La Californie veut que les géants du Net paient les internautes pour leurs données

Californie
Reuters/Mike Blake

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Toujours à contre-courant, la Californie, siège de la plupart des géants du Net -Google, Apple, Facebook, Microsoft, Twitter, Oracle, IBM...- avance sur le dossier de leur taxation, qui mobilise les Etats du monde entier, y compris la France et l'Europe, ainsi que l'OCDE. Gavin Newsom, le nouveau gouverneur, a annoncé mardi 12 février que le "Golden state" travaille à la mise en place d'une taxe sur les données.
Le principe : les groupes technologiques, dont la richesse dépend pour la plupart de l'exploitation des données personnelles des internautes, devraient leur reverser une "dividende". C'est le fameux concept de la propriété des données personnelles, une option débattue depuis plusieurs années et perçue par certains, dont le think tank Génération Libre en France, comme une solution pour palier à la faible imposition des rois de l'Internet et redistribuer la valeur créée par ces services.
Après avoir voté, en 2018, un "RGPD local", la Californie veut désormais s'engager sur la redistribution de la richesse issue de l'exploitation des données personnelles. Cette démarche part du fait que les géants du Net, notamment Google et Facebook, champions mondiaux de la publicité en ligne, engrangent des milliards de dollars grâce à la collecte, l'analyse et l'exploitation des données, qui permettent aux annonceurs de cibler leurs publicités de façon très précise.
Ce modèle économique leur permet de proposer des services gratuits pour les utilisateurs. Une démarche gagnante-gagnante pour eux, mais une logique qui transforme l'utilisateur en produit pour leurs opposants, et à gagner de l'argent de manière opaque, sur leur dos. Plus ces géants grossissent et s'étendent dans d'autres secteurs d'activité, plus ils engrangent des données, et plus celles-ci ont de la valeur et permettent de nourrir leur recherche et développement pour poursuivre leur extension. Les jeux de données détenus par les Google, Facebook ou Microsoft leur permettent ainsi de mener la course à l'innovation dans l'intelligence artificielle, leur donnant un avantage compétitif.
Les données personnelles sont en outre un sujet particulièrement sensible depuis que l'affaire Cambridge Analytica l'an dernier a mis au jour les méthodes de gestion des données personnelles par Facebook, jugées laxistes et opaques par de nombreux élus, régulateurs, associations et consommateurs de par le monde.
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Le gouverneur de Californie n'a pas détaillé comment l'Etat compte s'y prendre pour calculer la valeur des données concédées à chaque géant, et à combien s'élèvera la compensation financière pour les citoyens.
Le think tank Génération Libre, dans un rapport publié en début d'année dernière, avait avancé une méthodologie basée sur la blockchain. Chaque utilisateur pourrait consentir par écrit à vendre ses données. Les transactions financières seraient ensuite réalisées grâce à la blockchain, technique de certification des transactions. Les internautes pourraient récupérer jusqu'à « plusieurs centaines d'euros par mois » selon leur activité en ligne, d'après le cercle de réflexion.
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Si la faisabilité technique pose encore question, d'autres acteurs estiment que rémunérer les utilisateurs n'est pas une bonne solution. Ainsi, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) estime que les citoyens se retrouveraient ainsi en position de faiblesse face aux géants du Net.
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