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Une clé du succès pour les start-up? Plus de femmes dirigeantes

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Marina Torre  |   -  786  mots
La présence de femmes dans les instances dirigeantes des start-up favorise leur succès, selon une étude menée par Dow Jones sur plus de 20.000 entreprises américaines pendant près de quinze ans. Des qualités spécifiques aux femmes favoriseraient-elles l'essor de ces jeunes compagnies?

Plus qu'une question d'égalité,  la parité serait un gage de réussite... Les start-up qui embauchent des femmes dirigeantes ont davantage de succès que les autres. Voilà ce que démontre une vaste enquête publiée par Dow Jones portant sur plus de 20.000 entreprises financées par le capital-risque sur une période allant de 1997 à 2011. "Nous affirmons sur la base de preuves statistiques qu'il y a bien une corrélation entre la présence de femmes dans les instances dirigeantes d'une entreprise et son succès", est-il écrit dans ce rapport.

Quel succès?

Par succès, les auteurs de cette étude entendent: le fait pour une entreprise d'être parvenue à s'introduire en Bourse, d'avoir été vendue avec une valorisation positive, ou de réaliser des profits constants. A l'inverse l'absence de succès est compris au sens large: il s'agit non seulement des cas de faillite, cessation d'activité, revente à perte mais aussi des start-up qui n'ont pas encore atteint le niveau permettant de les qualifier de "succès". Quand aux "femmes dirigeantes", il s'agit des présidentes, vice-présidentes, membres du conseil d'administration et autres cadres dirigeantes.

Plus les femmes ont de responsabilités, plus les chances de succès sont grandes

"Nous affirmons sur la base de preuves statistiques qu'il y a bien une corrélation entre la présence de femmes parmi les instances dirigeantes d'une entreprise et son succès", clame les auteurs de cette étude. Celle-ci démontre par exemple que la proportion médiane de femmes dirigeantes est de 7,1% dans les entreprises qui ont eu du succès. Et de 3,1% dans celles qui n'en ont pas eu.

Et plus il y a de femmes au rang de vice-présidente ou de directrice, plus la réussite est au rendez-vous.  Les chances de succès bondissent de 6% à chaque fois que la proportion de femmes au plus haut niveau hiérarchique augmente de 10%. Et lorsque la proportion de femmes directrices grimpe de 10%, les chances de réussite grimpent de 3,3%. Les start-up comptant au moins cinq femmes dirigeantes sont 61% à avoir connu le succès et 39% à avoir, au contraire, échoué. De quoi inciter à briser le "plafond de verre".

Un autre regard?

Empiriquement, qu'est-ce qui pourrait expliquer cette corrélation entre réussite et mixité des instances dirigeantes ? "Tout dépend du business, mais la façon dont les femmes abordent l'entreprise et sa gestion diffèrent d'un homme", assure Céline Lazorthes, fondatrice et dirigeante de Leetchi, site permettant d'organiser des cagnottes pour faire des cadeaux.  Pour cette créatrice de start-up, les dirigeantes de jeunes entreprises qu'elle cotoie sont souvent plus prudentes en matière de finance. "Nos décisions sont souvent plus maîtrisées et réfléchies", estime-t-elle. En outre, elle estime que l'attention des femmes est davantage portée sur les relations humaines. "Dans une entreprise qui innove, qui doit se réinventer", souligne-t-elle, il serait nécessaire de savoir insuffler "passion, volonté et chaleur" aux collaborateurs. Enfin la jeune chef d'entreprise met l'accent sur l'importance du réseau, et sa mise à profit de manière "intelligente". Pour elle, les femmes ont moins peur de "s'entourer d'experts, d'autres chefs d'entreprises", et d'aller les consulter.

Une vision partagée par  Agnès Fourcade, présidente du réseau Femmes Business Angels. Selon cette dernier les femmes "ont un autre regard, sont tenaces, plus pragmatiques, ce sont des facteurs de réussites". Mais pas question non plus d'oublier les hommes. Pour les investisseurs "il est toujours plus rassurants de voir des équipes mixtes", précise Agnès Fourcade en mettant en avant l'importance de la parité dans une équipe dirigeante.

Des données manquantes

Un bémol cependant : ce lien de dépendance entre succès et présence de femmes dans les instances dirigeantes n'est pas prouvé pour tous les secteurs, selon cette étude américaine. Dans l'industrie des biens de consommation, de l'énergie et de la logistique, les populations de start-up financées par le capital-risques sont considérés comme trop faibles par Dow Jones pour pouvoir tirer des conclusions probantes. En outre, les femmes sont encore relativement peu nombreuses parmi les instances dirigeantes de ces entreprises - seules 6,5% sont dirigées par des femmes et 1,3% ont été fondées par des femmes. Un niveau si faible qu'il est impossible de mesurer si le fait d'avoir été créé par une femme assure un plus grand succès aux entreprises. En France, aucune étude du genre n'a été menée sur des start-up. En revanche les entreprises cotées ont été passées au crible par l'institut de recherche du Crédit Suisse. Leur performance augmenterait quand des femmes sont présentes au conseil d'administration.

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Commentaires

JB38  a écrit le 16/10/2012 à 7:53 :

Les femmes sont multi-tâches, elles vont directement à l'essentiel, elles n'ont pas le temps de s'attarder aux détails. Dans les difficultés, elles sont beaucoup plus positives, réactives et surtout tenaces. Autre qualité, une fois un objectif défini, elles ne dévient pas du chemin tracé. Elles n'ont en général pas d'affectif vis-à-vis de leur entreprise, ce qui leur permet d'être toujours objective et pragmatique.

gaby  a répondu le 30/05/2014 à 17:45:

comme toujours l argent pour des projet somptueux au nord de Paris et pas d argent pour les victimes quelle honte

JB38  a écrit le 16/10/2012 à 7:53 :

Les femmes sont multi-tâches, elles vont directement à l'essentiel, elles n'ont pas le temps de s'attarder aux détails. Dans les difficultés, elles sont beaucoup plus positives, réactives et surtout tenaces. Autre qualité, une fois un objectif défini, elles ne dévient pas du chemin tracé. Elles n'ont en général pas d'affectif vis-à-vis de leur entreprise, ce qui leur permet d'être toujours objective et pragmatique.

JB38  a écrit le 16/10/2012 à 7:53 :

Les femmes sont multi-tâches, elles vont directement à l'essentiel, elles n'ont pas le temps de s'attarder aux détails. Dans les difficultés, elles sont beaucoup plus positives, réactives et surtout tenaces. Autre qualité, une fois un objectif défini, elles ne dévient pas du chemin tracé. Elles n'ont en général pas d'affectif vis-à-vis de leur entreprise, ce qui leur permet d'être toujours objective et pragmatique.

Cnenno  a écrit le 12/10/2012 à 10:48 :

Une etude a diffuser pour aider a la visibilite systematique des femmes dans l economie.

simple citoyen  a écrit le 12/10/2012 à 8:37 :

Tout à fait sidérant de voir l'indigence logique de ces études sur commande, destinées à justifier les milliards investis par les états pour favoriser ce type de programmes. Les choses sont simples: favoriser la compétence. L'exemple ici est le suivant: des sociétés qui privilégient la compétence sont performantes. Ce n'est pas la présence de femmes per se, mais ce que l'embauche de celles-là dénote de la compétence et de la rigueur des responsables de ce sociétés. Enfin, quand on voit le nombre de programmes qui distordent la concurrence entre sociétés ayant des femmes ou des minorités dans leurs organes de direction (contrats réservés, initiatives publiques et privées, perception favorable des clients etc...), il serait tout de même étonnant qu'elles n'aient en moyenne pas de meilleurs résultats que leurs concurrents qui n'en bénéficient pas. Cet aspect est d'ailleurs un des critères de bonne gestion dans les secteurs où ces initiatives sont soutenues. CQFD. On atteint là les limites de la conception totalement manichéenne et pour tout dire détestable des zélateurs de tels procédés, qu'ils soient bureaucrates, étatistes ou militants en manque de subventions. Les seuls et uniques handicaps des femmes dans le monde de l'entreprise ne sont pas celui de leur compétence individuelle, mais ceux des éventuelles interruptions de carrière pour raisons familiales (ce qui est en train de changer par l'évolution naturelle des parcours actuels) et de plus en plus souvent, la difficulté de gérer des individus qui réclament au nom de leur "particularisme" un traitement qui est de fait anormal et en tout cas distinctif de l'ensemble, et vient poser de fait des problèmes d'équité. C'est l'activisme devenu modus operandi qui pose problème. Pas ce qui est revendiqué auquel il peut être accédé ou non. Lire par exemple l'article "Les femmes seraient-elles mal à l'aise avec le pouvoir ?" pour l'ouverture du Women's Forum, qui mettent par exemple en avant l'autoritarisme des hommes alors que les femmes seraient consensuelles, devient lassant et pour tout dire insultant pour l'intelligence minimum de ces colonnes.

taranis  a répondu le 03/01/2013 à 15:30:

Quel antiféminisme basique pour le grand intellectuel ouvert se prétendant plus fort que tous les journalistes de la Tribune. Bien sur que le Féminisme est de l activisme, et il est nécessaire pour mettre fin aux genres de propos que vous tenez ou seul la logique compte a faisant abstraction des structures sociétales et de tout humanisme en général.
Personne n est qu « une compétence » mais bien un individu avec ses défauts ses qualités, son sexe et sa culture. La femme à toute sa place dans le monde économique et la promotion et l encouragement permet de sauter les barrières érigées souvent inconsciemment pour protéger un vieux paternalisme. Avoir des enfants est une affaire de couple pourquoi serait-elle la seule affaire et comme vous prétendez un handicap des femmes. Le monde économique est qu une branche de notre société faites de citoyens et nous réclamons l articulation de la vie familiale / vie professionnelle car elle concerne les 2 sexes et ouvre la voie de la mixité. Je ne demande qu a vous croire, évidemment que les toutes les méthodes ne sont pas satisfaisantes, mais a qui la faute si ce n est à ceux qui systématiquement font passer les opprimées pour des assaillantes d un sanctuaire.
L émancipation des femmes est une révolution culturelle et comme toute révolution pacifique elle doit trouver sont chemin et je ne vois pas comment sans caricaturer le pouvoir dominant et en dénonçant et exagérant les traits une lutte politique peut aboutir. A vous de vous situer , beaucoup d entre nous restent des proies faciles , mais nous ne sommes pas non plus des anges car au bout du compte nous sommes égaux.

Truk  a écrit le 11/10/2012 à 22:27 :

Ces articles qui foisonnent sur l'implicite supériorité du beau sexe fleurent bon la discrimination. L'homme, qui plus est blanc, et de surcroît odieusement chrétien, voire - comble de provocation - hétérosexuel est la pire des créatures : n'est-ce pas là ce qu'on doit comprendre ? Un excès a toujours nourri son inverse...