La carte musique jeunes repoussée à la rentrée

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La carte musique Jeune sera bien présentée le 21 juin comme attendu. Mais elle ne sera lancée qu'à la rentrée. L'Elysée a tranché contre l'avis du ministère de la Culture. Le dispositif sera plafonné à une subvention de 25 millions d'euros par an par l'Etat,

La dernière réunion d?arbitrage concernant la carte musique Jeune s'est tenue ce mardi 18 mai à l'Elysée. Il a été décidé que la carte serait bien présentée le 21 juin, pour la Fête de la Musique,  comme annoncé, mais mise en service seulement à la rentrée, selon nos informations. Des informations également données par le site Electron libre.

Ce dispositif avait été préconisé par le rapport de la mission Zelnik, remis au ministère de la Culture en janvier, pour proposer des pistes sur le développement des offres légales de contenus culturels en ligne.

Il consiste à subventionner la consommation de musique en ligne des 12-25 ans, sur des plateformes légales, pour les inciter à abandonner le téléchargement illégal.

Pour être prêt à le lancer le jour de la Fête de la musique, le ministère de la Culture avait pourtant mis les bouchées doubles.

Notification à Bruxelles

A l?Elysée, on justifie le report par les délais de notification à Bruxelles, s'agissant d'une aide publique,  - même si au mois d?août la commission européenne, est en sommei. 

Et aussi, par le fait que le début d?année scolaire serait plus propice à l?adoption de nouveaux usages, à des campagnes de communication... que l'été.

Sur l?ampleur du dispositif, le ministère de la Culture n'a pas non plus été suivi. Il avait espéré pouvoir toucher 25 % des 10 millions de jeunes de 12-24 ans. Soit à raison de 25 euros par an et par personne de subvention maximale, pour 50 euros dépensés en ligne, un coût de 65 millions d?euros.

Mais l?idée de faire contribuer les ayants-droits de la musique (auteurs, éditeurs, producteurs..) ou les plateformes de musique en ligne au dospositif, soufflée par le rappot Zelnik, n'a pas été retenue. Les dispositifs fiscaux, - taxes sur les fournisseurs d'accès Internet , FAI, ou réaménagement des taux de TVA des FAI - ont eux aussi été abandonnés, face à l'opposition du ministère de l'Industrie et aux difficultés déjà rencontrées par la France à Bruxelles sur ces dossiers.

25 millions apportés par le budget de l'Etat

Restait la subvention budgétaire et  Bercy a obtenu le plafonnement de l?apport de l?Etat à 25 millions d?euros par an pendant trois ans. Soit de quoi éditer 1 million de cartes d?une valeur de 50 euros.

Plutôt qu?une carte physique, la carte est en fait un portail internet où en s?inscrivant et déclarant son âge, on obtiendra des codes pour acheter des tickets de 5, 10, jusqu'à 50 euros de musique sur les plateforme partenaires.

Afin d?éviter qu?Apple, premier vendeur de musique en France avec sa boutique iTunes, ne rafle tout, l?Etat limitera à 5 millions d?euros la subvention reçue par une même plateforme.

Les opposants à l'industrie musicale heureux du report

L'annonce de ce report , confirmé aux représentants du secteur musical lors d'une réunion mercredi après-midi au ministère de la Culture, a réjoui les traditionnels opposants à l'industrie musicale et à la loi Hadopi.

Le site Nomurama, qui demandait la "mort de l'infâme carte jeune", voit déjà dans ce délai, le prélude de l'abandon de la carte.

Ses adversaires, qui dénoncent la loi Hadopi contre le piratage et les profits des "majors" de la musique, s'insurgent contre le fait de faire financer par le contribuable une industrie musicale qu'ils jugent déjà trop subventionnée.

Toutefois, à l'Elysée où on souligne la volonté du Président de favoriser le développement de modèles économiques viables pour la musique en ligne, l'abandon de la carte ne semble pas du tout à l'ordre du jour.

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Commentaires
a écrit le 20/05/2010 à 11:19 :
c est pas sur que les montants soit dépensé, la musique n' interesse plus les djeun.
a écrit le 20/05/2010 à 6:17 :
allez encore des dépenses publiques pour soutenir un secteur qui n'a pas su s'adapter !
a écrit le 20/05/2010 à 4:21 :
Ne pas faire l'amalgame entre "opposant à l'Hadopi" et "opposant à l'industrie musicale". L'Hadopi n'a absolument aucun rapport avec l'industrie musicale sous sa forme finale. La présidente de l'Hadopi elle-même a avoué que le but de la Hadopi n'était pas d'empêcher le piratage, mais de punir le "manque de sécurisation de son accès internet", ce qui n'est pas du tout la même chose.
Et le Site "Nomurama", je suppose que vous parlez de Numérama.

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