« Il n'y a rien de choquant d'avoir demandé à Kretinsky d'investir dans Eviden » (Bertrand Meunier, président d’Atos)
Propos recueillis Michel Cabirol et Philippe Mabille
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... nds PAI défend ses choix. Daniel Kretinsky, qui n'aura aucun droit particulier comme actionnaire minoritaire d'Eviden, n'aura accès à aucune information classifiée en matière de défense. Notre dissuasion nucléaire n’est donc en rien menacée selon lui. Le deal, dont la réussite repose sur la réalisation d'une augmentation de capital, va au contraire doter la France et l'Europe d'un acteur majeur dans le cyber, le cloud et l'IA au service de notre souveraineté. Concernant la situation financière d'Atos, il l'impute à ses prédécesseurs dont les opérations de croissance externe ont été réalisées selon lui « avec une sélectivité discutable ou insuffisante » et les contrats signés alors étaient trop peu rentables au regard des coûts.
LA TRIBUNE- Pourriez-vous, avant de nous clarifier l'opération de cession de Tech Foundations que vous avez annoncée début août, revenir sur la situation économique et financière d'Atos. Pourquoi est-elle aussi dégradée ?
BERTRAND MEUNIER- Permettez-moi de mettre cette situation dans une perspective historique. J'ai hérité - et le conseil d'administration aussi - d'un passé et d'un passif. Alors que l'environnement technologique a évolué de façon rapide, Atos a clairement pris du retard dans la migration vers le cloud. Le succès du cours de bourse d'Atos dans les années 2010 était en réalité le fruit d'une politique d'acquisitions et d'une forte croissance externe qui a été réalisée avec une sélectivité discutable ou insuffisante et de la signature de contrats dont la rémunération était trop faible au regard des coûts. En février 2021, les commissaires aux comptes ont émis une réserve sur les comptes d'une de nos filiales américaines, qui était d'ailleurs une acquisition faite en 2014 d'une activité de Xerox (840 millions d'euros, ndlr).
Le groupe Atos vendait-il à perte ?
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Atos prenait alors des paris sur le futur, en particulier dans les activités de Tech Foundations. A la suite de la réserve des commissaires aux comptes, une étude approfondie a été lancée pour comprendre les causes de ces réserves. Cela a conduit le conseil et moi-même à demander que des méthodes comptables plus conservatrices soient désormais appliquées. Deuxièmement, nous avons demandé une revue systématique des contrats en cours de réalisation, dont certains, tous signés avant 2020, ont fait l'objet d'une dépréciation nécessaire. Ces dépréciations ont concerné beaucoup plus les contrats de Tech Foundations. Depuis 2020, tous les contrats signés sont rentables. Atos est aujourd'hui dans la norme du secteur.
Propos recueillis Michel Cabirol et Philippe Mabille