Musique : Believe, la startup française prête à bousculer les majors de disques

Devenir numéro un mondial de la distribution numérique de musique pour les artistes et les labels indépendants, rien de moins, telle est l'ambition de cette startup française, qui se dit déjà leader en Europe et qui vient de lever 60 millions de dollars.

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Pour Believe, le streaming musical est un marché en plein boom. Mais l'Adami, la société qui gère les droits des artistes et musiciens interprètes, estime que le streaming premium [payant NDLR] est aujourd'hui un marché artificiel.
Pour Believe, le streaming musical est un marché en plein boom. Mais l'Adami, la société qui gère les droits des artistes et musiciens interprètes, estime que "le streaming premium [payant NDLR] est aujourd'hui un marché artificiel. (Crédits : DR)

Believe Digital, un jour empereur de la musique numérique ? La startup française musicale se revendique déjà leader dans son domaine en Europe. Elle ambitionne désormais "de devenir le leader mondial dans la distribution numérique de musique pour les artistes et les labels indépendants". Pour servir ses ambitions, Believe a levé pas moins de 60 millions de dollars (53 millions d'euros) auprès d'investisseurs de renom, dont le fonds d'investissement américain Technology Crossover Ventures (TCV), qui a également investi dans Spotify, a annoncé Believe dans un communiqué publié mercredi 3 juin.

Cité dans le communiqué, Alain Caffi, fondateur de Ventech, un des investisseurs, estime ainsi l'avenir de la startup:

"Believe a le potentiel pour rejoindre le club des startups européennes qui peuvent atteindre une valeur de 1 milliard de dollars et plus, ce que nos confrères américains appellent les 'unicorns'."

Le "Unicorn Club" ("Le Club des licornes", en français) désigne ce petit cercle des startups les mieux valorisées au monde dont le français Criteo, fait partie, avec une valorisation grimpant à 2,3 milliards d'euros.

Un label pour les indépendants

Alors que les majors sont accusées de délaisser les artistes indépendants au profit des plus "bankables", Believe joue le rôle de trublion. Il joue le rôle de maison de disque numérique puisqu'il propose aux artistes indépendants un label baptisé "Believe Recordings". Selon Denis Ladegaillerie, Pdg de la société: "Sur le digital, les majors ont une position défensive."

Believe distribue les artistes et les catalogues de petits labels auprès de diffuseurs en streaming audio (Spotify, Deezer) et vidéo (YouTube, Dailymotion...). Il joue également le rôle d'intermédiaire pour des plateformes de téléchargement comme iTunes et reverse aux artistes 70%% des montants reçus en moyenne (cela peut varier en fonction des ventes). La startup a également d'autres cordes à son arc : elle offre des services de marketing digital, promotion, synchronisation, management des droits voisins.

Le streaming, avenir de la musique - mais pas des artistes ?

Face à un marché des ventes physiques à bout de souffle, Believe prédit "une explosion de la musique en streaming dans les 12 à 24 prochains mois". Les chiffres semblent donner raison à la société. Le streaming musical est un secteur en forme en France où il est devenu un véritable relai de croissance, pour un marché musical dont les revenus ont progressé de 3,4%. Et aux Etats-Unis, un des 30 pays où Believe est présent, il dépasse désormais les ventes de CD. Il a atteint 27% des parts du marché de la musique, en terme de revenus en 2014.

Mais d'aucuns jugent ce marché artificiel. L'Adami, la société qui gère les droits des artistes et musiciens interprètes, estime que "le streaming premium [payant, Ndlr] est aujourd'hui un marché artificiel... porté essentiellement en France par l'accord Orange/Deezer dont la fin programmée en 2015 achèvera probablement de mettre en lumière sa très faible réalité". Mais "dans beaucoup de pays, 70% à 90% des revenus des artistes sont issus du numérique", assure le Pdg de Believe aux Echos.

En outre, pas sûr que le streaming soit la solution préférée des indépendants. Les auteurs-compositeurs sont peu rémunérés par le streaming, environ 0,006 euro par titre écouté, selon la Sacem.

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