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Technos & MediasInternet

Facebook : l'antitrust américain revient à la charge pour démontrer le monopole du groupe

latribune.fr

Publié le 20 août 2021 à 08:40 - Mis à jour le 20 août 2021 à 08:41

Facebook bat le consensus au 1er trimestre, porte par ses revenus publicitaires

Avec 3,5 milliards d'humains utilisent ses services, le groupe Facebook a un poids majeur sur le marché des réseaux sociaux et des messageries.

Dado Ruvic

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Après avoir été débouté par un juge fédéral, le régulateur américain a déposé un nouveau dossier, plus précis, afin de démontrer que l'entreprise de Marck Zuckerberg empêche les autres acteurs d'intégrer le marché des réseaux sociaux, notamment par ses effets de réseaux et ses acquisitions multiples.

Facebook VS antitrust américain : round 2. L'autorité américaine de la concurrence revient à la charge contre le géant californien en déposant une nouvelle plainte, l'accusant une fois de plus d'abus de position dominante et de pratique anti-concurrentielle sur les activités des messageries et réseaux sociaux. Ce nouveau dossier déposé jeudi devant la justice américaine fait suite au rejet en juin dernier, par un juge américain, de la première procédure intentée par le puissant gendarme de la concurrence américain (FTC) et de 48 Etats. Le magistrat avait alors estimé que les requêtes manquaient d'éléments réels pour exiger la séparation du groupe Facebook des activités Messenger, WhatsApp et Instagram, toutes propriétés de l'entité dirigée par Mark Zuckerberg.

Une plainte plus précise

Le juge fédéral de Washington, James Boeasberg, demandait aux plaignants de définir plus précisément les marchés concernés et donnait trente jours au régulateur pour présenter de nouveaux éléments susceptibles de permettre à l'action en justice de se poursuivre.

Fin 2020, la FTC et les procureurs représentant 48 États et territoires estimaient que Facebook abusait de sa position dominante - constituée notamment à partir des effets de réseau. Cette force de frappe empêchait, selon les plaignants, l'émergence de nouveaux acteurs et bridait toute concurrence. La nouvelle plainte tente de démontrer plus précisément les effets de réseau qui profiteraient à Facebook et permettrait au groupe de construire une situation de monopole. L'antitrust estime que l'entreprise est "protégée par d'importantes barrières" à l'entrée sur son marché, de sorte que "même un nouvel entrant, avec un meilleur produit, ne peut pas réussir face aux effets de réseaux dont jouit le réseau social dominant".

L'effet de réseau dans le viseur

Pour rappel, les Gafam capitalisent sur "l'effet de réseau" : l'utilité du service augmente en fonction de la progression du nombre d'utilisateurs. En d'autre termes, plus il y a d'usagers qui utilisent WhatsApp, plus il est intéressant de choisir cette messagerie. Pour l'entreprise, les coûts marginaux restent quasiment identiques, et la hausse des utilisateurs peut même accentuer leurs économies d'échelle. Cette dynamique rend l'entrée d'un nouvel acteur sur le marché très compliqué. D'autant plus que la puissance financière de ces entreprises de la "Big tech" leur permet de racheter des challengeurs un peu trop ambitieux et innovants. Un chiffre massif permet d'illustrer le poids de Facebook sur le marché des réseaux sociaux : 3,5 milliards d'humains utilisent ses services.

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Portabilité des données, limitation des acquisitions : premier tir des élus américains contre les Gafam

La plainte révisée donne plus de détails sur le périmètre. La FTC fait valoir que "les réseaux sociaux personnels constituent un type de service en ligne unique et distinct", et un marché contrôlé à plus de 65% par Facebook, avec sa plateforme principale et Instagram - est donc un monopole. Comme ces services permettent aux utilisateurs "d'interagir avec leurs connexions personnelles, il est très difficile pour un nouvel entrant de faire de la concurrence à un réseau social personnel où les usagers ont déjà leurs amis et leur famille", argumente la plainte révisée. Selon cette définition, la très populaire TikTok est "un service de diffusion et consommation de contenus qui ne peut pas se substituer à un réseau social personnel". De son côté, Facebook, qui dit étudier la plainte, considère pour sa part la plateforme chinoise comme une rivale de taille et une preuve que les consommateurs disposent d'alternatives.

Rachat massif de concurrents

Le régulateur décrypte aussi les moyens utilisés par la firme pour évincer la concurrence, concernant en particulier le début des années 2010, quand le marché de l'internet mobile a émergé. "Facebook manquait de compétences et talents techniques nécessaires pour survivre à la transition vers le mobile", a affirmé Holly Vedova, directrice par intérim de la division Concurrence de la FTC, citée dans un communiqué.

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"Après avoir échoué dans la compétition contre les nouveaux innovateurs, Facebook les a illégalement rachetés ou enterrés quand leur popularité devenait une menace existentielle", a-t-elle continué, en référence à l'application Instagram et à la messagerie WhatsApp.

Facebook a jusqu'au 4 octobre pour contrecarrer le dossier amendé. La FTC pourra encore argumenter jusqu'au 17 novembre, puis de nouveau Facebook avant le 1er décembre.

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Depuis la nomination de Lina Khan à la tête de la FTC, connue pour ses positions dures envers les Gafam, l'antitrust américain multiplie les procédures. Sa nomination a été considérée comme un signe supplémentaire que l'administration Biden entend hausser le ton face aux géants des nouvelles technologies. Certains élus américains emboitent le pas, avec la volonté de faire voter des lois touchant au modèle économique de ces entreprises, et notamment en imposant la portabilité des données par les utilisateurs qui souhaiteraient changer de service.

A LIRE AUSSI

Qui est Lina Khan, le cauchemar des Gafam à la tête de l'antitrust américain?

latribune.fr

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