Atos : le chiffre d'affaires plombé par la branche que doit récupérer Daniel Kretinsky
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La stratégie de scinder Atos en deux branches est vivement critiquée par les actionnaires et certains politiques.
BENOIT TESSIER
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La stratégie de scinder Atos en deux branches est vivement critiquée par les actionnaires et certains politiques.
BENOIT TESSIER
Le groupe informatique, en pleine crise en raison d'un projet contesté de vente partielle au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, a annoncé ce jeudi 26 octobre une baisse de 8,1% de son chiffre d'affaires au troisième trimestre. Des résultats plombés par sa branche d'infogérance Tech Foundations. A 2,59 milliards d'euros, le chiffre d'affaires était en recul organique de 3%, hors changes et variation de périmètre, dont la vente d'Atos Italia au deuxième trimestre.
La stratégie de scinder Atos en deux branches est vivement critiquée par les actionnaires et certains politiques. Dans les faits, le milliardaire tchèque doit récupérer Tech Foundations. Ce dernière regroupe les activités historiques d'infogérance, soit la maintenance des parcs informatiques. Ses ventes ont reculé de 10,8% à 1,37 milliard, avec une baisse organique de 7,2%.
La saga Atos n'a pas fini de faire parler. La semaine dernière, sous le feu des critiques, le président du groupe Bertrand Meunier a démissionné, et le projet de cession à Daniel Kretinsky a été reporté au « début du deuxième trimestre 2024 ». Le feuilleton du projet de vente d'Atos a depuis connu un nouveau rebondissement mercredi dernier. Et pour cause, la commission des Finances à l'Assemblée nationale a adopté un amendement au projet de budget 2024. Celui-ci vise à nationaliser temporairement les activités « stratégiques » d'Atos. Objectif affiché, empêcher que des technologies sensibles pour le nucléaire ou l'armée tombent sous « pavillon étranger ».
Le député socialiste, Philippe Brun à l'origine d'un l'amendement, déposé vendredi dernier, invoque le « risque d'une perte de souveraineté sur des activités comme les supercalculateurs, les systèmes d'intégration de systèmes de sécurité ou encore la cybersécurité ». Olivier Marleix, chef de file des députés LR qui ont tous signé un second amendement visant à nationaliser l'intégralité du groupe français, a lui confirmé à l'AFP vouloir « interpeller le gouvernement » sur l'avenir d'une entreprise « stratégique » qu'il évalue à 500 millions d'euros.
Au cours d'un point de presse téléphonique ce jeudi, le nouveau directeur général, Yves Bernaert, nommé le 4 octobre, a reconnu que la situation actuelle provoquait « des discussions » chez les salariés et les clients. Toutefois la direction tenait à « rassurer sur (son) engagement et la pérennité de nos activités ». Au cours du trimestre, Atos a recruté 3.630 personnes et 5.800 employés ont quitté le groupe, reflétant le plan de restructuration et les cessions d'activités.
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L'annonce de cette possible nationalisation temporaire a fait plonger l'action de l'entreprise. Le cours d'Atos, qui a chuté cette semaine à son plus bas historique en frôlant les 4 euros en séance, est remonté mercredi à 5 euros en clôture. La capitalisation boursière du groupe n'est plus que de 579 millions d'euros.
Le groupe a néanmoins confirmé ses objectifs 2023 d'un chiffre d'affaires en évolution organique entre 0% et 2% et d'une marge opérationnelle de 4 à 5%. Les prises de commandes ont atteint 2,2 milliards d'euros sur le trimestre, en hausse de 10% par rapport à l'année précédente.
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Cette saga illustre, une fois de plus, les ambitions de Daniel Kretinsky en France, où cet homme d'affaires de 48 ans investit massivement dans plusieurs secteurs depuis 2018. Il a d'abord pris pied dans les médias. Via son groupe CMI France, filiale de Czech Media Invest (CMI), il contrôle notamment Marianne, Elle, Franc Tireur et Télé 7 Jours.
Il a également renfloué Libération, sans en devenir actionnaire. En septembre, il a en revanche cédé toutes ses parts dans le groupe Le Monde à un autre milliardaire, Xavier Niel. Le Tchèque est par ailleurs en train de racheter le groupe d'édition Editis au géant des médias Vivendi.
Dans la distribution, il a conclu cet été un accord pour prendre le contrôle du groupe Casino (qui comprend aussi Monoprix, Franprix, Naturalia et CDiscount), et est le premier actionnaire de Fnac Darty.
(Avec AFP)
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