Déconfiture d'Atos : premier actionnaire, Onepoint veut mettre fin à tout projet de cession
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La dette d'Atos s'élève à 3,65 milliards d'euros d'emprunts et obligations à rembourser ou refinancer d'ici fin 2025.
Sarah Meyssonnier
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La dette d'Atos s'élève à 3,65 milliards d'euros d'emprunts et obligations à rembourser ou refinancer d'ici fin 2025.
Sarah Meyssonnier
[Article publié le lundi 25 mars 2024 à 06h32 et mis à jour à 10h12] David Layani, le patron de Onepoint, premier actionnaire d'Atos, a dévoilé son plan pour sauver le groupe informatique français, très endetté, appelant à « mettre fin immédiatement à tout projet de cession », dans un entretien au Figaro dimanche.
« Il faut mettre fin immédiatement à tout projet de cession en préservant l'intégrité des actifs pour bâtir un New One Atos qui reparte sur des bonnes bases », a fait valoir David Layani, nommé fin février au conseil d'administration du groupe et soucieux de rompre avec la stratégie menée depuis deux ans.
Alors qu'Atos possède des supercalculateurs, notamment utilisés dans la défense et le nucléaire, le ministère de l'Economie s'est engagé mardi « à construire dans les prochaines semaines une solution nationale de protection des activités stratégiques » du groupe.
« Mais la BPI ne peut être majoritaire, ça voudrait dire qu'on nationalise. Ce n'est même pas dans notre statut, dans notre mandat. Donc il faut qu'il y ait quelqu'un en face », a-t-il ajouté.
Dimanche, David Layani estime que la souveraineté « ne se découpe pas » et que son projet est « la meilleure réponse à la préoccupation légitime de Bruno Le Maire ».
« Les créanciers vont faire un effort et les actionnaires vont devoir mettre de l'argent », estime celui qui veut « faire d'Atos l'Airbus du cyber et du digital » et dont la société est prête à participer « à une solution de recapitalisation ». Selon lui, Atos pourrait ainsi retrouver « d'ici deux ou trois ans, 6% à 8% de croissance et des marges comparables à celles de ses concurrents ». Mardi, la CFE-CGC, premier syndicat d'Atos, avait défendu le projet de David Layani, « le seul à répondre » aux objectifs de « survie » et de « croissance » de l'entreprise.
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L'entreprise ajoute que les résultats du groupe et les prochaines étapes seront présentés mardi 26 mars. Peu après l'ouverture lundi de la Bourse de Paris, le cours de l'action d'Atos était en hausse de 3,2% à 08h35 GMT, atteignant ainsi 1,82 euro, dans un marché stable.
L'avenir d'Atos, dont l'endettement affole les investisseurs - avec 3,65 milliards d'euros d'emprunts et obligations à rembourser ou refinancer d'ici fin 2025 -, s'est encore assombri mardi avec le retrait d'Airbus des discussions pour l'acquisition de BDS. Un échec annoncé quelques semaines après celui des négociations avec le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky pour la vente de sa branche Tech Foundations.
Sanction immédiate sur les marchés. Alors qu'elle s'échangeait aux alentours de 15 euros fin juillet 2023, l'action a perdu plus de 80% de sa valeur, pour chuter mercredi sous les 2 euros, ramenant la valorisation de l'entreprise à moins de 200 millions d'euros... pour un chiffre d'affaires annuel de plus de 11 milliards.
Depuis début février, Atos a obtenu du tribunal de commerce de Pontoise la nomination d'une mandataire ad hoc afin d'être assisté dans ses négociations avec ses banques créancières. Hélène Bourbouloux, déjà en charge notamment des dossiers Casino et Orpea, s'est vu confier la mission de « faire accélérer » les discussions avec 22 établissements bancaires, sans fixer de délai pour un éventuel accord.
La direction a proposé à l'été 2022 un plan de sauvetage comprenant la scission de l'entreprise en deux entités : Tech Foundation, qui regroupe les activités historiques d'infogérance, et Eviden, qui comprend notamment les activités BDS.
Dans les prochains mois, Atos doit aussi être un des piliers de l'organisation des Jeux olympiques (du 26 juillet au 11 août) et paralympiques (du 28 août au 8 septembre), notamment en hébergeant les données personnelles des participants et en fournissant ses services en matière de cybersécurité.
Interrogé mardi par Le Figaro pour savoir si la situation actuelle du groupe pourrait avoir des répercussions sur ces événements sportifs planétaires, le directeur général de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), gendarme français de la sécurité informatique, s'est voulu rassurant.
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« Evidemment, nous avons une vigilance particulière compte tenu des difficultés que la société a pu rencontrer mais je n'ai aujourd'hui aucun signe d'alerte lié à la situation du groupe qui se répercuterait sur la sécurité de ce qu'ils font pour les Jeux. Nous les suivons de près pour s'assurer qu'il n'y a pas de dérives. Mais il n'y en a pas aujourd'hui », a affirmé Vincent Strubel.
(Avec AFP)
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