Avec sa nouvelle box, Free change de braquet et monte en gamme

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Xavier Niel, le propriétaire d'Iliad (Free), a présenté ce mardi sa nouvelle Freebox Delta.
Xavier Niel, le propriétaire d'Iliad (Free), a présenté ce mardi sa nouvelle Freebox Delta. (Crédits : Reuters)
Ce mardi, l’opérateur a levé le voile sur sa nouvelle Freebox « Delta ». Bardée de technologie, celle-ci veut offrir ce qui se fait de mieux en matière de connexion, de son, d’image et de gestion des objets connectés à la maison. Avec cette nouvelle tête de gondole, commercialisée à partir de 59,99 euros par mois, le champion du low cost affiche sa volonté de monter en gamme. Une stratégie qui doit lui permettre de relever la tête face aux offensives tarifaires de ses rivaux SFR et Bouygues Telecom.

C'est une petite révolution. Depuis ses débuts au début des années 2000, Free a fait son nid dans les télécoms en se positionnant en acteur low cost et en cassant les prix. Près de deux décennies plus tard, l'opérateur de Xavier Niel change de stratégie. Ce mardi, le « trublion des télécoms », comme la presse le surnomme de longue date, a dévoilé une nouvelle box. Baptisée « Freebox Delta », celle-ci n'a rien d'un vulgaire carré de plastique bon marché. Il s'agit d'un produit volontairement haut-de-gamme. Enceintes signées Devialet, qualité d'image 4K HDR, vitesse de connexion de 10 gigabits par seconde pour les clients raccordés à la fibre, possibilité de se connecter en 4G en complément de l'ADSL pour les autres, l'équipement embarque, selon Free, ce qui se fait de mieux en matière de nouvelles technologies.

La « Delta » inclut un grand nombre de services, comme l'assistant vocal Alexa d'Amazon, un pack de sécurité pour la maison. Un abonnement à Netflix et un kiosque numérique pour accéder à la presse sont également compris. Cette box est aussi conçue pour devenir, à la maison, l'équipement de référence pour piloter les objets connectés. Une idée qui, au passage, reprend largement celle de la startup Otodo d'Eric Denoyer, l'ancien patron de SFR... Cette box embarque aussi la connectivité Sigfox, le champion français de l'Internet des objets. Elle offre la possibilité de recharger sa télécommande ou un smartphone Androïd en les posant simplement dessus.

Une box à près de 60 euros par mois

En parallèle, Free a repensé l'interface utilisateur pour se rapprocher des habitudes de consommation d'aujourd'hui. Il est, par exemple, possible de rechercher des films, séries, ou tout autre contenu télévisuel à travers un unique moteur de recherche. Un système qui fait d'ailleurs un peu penser à la philosophie de la startup Molotov, qui agrège via son appli les programmes de télévision. Free a également dopé son appli mobile pour permettre à l'utilisateur de piloter à distance la box et les objets qui y sont connectés. Quant au boîtier de la box, de couleur blanche et triangulaire, il a été dessiné par le britannique Jasper Morrison, un designer industriel renommé.

Cette box n'est toutefois pas à la portée de toutes les bourses. Elle est commercialisée, dès aujourd'hui, à pas moins de 49,99 euros. Un montant auquel il faut ajouter 10 euros mensuels, sur 48 mois, pour devenir propriétaire de l'appareil. Interrogé sur la cherté de son produit, Xavier Niel a jugé que ce dernier était « accessible pour ce que vous avez dedans ». « 59,99 euros, c'est un très bon rapport qualité-prix », a insisté le propriétaire d'Iliad, la maison-mère de Free. Selon lui, il faudrait dépenser beaucoup plus d'argent pour acheter au détail tous les services qu'il propose.

Endiguer les pertes d'abonnés

A côté de la « Delta », Iliad a présenté sa « petite sœur » : la « Freebox One ». Celle-ci est accessible à partir de 29,99 euros pendant un an (puis 39,90 euros). Sachant que cette offre est réservée aux 100.000 premiers abonnés. Avec ses nouvelles box, Free change de braquet : dans le marché ultra-concurrentiel et mature des télécoms, il prend ici position sur le segment du haut-de-gamme.

Même si la « Delta » ne concerne pas, a priori, le gros de sa clientèle, cette nouvelle tête de gondole lui permet, au moins en termes d'image, d'investir le créneau du premium. Ce faisant, il abat clairement la carte d'une montée en valeur pour faire face à l'agressivité tarifaire de ses rivaux SFR ou Bouygues Telecom. En se démarquant de la sorte, il espère notamment mettre un terme à ses fuites d'abonnés. Lui qui a perdu environ 60.000 fidèles dans l'Internet fixe en un an, et autour de 160.000 dans le mobile.

Xavier Niel a d'ailleurs confirmé qu'en sortant la « Delta », son objectif était davantage de « changer d'image » plus que d'en vendre à tour de bras.

« On a fait un produit exceptionnel, ça change l'image d'une manière générale, a déclaré le chef de file d'Iliad. Cela nous permet de vendre toujours mieux nos autres Freebox. »

« Nous ne sommes pas stressés »

Interrogé sur les difficultés actuelles de Free, Xavier Niel a assuré qu'il n'était « pas stressé ». Avant d'arguer que sa situation est bien meilleure que celle de son concurrent SFR.

« On a un nombre d'abonnés équivalents, et une capitalisation boursière deux fois et demi supérieure ! », a-t-il canardé. « On a pas de dettes. SFR, eux, ont 30 milliards de dettes. On a de la croissance, et SFR a perdu 10% de chiffre d'affaires. Je vous promets que nous ne sommes pas stressés. »

Xavier Niel convient tout de même qu'il « a perdu des abonnés ». Mais juge qu'il s'agissait « d'abonnés qui ne faisaient pas de chiffre d'affaires, [...] qui nous payaient un ou deux euros ».

Reste qu'en abattant ostensiblement la carte du premium avec sa nouvelle box, Xavier Niel vient notamment marcher sur les plates-bandes d'Orange, l'opérateur historique et numéro un français des télécoms. Ce dernier aura, d'ailleurs, l'occasion de montrer à son tour ses muscles mercredi, la semaine prochaine. Ce jour-là, Orange dévoilera ses dernières innovations lors de son traditionnel « Show Hello » à Paris.

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Commentaires
a écrit le 08/12/2018 à 12:47 :
D'un coup d'un seul, Free vient de brader ses propres pigeons a Netflix et pire encore à l'espionnage massif de Amazon Alexa...
Belle performance d'un industriel français...
a écrit le 06/12/2018 à 8:22 :
Free ce n'est pas orange. A ce prix là c'est la fin de l'esprit initial de free. Toujours plus pour le même prix. On dirait qui Free se prend pour Apple de plus en plus cher. Donc moi je garde mon abonnement à 33 € et ensuite si ce n'est plus possible j'irai vers la concurrence.
a écrit le 06/12/2018 à 5:08 :
60 euros, mazette, se mouche pas avec les doigts, le prince.
Ici pour la moitie du present tarif on a bcp plus et sans l'intrusion d'un espion numerique a la maison.
a écrit le 05/12/2018 à 15:38 :
moi j ai une v5hd et je crois que ça va rester comme ça .free a bâti sa société sur un rapport prix/ matériel là on va être trop cher pour la masse des utilisateurs que l on commence par avoir la fibre mais on met la charrue avant les bœufs
a écrit le 05/12/2018 à 4:54 :
"Il suffirait que vous n'en achetiez pas pour que ça ne se vende pas " Coluche
a écrit le 04/12/2018 à 21:43 :
avoir un positionnement marketing ' prix bas' et changer son positionnement, c'est loin d'etre gagne ( surtout sans preparation, ce qui est le cas).......
je pense que sa box a 40 euros est dans le marche, alors ca reussira peut etre, par contre je suis bcp plus dubitatif sur celle a 60 euros......
suzuki vendait des machines ' pas cher'; ils ont commence a vendre des machines ' au meme prix que les autres' ( sans avoir la qualite des hondas, et l'aspect agressif des kawasaki).......... leur ventes se sont ecroulees ( ce qui n'est pas trop une surprise)
les cours de marketing sont remplis de morts qui ont decide ce que leurs clients ne pensaient pas
a écrit le 04/12/2018 à 18:53 :
60€/ mois....

Ce sera sans moi.
a écrit le 04/12/2018 à 18:48 :
le gilet jaune est il compris dans le prix ?

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