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Technos & MediasInformatique

Affaire des puces espionnes chinoises : quel rôle a joué Supermicro ?

Photo de Anaïs Cherif

Anaïs Cherif

Publié le 08 octobre 2018 à 14:52 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:27

puces cyberattaque piratage

puces cyberattaque piratage

Reuters/Dado Ruvic

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Photo d'illustration de l'article
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Créé en 1993 dans la Silicon Valley, Supermicro est l'un des plus importants fournisseurs de cartes mères pour serveurs au monde. Parmi ses clients, figurent Apple et Amazon. À la demande de l'armée chinoise, des micropuces auraient été insérées dans ses produits en 2015 à des fins d'espionnage.

Son nom est inconnu du grand public. Supermicro se trouve pourtant au cœur de l'affaire des puces espionnes, révélée le 4 octobre par Bloomberg. Des micropuces, "pas plus grosses qu'un grain de riz", auraient été insérées à la demande de l'armée chinoise dans du matériel informatique fabriqué dans la deuxième économie mondiale. Leur cible : les États-Unis. Toujours selon Bloomberg, le matériel informatique transformé aurait été utilisé par une trentaine d'entreprises - dont les géants Apple et Amazon -, mais aussi des banques et plusieurs agences fédérales américaines en 2015. Pékin aurait ainsi profité d'un accès secret à leurs réseaux internes.

Les puces auraient été intégrées dans les cartes mères de serveurs, fabriquées par Supermicro, l'un des plus importants fournisseurs au monde. Créée en 1993 à San José, dans la Silicon Valley, cette entreprise se targue d'être "rentable tous les ans depuis sa création". Son business est florissant : en 2017, Supermicro a réalisé un chiffre d'affaires de 2,53 milliards de dollars - contre 420,4 millions de dollars dix ans plus tôt. Un succès qui aurait attiré les espions chinois. Selon Bloomberg, Supermicro aurait été perçu comme le moyen idéal d'infiltrer les plus grandes entreprises américaines. La société a deux atouts en ce sens : une renommée internationale et des liens historiques avec l'Asie.

Un espion infiltré chez Supermicro ?

En 2015, année où les premières puces espionnes auraient été découvertes, Supermicro revendiquait 900 clients dans 100 pays.

"Supermicro est l'équivalent de Microsoft dans le monde du hardware", a déclaré auprès de Bloomberg un ancien agent des renseignements américains."Attaquer les cartes mères Supermicro, c'est comme attaquer Windows. C'est attaquer le monde entier."

Fondée par Charles Liang, un ingénieur d'origine taïwanaise venu terminer ses études au Texas, Supermicro a toujours été tournée vers l'Asie. Dès 1996, l'entreprise américaine ouvre une filiale à Taïwan, avant d'en ouvrir une aux Pays-Bas deux ans plus tard. "La majorité de ses effectifs à San José sont taïwanais ou chinois. Le mandarin y est la langue préférée et le hanzi [les caractères chinois, Ndlr] remplit les tableaux blancs" de l'entreprise dans son QG américain, raconte Bloomberg. De nombreux appels sont passés en anglais, puis en mandarin. "L'usage généralisé du mandarin aurait facilité la compréhension par la Chine des activités de Supermicro et, éventuellement, l'infiltration de la société", rapporte Bloomberg. Une enquête du gouvernement américain est toujours en cours afin de déterminer si un espion s'est réellement infiltré chez Supermicro.

Chute du cours de Bourse de 40%

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Le produit phare de l'entreprise, les cartes mères pour serveurs, est en parti monté par des sous-traitants basés à Shanghaï. Ce sont ces derniers qui auraient subi des pressions pour insérer les puces espionnes. Elles auraient été découvertes par Apple et Amazon en 2015, tous deux clients de Supermicro. Alors que la firme à la pomme était une fidèle cliente, elle a rompu ses relations commerciales avec son fournisseur dès 2016. À la suite de la publication de l'enquête de Bloomberg, Apple et Amazon ont démenti avoir trouvé de telles puces, tout comme Supermicro.

"Supermicro n'a jamais découvert de puces suspectes, ni été informée par aucun client que de telles puces avaient été découvertes",a démenti l'entreprise dansun communiqué de pressepublié le 4 octobre, jour de la révélation.

Dans la journée, son cours de Bourse s'est effondré d'environ 40%, pour retomber à une valorisation de 600 millions de dollars.

Anaïs Cherif

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