Génération « Jamais sans mon smartphone ! »

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Au fond, il y a cette idée que, pour exister dans le monde d'aujourd'hui, la communauté physique proche ne suffit plus.
Au fond, il y a cette idée que, pour exister dans le monde d'aujourd'hui, la communauté physique proche ne suffit plus. (Crédits : Reuters)
Devenus indispensables pour beaucoup, les terminaux intelligents suscitent un engouement particulièrement fort chez les 16-35 ans. Ils les utilisent aussi bien dans leur vie professionnelle que personnelle. Explications.

Les beaux jours reviennent. Et avec eux, l'habituel cortège de festivals musicaux. Et une fois encore, comme au Printemps de Bourges à la mi-avril, les fans lèveront bien haut leur smartphone pour capturer des moments de leurs concerts préférés, avant de les partager, dans la foulée, sur les réseaux sociaux. Désormais courante, cette pratique tranche toutefois avec les légions de briquets allumés brandis par les fans des années 1980-1990. À elle seule, elle illustre à quel point le smartphone est devenu central dans la vie des 16-35 ans, et beaucoup ne peuvent tout simplement plus s'en passer.

Le smartphone, pour "vivre en temps réel"

Communiquer, s'informer, acheter, travailler, jouer, rencontrer l'âme soeur, voyager... Le smartphone est au fil des ans devenu l'emblème d'une génération qui veut être connectée partout et tout le temps. D'après une étude TNS Sofres publiée fin novembre dernier, les "Millennials" passent en moyenne plus de vingt-trois heures par semaine sur leur smartphone dans le monde, soit un total de quarante-neuf jours par an !

Que font-ils ? 63% d'entre eux se connectent quotidiennement aux médias sociaux, et 59% visionnent des vidéos en ligne. Pour le sociologue Guy Drouot, le smartphone est devenu « indispensable » pour cette génération, qui contrairement à ses aînés, « vit en temps réel », et éprouve le besoin d'être « constamment connectée ».

Quand la communauté physique proche ne suffit plus

Au fond, il y a cette idée que, pour exister dans le monde d'aujourd'hui, la communauté physique proche ne suffit plus. Comme l'expliquait déjà en 2011 le sociologue Antonio Casilli à L'Obs, « les smartphones changent la manière d'être dans la foule ». Il prenait alors l'exemple des conversations sur Twitter, où chaque individu échange au sein d'une « communauté cognitive, imaginaire, mais tout à fait réelle ».

Or ces communautés numériques prennent un poids croissant dans nos sociétés. Guy Drouot prend l'exemple des récentes manifestations lycéennes contre la loi Travail. À cette occasion, plusieurs vidéos ont ainsi montré un ado tabassé par un policier devant le lycée Henri-Bergson à Paris.

Devenir acteur de son monde

Toutes ces images, prises sur le vif, ont été envoyées sur le Net par les smartphones de jeunes présents sur place, avant d'être reprises par les médias traditionnels.

« Grâce à ces terminaux, leurs usagers deviennent eux-mêmes producteurs d'informations », constate le sociologue.

Plus qu'un outil technologique, le smartphone permet ainsi aux individus d'être véritablement acteurs du monde dans lequel ils vivent.

En outre, les 16-35 ans sont rompus aux usages, souvent collaboratifs et participatifs, découlant des nouvelles technologies. Commander un Uber plutôt qu'un taxi pour rentrer chez soi, trouver l'âme soeur sur Tinder, dénicher des opportunités de carrière sur LinkedIn, partager une vidéo en direct sur Periscope...

Pour toutes ces applications, le smartphone est devenu roi. Guy Drouot l'assure :

« C'est un outil extraordinaire pour une génération qui ne pourra plus jamais s'en passer. »

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