Retraites : Fillon prépare les esprits à la fin du départ à 60 ans

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La réforme devrait être présentée le 15 juin. L'idée d'une taxe sur les revenus supérieurs à 11.000 euros mensuels serait abandonnée. Pour mettre à contribution les hauts revenus, le gouvernement songerait notamment à une tranche d'impôt sur le revenu supplémentaire. Le Premier ministre annonce par ailleurs que l'Etat va réduire ses dépenses de 45 milliards d'euros d'ici 2013.

A quelques jours de la présentation du projet de réforme des retraites, François Fillon prépare les Français à l'abandon du "symbole des 60 ans" et à l'allongement de la durée de cotisation (auquel le Congrès de la CFDT vient de se rallier sous condition). Le ministre du Travail et des Affaires sociales, Eric Woerth, devrait dévoiler mercredi prochain le plan gouvernemental qui reste ouvert à d'ultimes arbitrages, notamment sur le relèvement de l'âge légal de départ à la retraite. Fixé à 60 ans depuis 1983, il pourrait être repoussé à 62 ou 63 ans.

"Ce qui va nous guider, ce qui nous guide depuis plusieurs mois que nous préparons cette réforme, c'est la vérité, c'est l'équité, c'est la justice et c'est la progressivité", a souligné François Fillon lors d'un discours à Paris, salle Gaveau, devant de nouveaux adhérents de l'UMP. "La vérité, elle est implacablement liée aux défis démographiques que nous devons relever et ce défi, il exige de travailler plus longtemps et donc d'augmenter la durée de cotisation et l'âge d'ouverture des droits", a-t-il dit. "Il serait lâche de notre part de dire aux Français que leur retraite pourrait être assurée sans prolonger la durée d'activité et sans toucher à l'âge légal et au symbole des 60 ans", a-t-il ajouté aux côtés d'Eric Woerth, notamment.

Une tranche supplémentaire de l'impôt sur le revenu

François Fillon a confirmé que le gouvernement solliciterait de "nouvelles sources de financement" pour juguler les déficits des régimes de retraites, "parce que l'effort doit être partagé par tous". Il n'a toutefois rien dit des pistes envisagées. Selon Le Figaro, l'idée d'une taxe sur les revenus supérieurs à 11.000 euros mensuels est abandonnée. Pour mettre à contribution les hauts revenus, le gouvernement songerait notamment à une tranche d'impôt sur le revenu supplémentaire, selon l'édition de samedi du quotidien.

Lançant un appel au civisme, le Premier ministre a pressé les Français "d'ignorer les postures partisanes", dénonçant de nouveau le discours du Parti socialiste. "Je leur demande de soutenir la cause de l'intérêt général", a-t-il déclaré. "Quand Mme (Martine) Aubry annonce aujourd'hui que lorsqu'elle reviendra au pouvoir, elle engagera l'abrogation de la réforme que nous allons faire, je pense que les Français ont suffisamment l'expérience du discours du Parti socialiste pour savoir que c'est un leurre et que naturellement il n'en sera rien", a-t-il dit.

Selon le Journal du Dimanche, François Fillon voudrait une réforme radicale avec des mesures douloureuses alors que Nicolas Sarkozy prônerait une réforme plus modérée. Les idées d'un fonds dédié à la retraite des fonctionnaires ou d'un alignement total du taux de cotisation du public sur le privé auraient été écartées.

45 milliards d'euros d'économies d'ici à 2013

Par ailleurs, le Premier ministre a annoncé que l'Etat allait diminuer de 45 milliards les dépenses publiques d'ici à 2013 afin de parvenir à l'objectif d'un déficit de 3% en 2013 comme Paris s'y est engagé envers Bruxelles. "Nous avons pris l'engagement d'ici 2013 de ramener notre déficit de 8% à 3% et tous nos efforts vont se concentrer sur cette priorité. Ca veut dire en gros qu'il faut réduire le déficit de 100 milliards d'ici 2013. 100 milliards que nous allons trouver pour la moitié dans des réductions de dépenses et pour la moitié dans des augmentations de recettes".

Sur les 50 milliards d'euros de réduction, "45 milliards (se feront) en réduisant la dépense publique, 5 milliards sur la réduction des niches fiscales". Pour les augmentations de recettes, le Premier ministre prévoit "35 milliards de rattrapage, après la crise, des pertes de recette conjoncturelle"."Au fur et à mesure que la croissance revient, les recettes recommencent à croître". Et 15 milliards qui "correspondront à la fin des mesures que nous avons prises pour relancer l'économie et qui n'ont naturellement pas vocation à durer au delà de cette période de relance".

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