Atos déplore une perte nette de 3,4 milliards d'euros
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Le groupe informatique français Atos, en pleine crise financière, a annoncé ce mardi avoir enregistré une perte nette de 3,4 milliards d'euros en 2023.
Stephane Mahe
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Le groupe informatique français Atos, en pleine crise financière, a annoncé ce mardi avoir enregistré une perte nette de 3,4 milliards d'euros en 2023.
Stephane Mahe
[Article publié le mardi 26 mars 2024 à 08h19 et mis à jour à 10h21] Le groupe informatique français Atos, en pleine crise financière, a annoncé ce mardi avoir enregistré une perte nette de 3,4 milliards d'euros en 2023, après d'importantes dépréciations d'actifs, alors que son endettement inquiète à la suite de l'échec récent de la vente d'une partie de ses activités. Le chiffre d'affaires d'Atos, lui, s'établit à « 10.693 millions d'euros, en croissance organique de +0,4% », indique-t-on dans un communiqué.
Entré dans une procédure amiable de conciliation avec ses créanciers, cet ex-fleuron de la tech indique viser « un accord global » pour restructurer sa dette « d'ici juillet ». Le groupe assure qu'il dispose, avec 2,4 milliards d'euros de trésorerie, de quoi « couvrir (ses) besoins de liquidités » jusqu'à l'obtention potentielle de cet accord.
De son côté, la Bourse de Paris a immédiatement sanctionné cette publication. Le titre Atos cédait près de 8% à 9h50 (8h50 GMT), à 1,58 euros, alors qu'il s'échangeait aux alentours de 15 euros fin juillet 2023. La valorisation de l'entreprise, qui opère aussi dans des activités stratégiques pour l'Etat français, s'établit ainsi désormais à quelque 176 millions d'euros.
La perte de l'an passé est en grande partie due à une dépréciation d'actifs à hauteur de 2,6 milliards d'euros. Cet élément consiste pour une entreprise à ajuster la valeur d'un actif dans ses comptes par rapport à celle qu'elle lui accordait jusqu'alors. Pour rappel, la direction d'Atos avait proposé en 2022 un plan de sauvetage comprenant sa scission en deux entités : Tech Foundations, qui regroupe les activités historiques d'infogérance, et Eviden, qui comprend notamment les activités « big data » et sécurité (BDS), la pépite du groupe.
Malgré le retrait d'Airbus des discussions pour l'acquisition de BDS la semaine passée, quelques semaines seulement après celui des négociations avec le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky pour la vente de Tech Foundations, « Atos continuera de gérer Tech Foundations et Eviden comme deux activités séparées, tirant parti des forces de leurs offres respectives, avec une stratégie commerciale coordonnée », a affirmé mardi l'entreprise.
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Alors qu'Atos possède des supercalculateurs, notamment utilisés dans la défense et le nucléaire, le ministère français de l'Economie s'est engagé mardi dernier « à construire dans les prochaines semaines une solution nationale de protection des activités stratégiques » du groupe.
Si elle s'échangeait aux alentours de 15 euros fin juillet 2023, l'action du groupe a perdu plus de 80% de sa valeur, pour chuter sous les 2 euros, ramenant la valorisation de l'entreprise à moins de 200 millions d'euros.
Dimanche dernier, David Layani, le patron de Onepoint, premier actionnaire d'Atos, avait appelé à « mettre fin immédiatement à tout projet de cession », dans un entretien accordé au Figaro.
« Il faut mettre fin immédiatement à tout projet de cession en préservant l'intégrité des actifs pour bâtir un New One Atos qui reparte sur des bonnes bases », avait fait valoir David Layani, nommé fin février au conseil d'administration du groupe et soucieux de rompre avec la stratégie menée depuis deux ans.
Dans les prochains mois, Atos doit aussi être un des piliers de l'organisation des Jeux olympiques (du 26 juillet au 11 août) et paralympiques (du 28 août au 8 septembre), notamment en hébergeant les données personnelles des participants et en fournissant ses services en matière de cybersécurité.
Interrogé la semaine passée par Le Figaro pour savoir si la situation actuelle du groupe pourrait avoir des répercussions sur ces événements sportifs planétaires, le directeur général de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), gendarme français de la sécurité informatique, s'est voulu rassurant.
« Evidemment, nous avons une vigilance particulière compte tenu des difficultés que la société a pu rencontrer mais je n'ai aujourd'hui aucun signe d'alerte lié à la situation du groupe qui se répercuterait sur la sécurité de ce qu'ils font pour les Jeux. Nous les suivons de près pour s'assurer qu'il n'y a pas de dérives. Mais il n'y en a pas aujourd'hui », a affirmé Vincent Strubel.
Malgré les difficultés financières d'Atos, il n'y aura « aucun souci sur les Jeux olympiques », a assuré ce mardi son directeur général Paul Saleh.
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Pour répondre aux interrogations, une visite ouverte à la presse du centre des opérations technologiques (Technology Operations Center), qui héberge les équipes d'Atos, du CIO, du comité d'organisation et des autres partenaires des Jeux dans le domaine technologique, doit être organisée jeudi. Partenaire informatique mondial du CIO depuis les Jeux de Salt Lake City en 2002, Atos est chargé d'orchestrer et d'assurer l'intégration de l'ensemble des partenaires et intervenants technologiques impliqués dans les Jeux de Paris, comme Orange, Intel, Cisco, Omega ou Panasonic.
(Avec AFP)
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