Ce qu’il faut avoir en tête lorsqu’on veut une augmentation

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(Crédits : © Dado Ruvic / Reuters)
Comme en 2013, les augmentations de salaire ont été de 2,6% en moyenne en 2014, un résultat supérieur aux 2% annoncés en début d’année. Pour 2015, les entreprises se veulent encore prudentes et sept sur dix prévoient de mettre l’accent sur les hauts potentiels et les bas salaires. C’est ce qu’indique la dernière étude Deloitte sur les rémunérations individuelles. Derrière ces tendances, il y a un principe : une augmentation résulte d’une négociation. Rappel des fondamentaux.

L'entreprise accorde une augmentation si elle y a intérêt Vous avez des résultats, elle veut vous garder dans ses équipes et motivé. Faites donc le point sur « ce que vous avez fait pour améliorer votre performance et celle des autres », indique Sophie Aubard, cofondatrice de l'Institut du salarié. Les résultats ne suffisent pas, le savoir-être rentre énormément en ligne de compte.

Un comptable qui a simplifié les procédures et qui grâce à son excellent relationnel, récupère rapidement l'information dont il a besoin, a de bons arguments. De même qu'un directeur financier qui, de par ses fonctions, chapeaute plusieurs équipes, s'il sait démontrer que l'étendue de son action dépasse le périmètre initial de son poste et que son sens relationnel facilite la circulation de l'information. « Avoir un relationnel productif, dépasser le périmètre de son poste, raccourcir les délais, prendre des initiatives porteuses, parler anglais quand ce n'est pas incontournable dans son poste, savoir travailler en équipe sont de bons arguments », souligne-t-elle. Le respect de la confidentialité et la bonne humeur aussi.

L'entreprise accorde une augmentation si elle en a les moyens Il s'agit donc de vous intéresser non seulement à sa situation financière mais encore, à son fonctionnement. Sachez par exemple que dans les entreprises de plus de 50 salariés, l'employeur a une obligation de rendre des comptes. Cependant, « l'entreprise peut choisir d'investir dans l'innovation au lieu d'augmenter les meilleurs », pointe notre interlocutrice. L'augmentation n'est pas un dû.

Vous devez connaître votre valeur sur le marché Appuyez-vous sur des données concrètes, pensez à effectuer une étude de marché, en interne et en externe, grâce aux échanges avec vos pairs, aux études de rémunération des cabinets de recrutement, aux dossiers salaire de la presse, aux applications salaire téléchargeables sur votre smartphone.

À faire : être factuel, dire que vous appréciez votre travail - votre N+1 sera content de l'entendre -, expliquer en quoi une augmentation peut améliorer votre performance. « Le message à faire passer est que cette augmentation est un encouragement à progresser, l'amorce d'une trajectoire ascendante pour vous et l'entreprise », explique Sophie Aubard. - Un non pour réponse ? Demandez des explications rationnelles, faites part de votre déception et laissez la porte ouverte. « Prévenez que vous reviendrez prochainement sur ce sujet qui est important pour vous à plusieurs titres : votre crédibilité, une loyauté et des performances non reconnues, votre motivation : pourquoi en faire plus sans retour ? » - C'est gagné ? Remerciez votre N+1 et ceux qui sont intervenus indirectement en votre faveur. Avec vos collègues, soyez discret, vous pourriez faire des jaloux.

À ne pas faire : verser dans le chantage au départ si vous n'obtenez pas satisfaction, rabaisser vos collègues pour vous mettre en valeur, évoquer des problèmes financiers ou personnels. « Si vous êtes amené à comparer votre rémunération à celle d'un collègue, précisez que vous ne souhaitez pas polémiquer », recommande-t-elle. En cas de refus, évitez les réactions de dépit du style « puisque c'est comme ça ».

Pour rappel : vous pouvez aussi négocier la mise en place d'un variable, une formation qualifiante, une voiture de fonction, une réduction du temps de travail, la prise en charge de votre téléphone et de son forfait si ce n'est déjà fait, le versement d'une prime exceptionnelle. Partez du principe que si vous ne demandez pas, vous n'aurez pas et passerez peut-être pour quelqu'un qui se contente de ce qu'il a. « Mais une prime est oubliée au bout de six mois alors qu'avec une formation, on enrichit son capital professionnel. Une prime c'est du consommable », pointe Sophie Aubard. Vous le savez bien, la meilleure augmentation, c'est la reconnaissance.

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