IA : l'heure de gloire des deepfakes a sonné
François Manens
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La création de deepfakes n'a jamais été aussi facile.
Reuters
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La création de deepfakes n'a jamais été aussi facile.
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Ce fait divers est-il prémonitoire d'une série de catastrophes à venir ? Ce week-end, CNN a relayé la mésaventure hors norme d'une entreprise hongkongaise, racontée par la police locale. Alors qu'un employé pensait exécuter les ordres d'un directeur financier, il a effectué quinze transactions, d'une valeur totale de 200 millions de dollars hongkongais, soit 23,8 millions d'euros... à des arnaqueurs. Ce piège, bien connu sous le nom « d'arnaque au président », est aussi vieux qu'Internet et n'a jamais cessé de fonctionner. Sauf que dans ce cas, les malfaiteurs l'ont amélioré avec un subterfuge technologique : l'utilisation de deepfakes, des fausses images et voix aux traits de personnes bien réelles.
Plus précisément, la victime, pourtant méfiante de prime abord, a effectué les virements après avoir participé à une visioconférence où plusieurs de ses collègues hauts placés affichaient leur caméra, pendant que son directeur financier détaillait ses instructions. Mais en réalité, les images étaient des imitations réalisées par ordinateur, des deepfakes, tout comme la voix de son interlocuteur. Ce fait divers fait écho au boom de la complexité des arnaques prédit par les experts de la cybersécurité depuis l'émergence des intelligences artificielles génératives. De fait, de nouveaux outils permettent de créer en quelques clics des images ou des vidéos bien plus réalistes que celles créées en plusieurs heures de travail auparavant. Il n'était qu'une question de temps avant que des usages malveillants apparaissent, et l'histoire de l'entreprise hongkongaise pourrait être la première d'une longue série.
François Manens