Prisa finalise la cession de ses actifs TV à l'italien Mediaset

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Le groupe espagnol de médias Prisa a signé mardi les accords de vente de sa chaîne Cuatro à sa rivale Telecinco, propriété de l'italien Mediaset, et de 44% de son bouquet payant Digital+ à Telecinco et Telefonica, pour un total de 976 millions d'euros.

Prisa, le groupe espagnol de centre gauche, éditeur du quotidien El Païs, vient de conclure la céder une pertie de ses activités TV, pour sortir d'un endettement de 5 milliards d'euros qui l'étouffe.

Les accords, annoncés en décembre 2009 avec Telecinco, filiale de l'italien Mediaset, propriété de Silvio Berlusconi, et l'opérateur Telefonica, ont été finalisés mardi.L'opération avait été approuvée début novembre par l'autorité espagnole de la concurrence, la CNC.

" Il ne s'agit pas d'une opération de concentration"

La CNC avait poussé les parties à réviser leurs accords. Ainsi,  la CNC a constaté que, pour obtenir son feu vert, Telefonica et Telecinco, qui prennent chacun une part de 22%, "renoncent à leurs droits de veto sur les décisions stratégiques comme le plan d'affaires ou le budget annuel de Digital+" et "ne pourront pas mettre des conditions à la nomination des hauts dirigeants".

La CNC en conclut que, dès lors, la montée de Telefonica et Telecinco au capital de Digital+ "n'altère pas le contrôle exclusif préexistant de Prisa" et qu'"il ne s'agit pas d'une opération de concentration qui doit être autorisée préalablement par la CNC".

Prisa cède 44 % de Digital +
Prisa vend 22% de Digital+, son bouquet de télévision payante, à Telecinco, et 22% à l'opérateur télécoms Telefonica, pour "un prix total de 976 millions d'euros, calculé à partir d'une valeur d'entreprise de 2,35 milliards d'euros, avec un ajustement en fonction de la dette de la société", explique Prisa dans un communiqué à l'autorité boursière espagnole, la CNMV.

Prisa entre au capital de Telecinco
La vente de Cuatro à Telecinco s'est quant à elle "matérialisée par la souscription, de la part de Prisa Télévision, d'une participation de 17,336% dans Telecinco", indique Prisa , qui précise qu'"à la clôture du marché du 17 décembre, la valeur de la participation de Prisa Télévision dans Telecinco s'élève à 590 millions d'euros".
Telecinco est contrôlée par le groupe de médias Mediaset du président du conseil italien Silvio Berlusconi.

Canal Plus avait renoncé
La mise en vente de Digital+ avait été évoquée pour la première fois en 2008 par Juan Luis Cebrian, patron de Prisa. Vivendi et sa filiale Canal Plus s'étaient intéressés au dossier mais les négocaitions avaient achoppé en 2009 sur le prix. La valorisation retenue par Canal Plus, autour de 2 milliards d'euros, avait été jugée insuffisante par Prisa.

CNN+ cesse d'émettre

La chaîne d'informations en continu CNN+ a cessé d'émettre ce mardi soir à minuit.
L'accord avec Telecinco prévoyait que Prisa pouvait garder un canal sur la Télévision numérique terrestre (TNT) "avec comme objet exclusif d'y émettre une chaîne d'informations". Mais Prisa a fait savoir début décembre qu'elle n'exercerait pas cette option, laissant à Telecinco le soin d'utiliser ce canal.
Le journal économique Cinco Dias (également propriété de Prisa ) affirmait mardi que cette décision était liée au manque de viabilité économique de CNN+, qui affiche des pertes supérieures à 40 millions d'euros pour une part de marché de seulement 0,6%.

Les quelque 190 employés de la chaîne CNN+, de même que les quelque 180 employés de Cuatro, passeront sous le giron de Telecinco, qui n'a pas précisé ses intentions à leur sujet.

Recapitalisation bouclée fin novembre

Le groupe Prisa, toujours actionnaire du quotidien "Le Monde"  s'est déjà délesté cette année de 25 % de sa maison d'édition Santillana cédés à un fonds : DLJ South American Partners

Toujours dans le cadre de cette recherche d'argent frais, ses actionnaires ont approuvé le 27 novembre l'entrée au capital d'investisseurs américano-britanniques, comme Liberty Acquisition du financier Nicolas Berggruen, et les fonds américains comme Fidelity, Goldman Sachs, Citigroup Berggruen et Franklin. A cette occasion, le Français Alain Minc est entré au conseil d'administration de Prisa. 

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