Orange se prépare à changer de quartier général

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L'actuel siège d'Orange, rue Olivier de Serres, dans le XVème arrondissement de Paris.
L'actuel siège d'Orange, rue Olivier de Serres, dans le XVème arrondissement de Paris. (Crédits : DR)
L’opérateur historique a présenté en comité central d’entreprise (CCE) un projet de déménagement de son siège social actuel, situé dans le XVème arrondissement de la capitale, pour s’installer à partir de 2020 dans un vaste complexe de bureaux à Issy-les-Moulineaux. Dans ce schéma, deux autres sites parisiens devraient également disparaître. Leurs équipes, dédiées aux ressources humaines, aux activités financières et à la formation, rejoindront les nouveaux locaux.

Grand déménagement en vue chez Orange. D'après plusieurs sources syndicales, l'opérateur historique compte rassembler une grande part de ses effectifs parisiens dans un vaste complexe à Issy-les-Moulineaux. Situé près des quais de Seine, à proximité de la station de RER C Issy Val de Seine, ce nouveau site comptera 54.000 m2 de bureaux. C'est la société de construction et de promotion immobilière Altarea Cogedim qui chapeaute ce vaste projet immobilier, qui devrait être achevé au premier trimestre 2020. Il deviendrait ainsi le nouveau siège d'Orange, aujourd'hui situé rue Olivier de Serres, dans le XVème arrondissement de la capitale.

Outre l'actuel siège de l'opérateur historique - qui rassemble la direction générale, les équipes juridiques, la communication, et des équipes dédiées aux activités en Afrique et au Moyen-Orient -, deux autres sites parisiens devraient fermer leurs portes. Il y a les locaux de la rue Jobbé Duval, qui abritent les équipes des ressources humaines, ainsi que le site d'Orange Campus, situé à Montrouge et dédié à la formation. Quant au précédent siège du groupe jusqu'en 2012, place d'Alleray, qui abrite aujourd'hui un pôle financier, ses troupes devraient aussi rejoindre le nouveau complexe. Mais le site, qui a récemment été rénové, serait a priori conservé. Au total, environ 2.200 collaborateurs devraient faire leurs cartons pour rejoindre Issy-les-Moulineaux. Sachant que ce nouveau navire amiral disposera d'une capacité totale de 2.800 personnes. En revanche, le site d'Orange Gardens, le campus de l'opérateur historique dédié à l'innovation et inauguré en juin dernier à Châtillon, n'est pas concerné par l'opération.

Réduire les coûts

Pourquoi ce déménagement ? D'abord, vraisemblablement, pour réduire les coûts. D'après Sébastien Crozier, à la tête du syndicat CFE-CGC d'Orange, « la direction financière compte économiser 4 millions d'euros de loyers par an ». L'état-major de l'opérateur historique souhaite aussi disposer de locaux plus adaptés aux nouvelles organisations du travail en vogue. C'est-à-dire mettre en place des open spaces plus grands, couplés à un système de bureaux partagés (« flex office »). En outre, le site situé rue Jobbé Duval, « qui est un ancien commutateur d'abonnés, est vieillissant et peu adapté », indique Sébastien Crozier.

Interrogé par La Tribune, Orange jure que l'opération relève de « l'hypothèse » : « Il n'y a rien de fait, rien d'officiel », nous dit-on, assurant que l'objectif est « d'améliorer l'efficacité des équipes dispersées sur différents sites, et pas de réduire les coûts ». Malgré ces dires, le projet est très, très avancé, puisque l'opération a été présentée mi-avril par la direction d'Orange en comité central d'entreprise (CCE). D'après la CFE-CGC, le comité d'investissement d'Orange a donné son feu vert.

Grogne des syndicats

Reste que le projet va faire l'objet de discussions avec les représentants du personnel, qui doivent donner leur avis. Or parmi eux, des voix s'élèvent déjà pour critiquer l'opération. Même s'il faut souligner que des élections syndicales auront lieu d'ici peu, et que certains élus ont intérêt à montrer qu'ils se préoccupent de leurs troupes.

D'après Sébastien Crozier, « il y a un consensus pour considérer que ce n'est pas un bon projet ». D'une part, il juge que la localisation des nouveaux locaux va globalement accroître les temps de transport des salariés, ce qui pèsera, selon lui, sur leur efficacité. D'autre part, il se montre méfiant sur l'augmentation de la taille des open spaces. Et surtout, il dénonce le système de bureaux partagés, jusqu'ici envisagé « dans des proportions inacceptables ».

« Se laisser le temps d'évaluer le projet »

Chez Sud, Christian Pigeon se dit aussi inquiet. « Avec ces déménagements, on craint que la direction nous impose une réorganisation du travail sans avoir le temps de voir ce qu'il en est exactement, affirme-t-il. Or on est dans une logique numérique, avec du télétravail, des bureaux partagés où le premier arrivé est le premier servi... Aujourd'hui, on est plus convaincu que c'est plus une question d'économies que de qualité du travail. » Même son de cloche pour Cédric Carvalho, de la CGT. Il estime qu'ici, « le nerf de la guerre, c'est de faire économies ». Pour sa part, Laurent Riche, de la CFDT, affirme qu'il est encore trop tôt pour juger l'opération.« On doit encore se laisser le temps d'évaluer le projet », souligne-t-il, soucieux d'en savoir plus sur ses particularités avant d'amorcer des négociations.

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Commentaires
a écrit le 06/09/2017 à 5:30 :
...quand on lit ( dixit les syndicats ) que " la localisation des nouveaux locaux va globalement accroitre les temps de transport des salariés " ..on a envie de leur offrir un plan Paris-Banlieue ...! A part celà : bravo ( une fois de plus ) , mr Santini ..!
a écrit le 14/06/2017 à 1:08 :
Orange se dit digital et humain.
Humain j'en doute fortement , car avec ce nième déménagement,
le temps de trajet et la fatigue des transports va etre augmentés pour nombre de
salariés.
C'est surtout pour des raisons financières que orange demenage et regroupe des sites
et ne remplace pas nombre d' employés qui partent en retraite
Et bien sur ce n'est certainement pas pour des raisons humanistes .
Alors que orange arrete avec son slogan "digital et humain" , digital peut etre
mais surement pas humain . Personne n'est dupe à moins d'etre un gros naif ...
a écrit le 06/05/2017 à 22:31 :
Toutes les grosses boites partent de Paris: foncier trop cher, tout est fait par la mairie pour rendre impossible de se rendre sur place en voiture, les parkings sont à des prix délirants, on arrive à laisser par jour la moitié du prix d'une chambre d'hotel en parking sous-terrain! Il n'y a pas que les salariés qui doivent se rendre sur place, mais aussi les fournisseurs et les clients, qui viennent souvent de banlieue, de province ou de l'étranger. Paris est devenu un calvaire pour le business...
a écrit le 06/05/2017 à 9:29 :
En général, quand une boite déménage, elle en profite aussi pour réduire un peu les effectifs en optimisant les tâches et les effectifs... Pour une bonne gestion, ce processus devrait être réalisé tous les dix ans, car la prise de gras se fait très rapidement. Même chose pour les administrations....
Réponse de le 06/05/2017 à 11:56 :
C'est le cas ils occupent le site d' Olivier de Serres depuis 5 ans environ ! Mais cette débauche de déménagements réguliers dans une région ou la qualité lamentable des transports en communs et la cherté des logements ne va pas arranger de vie des salarié. La variable d'ajustement est tjrs le salarié, on s'étonnera ensuite de la monté des extrêmes.
a écrit le 06/05/2017 à 9:14 :
l'idee n'est pas mauvaise
ca permet de payer moins, et ca permet au gens qui travaillent pour l'entreprise d'avoir des logements plus eloignes de la capitale, ce qui reduit les tensions sur le marche immobilier
a écrit le 06/05/2017 à 9:00 :
Comment changer de Quartier general peut occasinner de reduction des coûts svp.J'en veux une explication svp.Merci!
Réponse de le 06/05/2017 à 9:44 :
Tout simplement parce que les loyers Paris intra muros sont insupportables. Voir Airbus qui a tout fermé à Paris et déménagé à Toulouse.
Réponse de le 06/05/2017 à 16:44 :
Loyers moins élevés, locaux mieux conçus et moins énergivores, rationalisation des espaces,... Pour le conseil régional d'Ile de France, quitter Paris pour Saint Ouen permet de diminuer des 2/3 les frais de siège de la région.
a écrit le 05/05/2017 à 22:36 :
Bravo Orange. Il faut décentraliser les emplois en banlieue, pour que les salariés puissent se loger à des prix "corrects" dans les environs proches de leur lieux de travail.
Cela permettra de diminuer la pression sur le prix des logements pour ceux qui sont encore contraints de travailler sur Paris intra muros et de diminuer la densité de population (tout le contraire de ce que fait Mme Hidalgo en bétonnant à qui mieux mieux.
Réponse de le 06/05/2017 à 9:06 :
Certes la municipalité d'Issy, dirigée par Santini est certainement plus business-friendly que Paris dirigée par l'ex-inspectrice du travail Hidalgo, mais les environs proches d'Issy, en pleine banlieue ouest, sont loin d'offrir des prix de logement "corrects". Une délocalisation dans le 9-3, comme l'a décidé la région Ile de France pour son siège, aurait été plus raisonnable.
a écrit le 05/05/2017 à 19:19 :
Le site de l'innovation orange gardens inauguré l'an dernier c'est "orange fiasco", le temple français du mal-être au travail, tous en openspace sauf quelques happy few dans un noman's land à 2 kilomètres de la première station de métro. Les salariés de l'innovation y subissent près de 3 fois plus de violence et harcèlement au travail que leurs collègues. La caste dirigeante y fait de belles économies pour son train de vie festif à travers le monde et ses renumérations exhorbitantes
Réponse de le 06/05/2017 à 22:13 :
Je travaille moi même en open Space, qu'est ce qu'il vous déplait ?

Je trouve ça beaucoup plus convivial que d'être enfermé dans son open Space tout seul.

Si c'est la nuisance sonore, il y a un outil formidable qui existe depuis des années : les écouteurs et de la musique.
Réponse de le 08/05/2017 à 10:38 :
@gui : convivialité, et ... écouteurs... bonjour la cohérence du propos :-)

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