaire. Et de refaire des cœurs de ville des lieux où il fait bon vivre.

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