Immobilier : la colocation a-t-elle de l’avenir ?

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Les jeunes de moins de trente ans voient désormais la colocation comme un rite de passage.
Les jeunes de moins de trente ans voient désormais la colocation comme un rite de passage.
En plus d'être attractive en matière de prix, la colocation deviendrait un mode de vie pour la jeune génération. Ce marché a désormais besoin de se structurer.

C'est bien connu, vivre en colocation permet souvent de réduire le poids du logement dans son budget. Dans les zones tendues, les habitations partagées permettent de subvenir aux besoins des locataires qui subissent le niveau trop élevé des prix de l'immobilier.
Sans être obsolète, ce raisonnement doit cependant être complété, car la culture de la colocation chez les moins de trente ans se développe en France. "Le facteur prix est devenu un facteur parmi d'autres de l'attrait pour la colocation", explique Thomas Villeneuve, président de Weroom, un réseau social pour colocataires.

Un rite de passage pour les moins de trente ans

Il est vrai que dans villes les plus tendues -principalement Paris- les colocations "proposent aujourd'hui des loyers équivalents à ceux des studios, c'est-à-dire autour de 700 à 800 euros", constate Thomas Villeneuve. 

D'autre part, "les moins de 30 ans sont passés de la vision économique de la colocation à une idée plus équilibrée qui intègre une envie réelle de partager son habitat. La colocation est en effet devenu une sorte de rite de passage pour cette génération, un mode de vie. Cette tendance a été introduite par le mouvement Erasmus", ajoute-t-il. 

Un cadre juridique amélioré

Si la demande existe, le cadre juridique est encore à définir. La loi pour l'accès au logement et un urbanisme rénové (Alur), récemment votée au Parlement, va introduire quelques avancées dans ce cadre. Elle instaure un véritable statut de la colocation, des baux individuels par chambre, et propose un modèle de bail type qui devrait permettre d'homogénéiser et de clarifier les relations entre les colocataires et leurs propriétaires. 

Ce dernier point n'est pas neutre car les professionnels sur le terrain regrettent les aprioris de certains propriétaires sur la colocation, qui y voient une source de dégradation ou de vacance de leur bien immobilier. Alors que dans les zones tendues, le risque de vacance est extrêmement faible malgré la mobilité extrême des colocataires : ils partent en moyenne tous les 12 mois.

La colocation est plus rentable

Mais le principal argument de la colocation pour les propriétaires est sa rentabilité : "En zone tendue, le loyer global d'une colocation en général 15 à 20% plus cher que lorsqu'on loue à un seul ménage", constate Thomas Villeneuve. "Louer les chambres séparément permet d'accroître le loyer global et dont la rentabilité de l'investissement", assure pareillement Pierre Agache, responsable de l'agence immobilière belge Universal, qui compte développer la colocation outre-Quiévrain. "Au dessus d'un certain seuil de loyer, un seul ménage ne peut plus assumer de payer", ajoute-t-il.

Les entreprises s'y intéressent ....

La colocation va même jusqu'à intéresser les entreprises, très concernées par les problématiques de logement de leurs salariés. Elles y voient un moyen de les loger à prix décent et près de leur lieu de travail.
Collecteur du 1% logement -dont la première mission est de loger les salariés des entreprises-, le groupe Solendi tente de son côté de développer la colocation pour les moins de trente ans, qu'ils soient salariés à plein temps, précaires, en alternance, ou bien en recherche d'emploi.

Si, en 2013, le groupe a réussi à loger une centaine de personne en colocation, il rencontre des difficultés pour remplir toutes ses habitations. "Il y a un problème d'amorçage, car beaucoup de salariés ne sont pas prêt à vivre avec des gens qu'ils ne connaissent pas", explique Bertrand Goujon, directeur général de Solendi.
Preuve qu'il y a encore beaucoup à faire pour généraliser la colocation en France, le nombre moyen de personnes par habitat partagé n'est que de 2,5 en France. C'est beaucoup moins qu'en Angleterre par exemple, où la culture de la colocation est davantage présente :
la moitié des 10 millions de colocataires européens vivent à Londres!

... mais ont besoin que le marché s'invente 

Thomas Villeneuve dresse le même constat : Autant "le risque de mal vivre une colocation où l'on connaît déjà son colocataire est très faible", autant découvrir son colocataire au moment de l'emménagement s'apparente à une expérimentation hasardeuse. D'où l'intérêt de leur donner la possibilité de se rencontrer avant par l'intermédiaire de plateformes internet et de créer une communauté de la colocation. 

"A l'instar du covoiturage, qui est tout simplement la nouvelle version de l'autostop jadis pratiqué par nos parents et nos grands-parents, l'habitat partagé, qui existe aussi depuis plusieurs décennies, a besoin d'un nouvel élan, notamment par le développement de communautés sur les réseaux sociaux. Nous ne sommes qu'au début de sa réinvention", se réjouit-il. 

La colocation pourrait même ne plus se limiter aux plus jeunes. Des profil plus âgés, fuyant l'isolement, se montrent de plus en plus intéressés par ce type d'habitation. De quoi alimenter les réflexions sur un marché en pleine structuration. 

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Commentaires
a écrit le 19/03/2019 à 8:40 :
Je sais que ca se pratique beaucoup à Paris par exemple et il y a pas mal de site comme
<a href="https://www.tictachouse.fr/colocation/ile-de-france/paris">colocation paris</a>

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