"Seuls ceux qui innovent survivent" Eric Chen, vice-président d'Asus monde

 |   |  900  mots
Eric Chen, le vice-président d’Asus monde.
Eric Chen, le vice-président d’Asus monde. (Crédits : Photo Asus)
Présent à Berlin à l’occasion de l’IFA, la grand-messe mondiale de l’électronique grand public, Eric Chen, le vice-président d’Asus monde, revient pour "La Tribune" sur la période de transition que vivent actuellement les sociétés d’informatique confrontées au déclin de l’ordinateur, et explique la stratégie de diversification d’Asus, notamment dans les smartphones et les objets connectés. Entretien.

Nouvelle génération des smartphones ZenFone, nouvelle génération des montres connectées ZenWatch... Dans sa traditionnelle conférence de présentation de ses derniers produits, le fabriquant d'ordinateurs et de composants électroniques Asus a mis l'accent sur l'innovation et la diversification de son champ d'activité. Une "reconversion" indispensable alors que les sociétés d'informatique voient leurs revenus issus du PC chuter d'année en année en raison du déclin des ventes à l'ère de la mobilité.

Eric Chen, vice-président de l'entreprise taïwanaise, explique à "La Tribune" la nouvelle stratégie d'Asus et révèle également que la société prépare pour l'an prochain ses propres robots grand public. Entretien.

LA TRIBUNE. Aujourd'hui, les sociétés d'informatique souffrent du déclin des ventes de PC. Comment cette situation impacte-t-elle Asus et comment comptez-vous vous en sortir ?

ERIC CHEN. L'industrie du PC décline, c'est un fait. Les PC de bureau souffrent de l'essor de la mobilité, et même les PC portables sont concurrencés par les smartphones, les phablettes ou les tablettes. Toutefois, le PC représente toujours 70% de notre chiffre d'affaires en 2014. Il nous faut donc évoluer, innover, diversifier nos champs d'activités pour nous adapter à l'évolution de la société et des usages.

Bien sûr, le PC est notre cœur d'activité et il ne disparaîtra pas. En tant que référence sur ce secteur,  nous continuerons à innover et à proposer des nouveaux produits conformes aux attentes des consommateurs. Mais comme la présentation de nos produits à l'IFA de Berlin le montre, nous élargissons notre cœur d'activité aux smartphones et aux objets connectés, qui représentent l'avenir d'Asus. Nous ne nous considérons plus seulement comme une entreprise d'informatique, mais comme une société d'électronique grand public dans toute sa diversité, y compris la mobilité.

Le marché des smartphones, dominé par Apple, Samsung ou Lenovo, est déjà saturé. Quelle est votre stratégie pour vous faire une place ?

Le succès de notre première génération de smartphones, les ZenFone [non commercialisés en France, Ndlr], nous pousse à aller plus loin avec notre deuxième génération, les ZenFone 2, qui sont apparus cette année et dont nous allons intensifier le développement. Notre stratégie est guidée par deux principes, la qualité et des prix compétitifs. Nous ne sommes pas intéressés par l'entrée de gamme car l'offre est déjà saturée et cela ne correspond pas à l'image d'Asus. Le haut de gamme très cher, dominé par l'iPhone d'Apple et les Galaxy de Samsung, n'est pas non plus notre cible. Bien que nous rivalisions avec eux au niveau de la qualité de produit, les smartphones d'Asus ciblent le milieu de gamme, entre 175 et 350 euros, ndlr]car nous voulons toucher le maximum de personnes possible.

Vous présentez à Berlin la deuxième génération de vos montres connectées, les ZenWatch 2. Mais le marché peine à décoller. Le grand public considère toujours ces wearables comme des gadgets. Comment créer un besoin de montres connectées ?

L'Internet des objets en général en est à ses débuts, et c'est pourquoi il nous faut nous positionner sur ce marché porteur. En ce qui concerne les montres connectées, tout le monde doit encore s'améliorer pour séduire le public, y compris Apple. Mais il ne fait aucun doute qu'avec sa puissance, Apple peut nous aider à créer un marché.

La compétition est déjà féroce dans les objets connectés. Tout le monde s'y met : des géants comme Apple, Google et Microsoft, des startups, ou encore des entreprises, comme Asus, qui y voient l'opportunité de trouver de nouveaux relais de croissance. Comment faire la différence ?

Dans cette industrie, ce sont les plus innovants qui s'imposent et seuls ceux qui innovent survivent. Il n'y a pas de prime à l'ancienneté, regardez où est Nokia dans le mobile aujourd'hui par rapport à sa position il y a dix ans. Et ce n'est pas parce qu'Asus est un nouveau venu dans les objets connectés qu'il ne peut pas concurrencer des gros poissons comme Apple et Google. Aujourd'hui, Alibaba et Amazon sont les plus gros commerçants, mais ils ne produisent rien. Facebook est le premier fournisseur mondial de contenus, mais il n'en fabrique pas. Uber fait trembler les taxis sans détenir aucun véhicule et Airbnb est le plus grand hôtelier du monde sans posséder une seule chambre. Le plus important est d'avoir la bonne idée et de bien la développer.

Dans quels autres domaines verrons-nous Asus dans les prochaines années ?

En plus des smartphones et des objets connectés, la robotique fait clairement partie de l'avenir d'Asus. Nous n'avons encore rien dévoilé car nous n'avons pas encore atteint l'excellence, mais nous travaillons d'arrache-pied sur plusieurs projets qui pourraient être dévoilés l'an prochain. Je ne peux rien vous dire pour l'instant, mais les robots d'aide à la personne, pour les personnes âgées et les enfants notamment, nous intéressent beaucoup. Vous verrez l'an prochain...

Que sera Asus dans deux ou cinq ans ?

La part du PC, qui représente 70% de notre chiffre d'affaires actuellement, devrait baisser à 50% environ, et celle du smartphone, notre principale priorité, monter pour, à terme, le dépasser.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 05/09/2015 à 1:41 :
Entreprise remarquable d'inventivité; et qui ne se laisse pas entraîner dans les pièges à -sommateurs que sont les PC spécialisés pour adolescents attardés, les "mettez tout sur NOTRE cloud, on s'en occupe...", les "causez sur le net avec votre TV" plutôt que de projeter sur la TV ce que le PC/tablette fait parfaitement bien, les... Bref, une marque pour les "sérieux".
Réponse de le 05/09/2015 à 11:37 :
???

...

C'est une plaisanterie j'espère...
a écrit le 04/09/2015 à 15:03 :
La direction de la Chine continentale a décidé d'éteindre Taïwan. Lenovo fait une poussée irrésistible le portant au premier rang dans un segment, le PC, amené a se transformer rapidement. Il ne sera pas possible à d'autres de profiter de l'écroulement de HP ou de Dell d'autant que tous les acteurs du cloud se battent pour proposer des solutions et que de nombreux chinois présents dans le mobile montent en force désormais dans le PC. Ils parient certainement sur la convergence PC/TV. Par ailleurs Asus propose un coût des pièces détachées pour ses appareils vraiment dissuasif. Ce type de pratique n'en fait pas une entreprise sexy. Cette marque qui est en bas du tableau et s'est toujours contenté de suivre va malheureusement disparaître pour ce segment. Reste à rendre possible une suite dans un autre, certainement pas dans le mobile.
Réponse de le 04/09/2015 à 19:00 :
Ou révolution (peu probable MAIS...), faut suivre l'actualité en physique/chimie, m'enfin, vue que de nos jours la R&D est "minable"...

Investir et risquer de perdre fait trop peur de nos jours...
a écrit le 04/09/2015 à 14:35 :
Asus...

J'en souffle du nez...

Toshiba, MSI oui mais le reste franchement...
a écrit le 04/09/2015 à 12:11 :
Rien vu de nouveau d'interessant des pc de gaming portables! Ouarf! Ouarf!.
Pas de nouvelles cartes meres avec les dernieres puces intel et cartes graphiques AMD et ddr5.
Pour piloter les nouveaux ecrans plats 8 k il en faudra sous le capot.
Les consoles reduites a des faire valoir comme jouets de bas de gamme.
Genre passer des photos au smarphone a un canon eos d plein cadre.
a écrit le 04/09/2015 à 11:20 :
Ils survivent, donnent du travail à beaucoup d'entre nous; Aussi tout outil de production devrait être exonéré de droit de succession. Ceux qui accumulent par l'achat d'immeubles dépassant leurs propres besoins sont à taxer au prix fort lors de la succession. Le prix de l'immobilier serait ainsi mieux régulé et abordable. Le rentier improductif est à exécrer.
a écrit le 04/09/2015 à 11:11 :
L'économiste Cohen nous l'a expliqué hier à la TV ; en somme Vivre est un objectif utopique car le seul vrai problème est de Survivre.
a écrit le 04/09/2015 à 11:11 :
L'économiste Cohen nous l'a expliqué hier à la TV ; en somme Vivre est un objectif utopique car le seul vrai problème est de Survivre.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :