À défaut de réduire l'impact environnemental du secteur du numérique, notre pays excelle à calculer ses émissions. Au point d'être désormais cité en exemple au niveau mondial.Alors qu'il est souvent présenté comme une solution au changement climatique, le numérique voit pourtant son impact environnemental s'aggraver d'année en année. Il représente actuellement 4,4 % des émissions de gaz à effet de serre en France contre 2,5 % en 2018. Et la croissance devrait se poursuivre. Le think tank The Shift Project estime ainsi que ce chiffre pourrait tripler d'ici à 2050, si rien n'est fait pour endiguer cette tendance.
Face à ces perspectives pessimistes, il y a malgré tout une bonne nouvelle. Nous sommes capables de calculer les émissions du numérique de façon de plus en plus précise, première étape avant d'entreprendre de les réduire. Et la France fait figure de pionnière à ce sujet.
La France citée en exemple par la Banque mondiale
L'Autorité de régulation des télécoms (Arcep) publie depuis 2020 une enquête annuelle pour un numérique soutenable qui dresse un bilan carbone complet du secteur. Seul petit bémol, les auteurs ne parviennent pas à travailler sur des données récentes : elles remontent à deux ans à chaque fois. Mais la démarche a été saluée et présentée comme un modèle à suivre cette année par la Banque mondiale et l'Union internationale des télécoms.
Les choses avancent aussi concernant spécifiquement le secteur des télécoms. Quel est l'impact environnemental du raccordement d'une prise en fibre optique ? Et celui de l'installation d'une antenne mobile ? Il est désormais possible de le savoir en suivant le guide sectoriel dévoilé en fin de semaine dernière par l'Agence pour la transition environnementale (Ademe) et Infranum, la fédération qui regroupe les acteurs industriels des infrastructures numériques.