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Bourse : de l'art de jouer avec l'effet "yo-yo"

Pascale Besses-Boumard

Publié le 16 avril 2013 à 17:47

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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La reprise des marchés financiers et surtout le regain de volatilité sont des aubaines pour ceux qui aiment spéculer sur les amplitudes de cours. Il existe aujourd'hui une vaste gamme de produits de Bourse avec effet de levier. D'un maniement pas toujours évident, ils demandent un apprentissage approfondi avant de se lancer. Au-delà des convictions affichées, il ne faut pas hésiter à éplucher les frais demandés par les différents courtiers avant de sélectionner son intermédiaire.

Les marchés retrouvent le sourire depuis la mi-2012. Et avec eux, les principaux indices mondiaux, qu'ils soient européens, asiatiques ou nord-américains. Le Dow Jones s'est même offert le luxe, la semaine passée, de franchir un record historique, les investisseurs d'outre-Atlantique étant franchement repassés à l'achat ces derniers mois, à l'aune de timides signes de reprise économique. Après plusieurs années d'une franche morosité, ce rebond des places financières s'accompagne toutefois de soubresauts, la moindre mauvaise nouvelle provoquant des ventes massives de titres de la part des opérateurs en mal de certitudes et toujours très nerveux. D'où les mouvements de yo-yo constatés en Europe ces deux derniers moi.

Une gamme de produits pour utilisateurs avertis

Cette tendance et ces à-coups sont une aubaine pour les « aficionados » des produits de Bourse, ces outils à effet de levier permettant à des investisseurs aguerris de profiter d'écarts de cours importants pour engranger de belles plus-values. Il faut dire d'ailleurs que les adeptes de ce type d'investissements ont aujourd'hui à leur disposition une large gamme de produits susceptibles d'amplifier tout écart de prix ou de taux d'intérêt (spread).Ces outils sont d'abord réservés à des investisseurs connaissant bien les rouages de marchés boursiers et prêts à prendre des risques. Il s'agit dans tous les cas d'anticiper un mouvement (de hausse ou de baisse) sur différents types de sous-jacents.
Ceux-ci peuvent être des actions, des indices, des matières premières ou des monnaies. Ils peuvent être à effet de levier (la mise sert à financer un dépôt de garantie pour un investissement bien supérieur) ou non. Ce qui veut dire que l'on peut parfois perdre plus que sa mise de départ. Ces produits sont, pour l'essentiel, centralisés, c'est-à-dire qu'ils passent via la plate-forme classique de la Bourse de Paris. Mais il y a aussi les produits transitant exclusivement via des marchés de gré à gré (over the counter, OTC) et traités en direct par des courtiers. C'est le cas des CFD (contracts for dierence), qui permettent de miser avec effet de levier sur des actions, indices ou monnaies. « Les CFD rencontrent un assez vif succès depuis plusieurs années. Ils sont clairement en train de prendre de l'ampleur par rapport aux investissements en actions traditionnels. Depuis le mois de janvier, les volumes sur ces produits ont explosé. Le contexte de reprise et surtout le retour de la volatilité ont poussé nombre de personnes à reprendre leurs investissements ou à se lancer. Les CFD sont, il est vrai, d'un maniement très souple, ne subissent pas la taxe sur les transactions financières, couvrent un très large spectre et sont négociables vingt-quatre heures sur vingt-quatre », souligne Pierre-Antoine Dusoulier, président de Saxo Banque.

Quand les courtiers se font pédagogues...

Les produits de Bourse centralisés, du type warrants, certificats, turbos ou leverage-short, retrouvent également un certain succès. « Avec une mention spéciale pour les leverage-short, produits on ne peut plus simples et qui représentent d'ailleurs, à ce jour, 30% de nos volumes de transactions », commente Thibaud Renoult, directeur de la communication chez Commerzbank, pour qui le retour en force de la volatilité explique en effet largement le regain d'intérêt des investisseurs pour ces outils, certains signaux techniques ayant, du coup, été touchés.
Conscients des enjeux et des limites de ces produits, et surtout de manière à s'arroger les faveurs de l'Autorité des marchés financiers, qui n'hésite pas à montrer régulièrement du doigt les sites de transactions (sur le marché des monnaies essentiellement, le Forex) ne respectant pas toutes ses doléances, les courtiers proposant des produits de Bourse ne ménagent pas leurs efforts pour familiariser leurs clients avec le maniement de ces outils.
Fiches explicatives, simulateurs, organisation de séances de présentation sont ainsi au menu. Raison de plus, lorsque l'on veut se lancer sur ce créneau, pour faire jouer la concurrence, éplucher les frais demandés et choisir le courtier qui semble le plus pédagogue et le plus compétitif. Avec cette règle d'or dont, de l'avis de tous les experts, on ne doit jamais se départir en Bourse : il ne faut investir son argent que sur des produits que l'on comprend parfaitement et dont on a bien exploré le maniement. Après, tout est question de conviction et d'appétit vis-à-vis du risque.
Fiscalement, les plus-values éventuellement dégagées sont imposées depuis le 1er janvier 2013 au barème progressif de l'impôt sur le revenu, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux au taux de 15,5% (ouvrant droit à la CSG déductible au taux de 5,1%). Les moins-values sont imputables sur les plus-values et sont reportables dix ans. D'une manière générale, les produits de Bourse ne sont pas éligibles au PEA.

Pascale Besses-Boumard

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