Comment Microsoft est redevenu cool
Guillaume Renouard, correspondant à San Francisco
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« Microsoft peut-il survivre à la chute des ventes de PC ? » Cette question, que se pose un éditorialiste de Computerworld en décembre 2013, est alors sur toutes les lèvres. Quelques mois plus tôt, le groupe a vu son action chuter de 12%, une baisse inédite depuis l'explosion de la bulle internet de l'an 2000. Alors que le mandat de Steve Ballmer, successeur de Bill Gates, touche à sa fin, et que Satya Nadella s'apprête à prendre la relève, Microsoft traîne une réputation doublement négative.
Celle d'un « evil empire », un conglomérat immoral et dangereux, d'une part, notamment du fait de sa stratégie de licence agressive visant à promouvoir au maximum Windows et la suite Office, ses deux vaches à lait. Bien que lucrative, cette stratégie lui a par le passé valu les foudres des autorités antitrust américaines, et un procès durant lequel Microsoft a de peu échappé au démantèlement en 2001.
Celle d'un véritable dinosaure du net, d'autre part, ayant raté tous les récents virages technologiques, du moteur de recherche au smartphone, en passant par les réseaux sociaux. Bref, la messe est dite : Microsoft est une relique d'un autre temps, un has been vivant sur sa gloire passée et condamné à un inexorable déclin.
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Sept ans après la prise de poste de Satya Nadella, le contraste est saisissant. Le géant de l'informatique vient d'afficher le trimestre le plus profitable de son histoire : ses ventes ont atteint 46,2 milliards de dollars (39 milliards d'euros), en hausse de 21% par rapport au second trimestre 2020. Les profits, eux, ont crû de 47% pour atteindre 16,5 milliards de dollars (près de 14 milliards d'euros), dépassant les prédictions des analystes de Wall Street. Microsoft est solidement positionné comme le numéro deux mondial du marché du cloud, dont la croissance n'est pas près de s'arrêter.
Guillaume Renouard, correspondant à San Francisco