Droits de douane : la facture de plus d’un milliard de dollars d’Apple
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Apple a enregistré, pour le troisième trimestre de son exercice comptable décalé, un bénéfice net de 23,4 milliards de dollars.
Abdul Saboor
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Apple a enregistré, pour le troisième trimestre de son exercice comptable décalé, un bénéfice net de 23,4 milliards de dollars.
Abdul Saboor
Les premières factures de la guerre commerciale de Donald Trump commencent à tomber. Outre-Atlantique, Apple va payer 1,1 milliard de dollars de coût liés aux droits de douane pour le trimestre en cours, a déclaré jeudi 31 juillet le directeur général, Tim Cook.
Mais pas de quoi faire plier le géant californien. Le groupe est parvenu à dépasser largement les prévisions, malgré une précédente facture de 800 millions de dollars sur les tarifs douaniers. Apple a ainsi enregistré, pour le troisième trimestre de son exercice comptable décalé un bénéfice net de 23,4 milliards de dollars, en hausse de 9 % sur un an, selon un communiqué publié jeudi. Rapporté par action, donnée scrutée par le marché, il atteint 1,57 dollar, contre 1,42 projeté par les analystes, selon un consensus établi par FactSet.
« Ces résultats montrent que la stratégie d'Apple vis-à-vis de l'iPhone fonctionne pour limiter les effets de défis », comme les droits de douane, a commenté Jacob Bourne, analyste d'Emarketer.
Le groupe avait ainsi réaffecté, en urgence, une part importante de la production d'iPhone de Chine en Inde, pour contourner les droits de douane infligés à la République populaire. Il est parvenu à ne livrer au marché américain, au trimestre écoulé, quasiment que des modèles fabriqués en Inde, « ce qui démontre la flexibilité de sa chaîne d'approvisionnement », a observé Jacob Bourne.
« Nous essayons d'optimiser notre chaîne logistique » dans ce nouveau contexte commercial, a expliqué Tim Cook, « et nous allons produire davantage aux États-Unis ». Le dirigeant a rappelé qu'Apple s'était engagé à investir 500 milliards de dollars dans les quatre années à venir.
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Tim Cook a précisé que, pour l'instant, le groupe n'était exposé qu'au taux plancher de 10 % de droits de douane pour les pays dans lesquels il produit. Les tarifs additionnels sont suspendus en ce qui le concerne, le temps que le gouvernement américain décide d'une éventuelle exemption. Donald Trump a décidé, mercredi 30 juillet, de relever unilatéralement à 25 % les droits de douane appliqués aux biens exportés aux États-Unis depuis l'Inde, faute d'accord commercial entre les deux pays.
En attendant, les ventes de la marque à la pomme se portent bien grâce à son produit phare. Lors de la période allant d'avril à juin, les ventes de l'iPhone ont progressé de 13 % sur un an, bien au-delà des estimations de Wall Street, qui tablait sur une hausse similaire à celle du trimestre précédent (+1,9 %). Le directeur général, Tim Cook, a indiqué que l'entreprise avait récemment produit le trois milliardième iPhone depuis le lancement du smartphone, en 2007.
Autre moteur de croissance du groupe de Cupertino (Californie), les services (+13 %), qui englobent la boutique d'applications App Store, les plateformes de streaming musical (Apple Music) et vidéo (Apple TV), ainsi que le stockage de données à distance (iCloud).
Apple a aussi bénéficié d'une demande soutenue pour sa ligne d'ordinateurs personnels Mac avec une augmentation (+15 %) plus que doublée par rapport au deuxième trimestre comptable (+7 %). Tim Cook a précisé que cette performance avait été tirée, en particulier, par le nouveau MacBook Pro équipé de la puce développée par Apple, la M4.
Au total, le chiffre d'affaires se monte à 94 milliards de dollars, soit 9,6 % de mieux qu'au même trimestre de l'an dernier. Ce coup d'accélérateur tient, pour partie, au redressement de l'Europe (+10 %), essoufflée au trimestre précédent (+1 %), mais aussi de la Chine, revenue dans le vert (+4 %) après sept trimestres consécutifs de repli. Tim Cook a souligné qu'en milieu urbain, des modèles d'iPhone se situaient aux trois premières places des ventes en Chine, « ce qui est extraordinaire ». « C'est un mouvement majeur dans la bonne direction » pour Apple, ont réagi les analystes de Wedbush Securities, pour qui « la Chine aura été la star » de ces résultats trimestriels.
Malgré ces bons résultats, Apple reste pénalisé par sa stratégie pour l'intelligence artificielle (IA), l'entreprise peinant à déployer des applications utilisant cette technologie, ont tempéré les analystes de Wedbush Securities. « Pendant ce temps », a insisté Wedbush, « le reste de la tech avance à toute vitesse » sur l'IA.
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Le directeur financier, Kevan Parekh, a déclaré qu'Apple allait augmenter ses investissements, notamment dans l'IA, « pas à un rythme exponentiel », mais à une cadence « substantielle ».
(Avec AFP.)
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