Les prochains défis de Stéphane Richard à la tête d’Orange

 |   |  1089  mots
Stéphane Richard est le patron du numéro un français des télécoms depuis 2011.
Stéphane Richard est le patron du numéro un français des télécoms depuis 2011. (Crédits : Reuters)
Ce mardi, le conseil d’administration d’Orange a donné son feu vert au renouvellement de Stéphane Richard à la tête d’Orange. Celui-ci file désormais à toute vitesse vers un troisième mandat en tant que PDG de l’opérateur. S’il décroche, comme attendu, la timbale, La Tribune fait le point sur ses prochaines priorités.

C'est fait. Après plusieurs mois de campagne, Stéphane Richard a décroché le feu vert, ce mardi, du conseil d'administration d'Orange concernant son maintien à la tête du leader français des télécoms. Certes, il lui faudra attendre que l'assemblée générale des actionnaires du groupe valide définitivement son renouvellement le 4 mai prochain. Mais à moins d'un incroyable retournement de situation - possiblement lié, en particulier, à sa mise en examen dans l'affaire de l'arbitrage Tapie -, l'intéressé devrait sans problème décrocher son troisième mandat en tant que chef de file de l'opérateur historique. Aux yeux de tous, les jeux sont de toute façon quasiment faits depuis que l'État, premier actionnaire d'Orange à hauteur de 23%, a apporté son soutien à Stéphane Richard. Le 21 janvier dernier, Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie a affirmé sur BFM-TV que le PDG « a fait du beau travail », et « a vocation à être reconduit ».

Ce renouvellement est loin d'être neutre : comme l'indique une source proche de l'état-major d'Orange, il signifie que l'opérateur historique va, dans les grandes lignes, conserver sa stratégie actuelle ces prochaines années, qu'elles concernent la transformation interne de l'entreprise, le déploiement des réseaux à très haut débit, ou sa diversification. La Tribune fait le point sur les priorités futures du PDG.

1. Transformer l'entreprise

En interne, chez Orange, on n'en fait pas mystère : l'ex-France Télécom demeure un énorme paquebot encore peu agile et souvent handicapé par des processus de décision parfois très longs. Pour y remédier, l'entreprise, qui compte 152.000 salariés (dont 93.000 en France), doit se transformer, en mettant notamment en place de nouvelles manières de travailler. Stéphane Richard, qui planche depuis des années sur ce dossier, ne sait que trop bien à quel point il est sensible. Ainsi, les syndicats sont très critiques sur le projet d'Orange de déménager, à horizon 2020, son siège du XVe arrondissement de Paris dans un complexe de bureaux à Issy-les-Moulineaux. Alors que la direction veut en profiter pour augmenter la taille des open spaces, mettre en place un système de bureaux partagés et recourir davantage au télétravail, ils redoutent une dégradation des conditions de travail.

En parallèle, Stéphane Richard va devoir composer avec des effectifs en baisse. Entre 2018 et 2020, quelque 6.000 employés par an, en moyenne, vont partir à la retraite, et beaucoup ne seront pas remplacés. À ce sujet, les syndicats tirent la sonnette d'alarme depuis des années, estimant que ces départs alourdissent la charge de travail et la pression au quotidien.

2. Poursuivre le déploiement du très haut débit

Avec Stéphane Richard aux manettes, Orange va très certainement continuer à mettre les bouchées doubles dans le très haut débit. Lorsqu'il est arrivé à la tête de l'opérateur historique en 2011, le PDG d'Orange a fait le choix, stratégique, d'investir dans le déploiement de la fibre optique en France. L'objectif est double. D'une part, Stéphane Richard y voit une arme pour reconquérir des clients dans les zones très denses. D'autre part, cette technologie est perçue comme un moyen d'augmenter le revenu moyen par abonné. Car, selon le PDG, les abonnés à la fibre choisissent des offres plus haut-de-gamme, et consomment davantage de contenus payants. Ce choix de la fibre, il n'y a, a priori, aucune raison que Stéphane Richard le remette en question. Et ce qu'il s'agisse de la France, mais aussi de l'Espagne, de la Roumanie ou de la Pologne, où l'opérateur français est aussi présent.

Concernant le mobile, Orange mise également sur le très haut débit avec le déploiement de la 4G. Sachant qu'en 2020, il va aussi devoir s'attaquer à celui de la 5G, dont les standards seront bientôt définis. Parmi les décisions importantes à venir, Orange devrait prochainement proposer un accord de partage des infrastructures mobiles à Free dans les zones peu denses.

3. Continuer à se diversifier

En France, Orange est confronté à un marché mature, puisque l'écrasante majorité de la population dispose déjà d'un accès à Internet et de la téléphonie mobile. Pour continuer à croître, Stéphane Richard a choisi de diversifier le groupe. Il a ainsi lancé Orange Bank le 2 novembre dernier, et s'est fortement développé dans la cybersécurité ces dernières années. Selon une source proche, Stéphane Richard ne va pas s'arrêter en si bon chemin. Il prévoit, notamment, de se renforcer dans la maison connectée.

Et les médias ? Selon notre source, Stéphane Richard souhaiterait continuer à miser sur des partenariats avec des producteurs de contenus pour les distribuer. Et ce, à l'instar de l'accord qu'Orange a signé avec Canal+ en juillet dernier. Sous ce prisme, Stéphane Richard va sans doute faire son possible pour décrocher un partenariat avec SFR, qui possède notamment les droits de la Premier League anglaise et ceux de la prestigieuse Ligue des Champions. Quoi qu'il en soit, toujours selon notre source, Stéphane Richard demeurerait extrêmement réticent à l'idée d'acquérir directement des droits sportifs ou de monter des chaînes de télévision.

4. Consolider, si possible, le marché français

Même si, aujourd'hui, aucun projet n'est officiellement sur les rails, il est fort possible qu'une possibilité de consolidation du marché français des télécoms survienne ces prochaines années. Si tel était le cas, nul doute que Stéphane Richard s'y intéresserait. Lui qui a échoué, au printemps 2016, à faire main basse sur Bouygues Telecom. La perspective d'un retour à trois opérateurs en France séduit, depuis des années, tous les acteurs, lesquels y voient un levier de choix pour doper leurs revenus.

5. Quid d'un gros deal avec un autre opérateur ?

C'est un des sujets habituels de crispation de Stéphane Richard avec la presse ou les analystes financiers. Alors que ces derniers n'ont de cesse d'imaginer Orange se marier avec un autre opérateur historique - comme Telecom Italia ou Deutsche Telekom -, le PDG refuse systématiquement de s'enflammer. Selon notre source, il n'en ferait pas un objectif de son troisième mandat. Ce qui ne l'empêchera pas, nous dit-on, de se montrer pragmatique en fonction des opportunités, tout en se gardant de faire exploser la dette.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/03/2018 à 20:57 :
Quel que soit l'Inspecteur Général des Finances qui dirige ou dirigera notre entreprise les salariés d'Orange devront sur le cuivre, l'ATM, le RNIS, la FTTH, la FTTO, la 3G, la 4G, la 5G, l'IOT, le satellite, les câbles sous-marin etc...être au service des milliardaires Niel, Drahi, Bouygues, et même Bolloré, sans oublier les propriétaires milliardaires des GAFAM US, afin que ceux-ci puissent continuer à amasser des milliards d'Euros dans leur fortune personnelle, et Orange devra investir pour eux, pour leur vendre à perte son réseau sur ordre de Macron, de l'UE, de l'ARCEP, de l'ADLC et de 90% de la classe politique, jusqu'à ce que l'Orange n'ait plus de jus.
En retour ces mêmes milliardaires propriétaires d’empires médiatiques acquis justement grâce à cette plus-value extirpée aux salariés d’Orange, rendront l’appareil à leur protecteur (hier Sarkozy, et Hollande, aujourd’hui Macron demain Wauquiez ou un autre ou une autre).
a écrit le 21/02/2018 à 23:24 :
Il n’est pas du tout soutenu par les salariés mais juste par quelque dirigeant syndicaliste bien arrosé qui se répand dans les médias, les suicidés n’ont jamais cessé c’est juste que les médias n’en parlent plus car Orange est un gros annonceur qui fait de l’abus de position dominante (cf avec TF1), c’est honteux de reconduire une caste dirigeante inculpée de escroqueries et détournement de fond public qui ne partage rien de ses bénéfices avec les salariés qui la produisent, pas ses dirigeants festifs
a écrit le 21/02/2018 à 9:02 :
Une bonne nouvelle. Stéphane Richard est un très bon PDG. Il a su ramener la paix sociale chez Orange. La plupart des salariés d'Orange le plébiscite. Il a su faire les bons investissements laissant ses concurrents loin derrière (SFR, Bouygues Telecom). Il faut maintenant développer la fibre et la 4G sur l'ensemble du territoire. Orange est présent un peu partout dans le monde et il faut continuer à se vendre à l'international. Après être passée par la concurrence, j'ai pris tous mes abonnements chez Orange et il n'y a pas photo sur la qualité du réseau.
Réponse de le 21/02/2018 à 9:27 :
Vous avez quelques chiffres concrets pour étayer votre propos totalement bidon ? Evolution du nombre de suicides par exemple ? Ce qu'il a su faire excellemment c'est surtout de donner des jolis hochets aux grandes gueules syndicales, pour acheter SA paix sociale a lui :-)
Réponse de le 21/02/2018 à 11:27 :
Justement, depuis la nomination de Stéphane Richard chez ORANGE, le nombre de suicide a fortement diminué. Connaissant plusieurs salariés d'Orange (n'appartenant à aucun syndicat, dont mon fils), ils sont loin de se plaindre de leur situation de travail. Les salariés d'Orange bénéficient d'avantages non négligeables, notamment de participations bénéfices et intéressement qui en feraient pâlir plus d'un, auquel s'ajoute l'abondement sur le PEG. Sachant que ces avantages sont directement liés aux bons résultats d'Orange. SR est également plébiscités par les analystes financiers (voir bourse).
Réponse de le 21/02/2018 à 13:49 :
Haaaaaa.. votre gentil fils ne lit donc pas bien les rapports de son employeur... En 2008, du temps de l'odieux lombard et ses suicides à la mode, intéressement et participation représentaient en moyenne 5000€ par employé. En 2017, le tout gentil richard qui s'occupe si bien de ses troupes leur a versé 3900€... Je comprends pourquoi il est très apprécié des analystes financiers.. Il parvient a faire taire tout le monde, en les récompensant moins :-)
a écrit le 21/02/2018 à 8:34 :
Bénéfice net de moins 25 %
Retard dans la fibre et la 5g
Pannes techniques en séries
Intox avec tf1
Et On le renouvelle ?
Réponse de le 21/02/2018 à 9:28 :
On le renouvelle surtout parce qu'il a encore 40000 fonx a garder dans son parc bien gentiment :-)
a écrit le 20/02/2018 à 19:52 :
L'Etat aime les incompétents !
Réponse de le 21/02/2018 à 10:47 :
Pourriez-vous documenter votre affirmation?
Pour information, l'action Orange signe la plus forte hausse du CAC 40 après cette publication. Et les principaux analystes financiers (pas des chantres de l'état omnipotent) recommandent l'action à l'achat avec un objectif de cours ambitieux...
Avant d'avancer n'importe quelle ineptie et d'étaler la haine qui vous aveugle, essayez de comprendre le monde dans lequel vous vivez.
Incompétence disiez-vous? De qui parliez-vous?
Réponse de le 21/02/2018 à 17:08 :
Lire l'enquête "Que choisir" de ce mois. Orange très au dessus des autres concurrents.... mais aussi le plus cher.
On ne pas dire "vive la qualité allemande" alors que leurs produits sont plus chers et ne pas vouloir que cela puisse s' appliquer aussi en France.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :