L'ONG américaine Future of Life a mis en ligne une pétition, signée par des centaines de chercheurs et figures de la tech comme Elon Musk et Yoshua Bengio, qui demande aux entreprises de « faire une pause d'au moins six mois » dans la course aux intelligences artificielles génératives illustrée par le fulgurant succès de ChatGPT. Cet appel relaie les craintes du monde de la recherche sur le manque de garde-fous autour de cette nouvelle technologie, pour l'instant maîtrisée uniquement par une poignée de...« Nous demandons à tous les laboratoires d'intelligence artificielle de mettre immédiatement en pause, pour au moins six mois, les entraînements des systèmes d'IA plus puissants que GPT-4. » Voilà l'appel de l'ONG Future of Life, dans une pétition signée par plus de 200 chercheurs et experts de la tech, parmi lesquels Elon Musk, le chercheur Yoshua Bengio, le co-fondateur d'Apple Steve Wozniak, ou encore l'homme politique américain Andrew Yang.
Le texte met en garde contre une course technologique qui serait « hors de contrôle », et cite « des risques profonds pour la société et l'humanité ». Pour les signataires, « personne ne peut comprendre, prévoir ou contrôler correctement » le déploiement des IA génératives comme ChatGPT ou Midjourney. C'est pourquoi ils appellent à la création d'instances de régulation indépendantes, pour s'assurer que l'encadrement des systèmes est suffisant avant de les déployer. Même Sam Altman, le CEO d'OpenAI, a reconnu avoir « un peu peur » des dérives de l'IA.
Craintes autour d'un monopole de l'intelligence artificielle
« Je ne crois pas une seconde que les entreprises feront une pause de l'entraînement des systèmes génératifs ou même qu'une telle pause aurait un intérêt », balaie d'emblée Régis Sabbadin, directeur de l'intelligence artificielle à l'Inrae-Université de Toulouse et signataire de la pétition, contacté par La Tribune. « En revanche la pétition véhicule un message important, puisqu'il existe un véritable risque que la capacité à créer des IA génératives reste l'apanage de quelques grosses entreprises et Etats, dont les finalités ne sont pas forcément compatibles avec le bien commun. »