Telefonica va introduire en Bourse O2 Germany

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Cesar Alierta, le directeur générale de Telefonica, doit multiplier les cessions pour alléger la dette. Copyright AFP.
Cesar Alierta, le directeur générale de Telefonica, doit multiplier les cessions pour alléger la dette. Copyright AFP. (Crédits : AFP)
L'introduction de cette filiale, valorisée autour de 8 milliards d'euros, permettra de réduire l'endettement de 57 milliards du géant espagnol. Telefónica songe à des opérations similaires en Amérique latine.

Une nouvelle opération à plusieurs milliards d'euros se profile dans les télécoms en Europe. Après l'offre surprise de 2,6 milliards du magnat mexicain Carlos Slim pour monter au capital du néerlandais KPN, lancée officiellement mercredi malgré les réserves de KPN, Telefónica a annoncé son intention d'introduire en Bourse sa filiale allemande, O2 Germany. Le conseil d'administration du géant espagnol des télécoms a approuvé le projet et également indiqué qu'il étudiait une opération similaire pour certaines de ses activités en Amérique Latine, sans préciser lesquelles. La filiale la plus importante, Vivo, au Brésil, étant déjà cotée, ce sont d'autres zones qui seraient concernées. Le but pour Telefónica est de réduire sa dette, qui atteint 57 milliards d'euros.

L'Allemagne, une pièce maîtresse en Europe pour l'opérateur
Les analystes valorisent autour de 8 milliards d'euros O2 Germany, qui est le numéro quatre du mobile outre-Rhin, juste derrière E-Plus, la filiale de KPN, loin derrière T-Mobile et Vodafone. L'Allemagne est le deuxième marché de Telefónica en Europe en nombre de clients (25 millions), après l'Espagne (44,3 millions), devant le Royaume-Uni (23,3 millions), et est ainsi considéré comme sa pièce maîtresse sur le Vieux continent. O2 apparaissait comme l'acquéreur naturel d'E-plus, et le patron de KPN avait lui-même déclaré en novembre dernier qu'une fusion entre E-Plus et O2 en Allemagne aurait du sens. Mais le débarquement de Carlos Slim chez KPN a sans doute modifié les plans de Cesar Alierta, le patron de Telefónica. La décision d'introduire en Bourse O2 Germany, tout en conservant sans doute le contrôle, montre que Telefónica n'est pas intéressé par E-Plus, relève l'analyste de Moody's, cité par Bloomberg.

Des cessions nécessaires après les acquisitions des années 2000
« Depuis le début de l'année, le titre a perdu 34% de sa valeur, notamment parce que les investisseurs se méfient du niveau de dette plus élevé que la moyenne du secteur et de la rémunération excessive des actionnaires qui nuit à la réduction de la dette », explique Ivan San Felix, analyste chez Renta 4. La dette nette de Telefónica représente 2,55 fois son excédent brut d'exploitation, son objectif est de ramener ce ratio en dessous de 2,35 fois dès cette année. Pour ce faire, l'opérateur historique espagnol a déjà annoncé une baisse de son dividende et le projet de céder des actifs non stratégiques pour 1,5 milliard d'euros (Atento, Rumbo et sa participation dans Portugal Telecom), comme l'a rappelé le directeur financier du groupe, Ángel Vila lors d'une conférence à Londres mercredi. Il lui faut lever entre 7 et 8 milliards d'euros d'ici à 2015 pour faire face à ses échéances. Depuis son arrivée aux commandes, Cesar Alierta a dépensé près de 70 milliards d'euros en acquisitions, dont 25,7 milliards pour le britannique O2 en 2006 et le brésilien Vivo pour 7,5 milliards en 2010.

Le marché espagnol, en crise, pèsera davantage
L'Amérique Latine représente plus de 50% du chiffre d'affaires du groupe et affiche une croissance de 8,3% au premier trimestre. Des sources du marché estiment que Telefónica gardera le contrôle de ces filiales dont elle pourrait introduire environ 20% du capital. La mise en bourse de ces actifs signifierait toutefois augmenter parallèlement l'exposition au marché domestique... Or celui-ci, qui apporte encore 25% du chiffre d'affaires, devrait continuer sur la pente négative, après avoir enregistré 10,7% de ventes en moins au premier trimestre, en raison de la récession économique et de la forte concurrence. La Commission du Marché des Télécommunications a ainsi indiqué jeudi que Telefónica a perdu 930.000 lignes de téléphones mobiles en Espagne entre décembre et mars, en partie du fait de la suppression de lignes inutilisées.
 

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