Altice en Bourse : la sanction après le (bref) rebond

 |   |  696  mots
Patrick Drahi, le fondateur et propriétaire d'Altice (maison-mère de SFR).
Patrick Drahi, le fondateur et propriétaire d'Altice (maison-mère de SFR). (Crédits : PHILIPPE WOJAZER)
Après avoir annoncé la séparation de ses activités en Europe et aux Etats-Unis, le titre du géant des télécoms et des médias, qui avait grimpé de plus de 10% mardi à la Bourse d’Amsterdam, a chuté de 7,24% ce mercredi, à 9,68 euros.

L'éclaircie aura été courte. Ce mercredi, Altice a une nouvelle fois fait l'objet d'une fronde des investisseurs. A la Bourse d'Amsterdam, le titre du géant des télécoms et des médias a chuté de 7,24% à 9,68 euros. Le rebond espéré par le groupe après l'annonce, dans la nuit de lundi à mardi, d'une séparation entre ses activités en Europe et aux Etats-Unis, n'aura pas duré bien longtemps. Sachant que la foulée de cette annonce, le titre avait fortement progressé de 10,52%, repassant notamment au-dessus des 10 euros.

En clair, les investisseurs ne semblent pas convaincus que la nouvelle organisation d'Altice change franchement la donne. Celle-ci consiste, en clair, à séparer le groupe en deux entités distinctes : d'un côté les câblo-opérateurs américains Suddenlink et Cablevision, réunis dans un chapeau Altice USA ; de l'autre côté, les activités européennes, rassemblées dans un chapeau Altice Europe (ex-Altice NV). Cette organisation, présentée comme une « clarification » auprès des investisseurs par le groupe du milliardaire Patrick Drahi, vise notamment à empêcher que les déboires de SFR viennent impacter les autres activités du groupe. Et notamment celles du câble aux Etats-Unis, cotées à Wall Street. Malgré des résultats économiques honorables, celles-ci avaient essuyé les foudres des investisseurs en novembre dernier. A ce moment-là, les mauvais résultats de l'opérateur au carré rouge avaient provoqué une sévère chute d'Altice à la Bourse d'Amsterdam.

| Lire aussi : Altice élève une muraille entre l'Europe et les Etats-Unis

De plus, cette nouvelle organisation « permet de faire sortir un peu de cash des Etats-Unis [via le versement par Altice USA d'un dividende exceptionnel de 1,5 milliard de dollars, NDLR] », constate un analyste parisien. Selon lui, une telle décision aurait probablement été « inaudible » en conservant l'ancienne organisation. Et ce, alors que la dette faramineuse du groupe, qui flirte avec les 51 milliards d'euros, continue d'inquiéter. A noter que l'état-major d'Altice a indiqué qu'il consacrerait une partie de la manne qui lui reviendra de ce dividende exceptionnel (625 millions de dollars sur 900 millions) pour désendetter en partie la future Altice Europe. Laquelle devra ensuite voler de ses propres ailes.

En outre, la nouvelle organisation est, sur le papier, susceptible d'épauler le cours d'Altice Europe. Un explication se trouve dans la séparation en entités distinctes de ses activités. Parmi elles, on trouve Altice France (avec SFR), et Altice Pay TV (où sont logés des droits sportifs achetés à prix d'or ces dernières années, comme ceux de la Ligue des Champions). Cette organisation facilite leur éventuelle revente. Même si Patrick Drahi a affirmé qu'il ne comptait pas s'en délester pour le moment, cette possibilité est désormais plus facilement envisageable pour les investisseurs.

« Les difficultés de SFR restent intactes »

Du côté d'Altice USA, à côté du versement d'un dividende exceptionnel, le conseil d'administration a décidé de procéder à un rachat d'actions à hauteur de 2 milliards de dollars, qui verra le jour après la scission. Ce qui, là encore, devrait soutenir le titre. De plus, comme l'indique un analyste londonien, il sera a priori plus difficile à ceux qui souhaiteront « shorter » (vendre à découvert) du Altice USA de se lancer, étant donné que le groupe sera totalement « déconnecté » de l'Europe et se porte bien aujourd'hui.

Mais visiblement, pas de quoi lever les craintes des investisseurs. Selon les analystes de Bryan Garnier, cités par Reuters, si la séparation des activités européenne et américaine semble positive d'un point de vue technique, « les difficultés concernant le redressement en France et les free cash flow restent intactes ». De fait, Altice a précisé mardi que les revenus de sa division française avaient baissé d'environ 2% l'an dernier, et a précisé qu'elle devrait générer entre 1,6 et 1,7 milliard d'euros de free cash flow opérationnel en 2018. Or, note Bryan Garnier, ce chiffre suggère une baisse de l'excédent brut d'exploitation cette année. Une fois encore, Patrick Drahi va, semble-t-il, devoir prouver qu'il peut relancer commercialement SFR pour retrouver la confiance des marchés.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 14/01/2018 à 8:03 :
Rappelons que ce Monsieur DRAHI n'a pas mis un sou dans ses affaires. Au contraire il a ponctionné les dividendes des sociétés en faisant supporter à ces sociétés de nouveaux emprunts. Donc pour arrêter cette gabgie il faut engager sa responsabilité sur ses biens personnels directs ou indirects.
a écrit le 11/01/2018 à 8:40 :
Ce ne sont pas les tripatouillages boursiers qui amélioreront la qualité du service SFR, et il y a fort à faire !
a écrit le 10/01/2018 à 23:59 :
Le probleme c'est les taux. Même si sa dette est a 80% a taux fixe et qu'il n'a rien a rembourser avant 3 ans, vu le chemin que prennent les taux il est mal barré.
a écrit le 10/01/2018 à 19:39 :
ça sent le sapin
a écrit le 10/01/2018 à 18:34 :
Sans Fric Rapidement, cherche solution pour faire croire à sa survie, et pour cela décline les restructurations non monétaires archi-usées pour donner le change. Quand ils en seront aux chaises de bureau, la fin sera proche.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :