Passée la méfiance originelle, de plus en plus de médias, à l'image du New York Times ou du français Numerama, trouvent de la valeur éditoriale à l'intelligence artificielle générative. D'autres, comme le groupe Axel Spinger, tentent même des partenariats nouveaux avec les géants de l'IA comme OpenAI, l'éditeur de ChatGPT.Face à l'arrivée subite des intelligences artificielles génératives dans le sillage de ChatGPT, les médias ont d'abord fait une levée de bouclier. L'industrie s'est révoltée contre l'utilisation supposée des articles de presse pour entraîner les IA, sans rémunération. En parallèle, elle s'est montré extrêmement méfiante quant à l'usage des IA au sein des rédactions, jugée trop risquée à cause notamment des hallucinations, ces situations où l'IA présente un mensonge comme une vérité. Une double menace, en somme.
Mais les mois passants, l'IA s'impose de plus en plus dans les usages, et la posture des médias commencent à se détendre. Les rédactions s'interrogent sur les usages pertinents des nouveaux outils nourris à l'IA, tandis que de l'autre côté, OpenAI vient de signer son deuxième accord avec un groupe de presse pour exploiter légalement ses articles.
L'IA en soutien des journalistes
Signe des temps, mardi, le New York Times, souvent à la pointe de l'innovation du secteur de par son influence et ses moyens humains et financiers, a nommé un directeur des initiatives d'IA. Son rôle, entre autres, sera de piloter une petite équipe au sein de la rédaction de l'illustre journal, pour mener des expériences éditoriales autour de l'IA générative.
De son côté, le média spécialisé en tech et sciences Numerama a déployé la semaine dernière une fonctionnalité de résumé de ses articles par l'IA, intégré à sa nouvelle offre premium Numerama+. Ces résumés, point par point, font écho à une tendance assez répandue dans la presse tech américaine (Axios et Business Insider, notamment) mais aussi française (notamment chez 20 Minutes) depuis le milieu des années 2010.
«Même si c'est contre-intuitif, ces résumés sont un vecteur d'engagement. Après avoir lu l'information condensée, les lecteurs s'intéressent aux détails, et cela se reflète dans l'augmentation du temps de lecture passé sur l'article», résume Julien Cadot, directeur de la stratégie éditoriale de Numerama,étude à l'appui.