C'est une percée dans la montagne aux dimensions hors normes. Celle-ci va surpasser le dernier record en date détenu par le tunnel du Saint-Gothard, en Suisse, long de 57,1 kilomètres. Débuté il y a deux ans côté français, et avec 400 mètres de plus que son voisin helvétique, le Lyon-Turin deviendra alors le plus long tunnel ferroviaire au monde.
Pensé dans les années 1990 avec l'idée d'accompagner l'augmentation des échanges commerciaux entre la France et l'Italie, et retardé à de multiples reprises, il reliera à l'horizon 2033 la Savoie à Turin via deux tubes où circuleront des trains fret et voyageurs. L'objectif, à terme, est de faire transiter 16,8 millions de tonnes de marchandises par an sur le rail, puis 28 millions de tonnes à l'horizon 2040.
Cela, pour un coût aujourd'hui estimé à 11,1 milliards d'euros (base 2012) par Telt, la société concessionnaire. Un montant rehaussé de 2,5 milliards hors inflation ces derniers mois, en raison de la hausse des prix des matériaux et de la main d'œuvre, par ailleurs mobilisée en Suisse et en Italie.
Chaque jour, deux tirs de 800 kgs d'explosifs sont réalisés dans les deux tubes de l'entrée française du tunnel transfrontalier Lyon-Turin, d'une longueur totale de 57,5 kilomètres. Crédits : ER.
Le chantier, réparti en plusieurs points entre la France et l'Italie, emploie désormais 2.500 personnes et n'a pas encore atteint son pic. 1.000 travailleurs supplémentaires s'ajouteront en effet dans les deux ans autour de cet antre sombre, humide, mais protégé du froid, à seulement une centaine de mètres sous la montagne.