France : la crise accouche d'une baisse des naissances

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Les naissances sont passées de 802.000 en 2010 à 747.000 en 2016 en France.
Les naissances sont passées de 802.000 en 2010 à 747.000 en 2016 en France. (Crédits : Reuters/Michaela Rehle)
[Graphiques] Le nombre de naissance a fortement chuté entre 2014 et 2016 en France selon l'Institut national d'études démographiques (Ined). Les incertitudes liées à la crise et au chômage sont les principaux facteurs avancés par Gilles Pison directeur de recherches à l’Ined et rédacteur en chef de la revue Population et Sociétés pour expliquer la modification du calendrier des naissances.

La population française est estimée à 64,9 millions d'habitants au premier janvier 2017 auxquels il faut ajouter 2,1 millions d'habitants des départements d'outre-Mer. Ce qui correspond à un total de 67 millions d'habitants. Si la population a continué d'augmenter en 2016 (+255.000 habitants), ce n'est pas le cas des naissances, en baisse selon une étude de l'Institut national d'études démographiques publiée ce 8 mars.

 Champ géographique : France métropolitaine.

Une baisse inquiétante des naissances

D'après le document de l'Ined, le nombre de naissances baisse régulièrement depuis plusieurs années "sous l'effet de la diminution du nombre de femmes en âge d'avoir des enfants et de la baisse de l'indicateur conjoncturel de fécondité : 1,97 enfant par femme en 2014, 1,92 en 2015 et 1,89 en 2016". A partir des données mises en ligne par l'Insee, on peut ainsi remarquer que le nombre de naissances est passé de 802.224 en 2010 à 747.000 en 2016. Quant au solde naturel (*), il est également en baisse constante depuis 2010 même s'il reste largement positif contrairement à l'Allemagne.

 [Gaphique interactif] Vous pouvez changer d'indicateur grâce au sélecteur situé en haut à droite du graphique.

Par ailleurs, l'âge moyen des femmes au moment de la naissance du premier enfant a tendance à augmenter. Il était en moyenne de 30,5 ans en 2017. Il y a 40 ans, l'âge moyen était fixé à 26,5 ans comme l'illustre le graphique ci-dessous.

Une baisse de la fécondité liée à la crise et à la crainte du chômage

D'après les auteurs de la note de l'Ined, la baisse du nombre d'enfants était attendue depuis longtemps par les analystes. Les facteurs évoqués par les spécialistes pour expliquer cette diminution reposent sur l'incertitude suscitée "par la crise économique et la montée du chômage".

Des baisses comparables se sont également produites dans les pays développés comme par exemple aux Etats-Unis où l'indicateur de fécondité (nombre d'enfants par femme) qui s'élevait à 2,12 enfants par femme au début de la crise en 2007 a reculé à 1,8 enfant en 2014. Au Royaume-Uni, cet indicateur a également connu une baisse passant de 1,86 enfant en 2007 à 1,83 enfant en 2014. De même pour l'Union européenne qui a connu une baisse passant de 1,6 enfant en 2009 à à 1,54 en 2014 selon les données de la Banque mondiale.

La France ne fait donc pas exception parmi les pays développés. Pour les démographes, cette baisse "est plus modeste qu'ailleurs" et surtout, elle est apparue plus tardivement. Pour expliquer ce décalage, l'institut avance que "les effets de la récession économique se sont faits sentir plus tard en raison des politiques sociales et familiales qui ont amorti le choc de la crise; sachant que le chômage a par ailleurs continué de progresser ces dernières années alors qu'il régressait ailleurs".

Quelles perspectives pour la fécondité ?

Les démographes et chercheurs qui ont étudié les récessions dans les pays développés au cours des récentes décennies indiquent "qu'elles n'ont guère d'effets sur le nombre final d'enfants des générations : elles modifient seulement le calendrier des naissances". En d'autres termes, cela signifie qu'une partie des couples a décalé leur projet de faire des enfants. Pour Gilles Pisson, "la diminution du chômage, si elle se confirmait, devrait être suivie d'un arrêt de la baisse de la fécondité, voire sa remontée".

Une espérance de vie à la naissance en légère hausse

L'autre indicateur fortement observé concerne l'espérance de vie à la naissance qui a fortement augmenté en 2016 après avoir reculé en 2015. L'espérance de vie pour les hommes a atteint 79,4 ans et 85,4 ans pour les femmes en 2016 contre 79 ans et 85,1 ans en 2015. Comme les effets de la grippe saisonnière varie fortement d'une année à l'autre, il est difficile pour les experts de "dégager une tendance claire claire de l'espérance de vie". Les auteurs de la note indiquent néanmoins que son rythme de progression a tendance à ralentir depuis 2012.

(*) Le solde naturel (ou accroissement naturel ou excédent naturel de population) est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d'une période.

>> Lire aussi : L'Allemagne connaît un boom des naissances dû aux étrangers

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Commentaires
a écrit le 09/03/2017 à 9:15 :
excellent nouvelle contrairement a ce que dit l article. moins de bebe aujourd hui c est la possibilite de consacrer plus de ressources par enfant a moyen constant (pas sur, il y a le risque de prendre l argent pour caliner les vieux a coup de Pinel et remboursement de cures) et dans 20 ans moins de chomeurs et moins de surpopulation (et une baisse de l immobilier cher a nos papy boomers)
Réponse de le 09/03/2017 à 16:08 :
@cd: commentaire béotien dans la mesure où 1) "les vieux" n'emportent pas leurs biens avec eux et donc ton argument sur "les papy boomers" ne tient pas la route. 2) "Moins de bébés" ? Rien n'est moins sûr, car le taux d'immigration en France est fort et pourrait bien pallier la baisse de la fécondité française :-)
a écrit le 09/03/2017 à 8:31 :
La jeunesse d'aujourd'hui, a beaucoup plus conscience que mettre un enfant au monde, c'est le condamné à une mort certaine dans des souffrances atroces . Si l'on commençait par la vieillesse et son lot de pathologies handicapantes et douloureuses aussi bien physiques que mentales, beaucoup ne feraient pas d'enfant par compassion.
Il n'y a cas regarder la vie animale pour ce rendre contre de ça cruauté de la vie sur terre. Des exemples tout simple: mettez vous à la place de ces poissons pêchés qui s'asphyxient sur la cale d'un bateau, du homard que le cuisinier ébouillante vivant, du Lyon qui tue le faon d'une gazelle, les guerres, les famines et actuellement d'Aech, etc.
Réponse de le 09/03/2017 à 11:06 :
Suicidez-vous vu votre optimisme et votre joie de vivre
Réponse de le 09/03/2017 à 11:08 :
Oui, vous avez raison. Les bb gazelles tuees pres de la gare, c'est assez insoutenable.
Vous etes un optimiste vous.
Réponse de le 09/03/2017 à 18:02 :
Quelle joie de vivre ! Et bien moi j'ai 4 enfants, et je considère que je vis dans un pays développé, extraordinaire, qu'ils vont ainsi bénéficier d'une éducation de qualité, de valeurs profondément humanistes.
Et ils vont donc participer à la progression du genre humain, et pourront aider ceux qui n'ont pas la chance de naitre et de vivre dans un environnement aussi favorable que celui que nous leurs offrons.
La mort n'a jamais été drôle, aujourd'hui, comme avant. Si la mort est aussi cruelle aujourd'hui, c'est avant tout parceque la vie est belle !
a écrit le 09/03/2017 à 7:59 :
Le contexte économique est une explication trop facile. Pourquoi ne pas parler des perturbateurs endocrinien qui influencent le développement sexuel ? Pourquoi ne pas parler non plus de la prise de conscience qu'une nouvelle guerre mondiale semble se préparer, au regard du soudain surarmement ?
Réponse de le 09/03/2017 à 11:11 :
Quand j'etais gosse deja, on parlait du peril chinois. Peu apres il fut question de la conflagration urss /usa. Ceci durant 50 annees.
Alors une troisieme bientot ?
Prenez un calmant.
Réponse de le 09/03/2017 à 18:10 :
Parcequ'il n'y a aucun rapport entre la natalité et les perturbateurs endocriniens.
Pour faire un enfant, il faut d'abord arrêter la contraception, c'est aujourd'hui un acte volontaire que d'avoir un enfant. Effectivement, dans quelques cas, la grossesse peut être difficile, mais la médecine a tout un tas de parade qui fonctionnent. Et il y a toujours eu des couples inféconds.
Je plains très sincèrement les couples en désir d'enfant et qui n'en n'ont pas, mais leur proportion est marginale.
Quant à la peur de la guerre mondiale, cela fait bien longtemps qu'on vit avec. (Le baby boom a commencé pendant la 2ème GM)
a écrit le 08/03/2017 à 22:44 :
Tant que le solde naturel est positif, tout va bien. Il n'a pas besoin d'atteindre des sommets, nous avons déjà une densité suffisante, pourquoi vouloir être de plus en plus nombreux ?
Réponse de le 09/03/2017 à 7:53 :
Parce que notre système économique a donné une valeur marchande à la vie humaine. Chaque être humain est considéré comme une source de création de richesse. Plus un pays possède de main d'oeuvre, plus il est riche. La baisse de la natalité n'est pas bon pour le portefeuille de nos élites. Il s mettent de coté le fait que chaque être humain est aussi une source de pollution...
a écrit le 08/03/2017 à 21:40 :
Un grand merci aux deux ploutocrates Macron/Berger qui par leur acharnement dans leur politique anti-famille ont significativement contribué à cette baisse de la natalité. Un grand merci également au Parti Socialiste dont l'objectif n'est plus la justice sociale, à travers la mise en place d'une taxation à juste proportion des moyens de chacun, mais la satisfaction de petites vengeances personnelles. Pour mémoire, le refus par l'assemblée nationale d'un amendement d'un député UDI visant à élargir l'assiette de l'ISF aux œuvres d'art alors qu'au même moment était votée la baisse des allocations familiales.
Réponse de le 09/03/2017 à 8:25 :
Vous avez lu l article ou bien? C est un phénomène général dans les pays développés,.
Réponse de le 09/03/2017 à 15:39 :
Depuis le 1er juillet 2015, date de la mise en œuvre de la modulation des allocations familiales selon les revenus, 455.100 allocataires ont été impactés sur environ 5 millions. Soit 9,3% du total des bénéficiaires des allocations familiales, selon un bilan d'étape que vient de publier la Caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf).
Le Royaume-Uni a modulé les allocations familiales en fonction du revenu, à raison de 1% de baisse pour chaque tranche de 100 livres. Elles ont même été supprimées au-delà de 60.000 livres de revenu annuel. Cette suppression a touché 15% des ménages britanniques et sans les socialites comme quoi.La même modulation des allocations familiale a été pratiquée au Danemark (mais la réforme a été de moindre ampleur) ou en Lituanie. La République tchèque a de son côté introduit des conditions de ressources pour l'attribution de la prime de naissance. Quant à l'Allemagne, elle a réduit l'indemnisation du congé parental pour les revenus supérieurs à 1240 euros par mois... Elle majorait déjà les allocations familiales pour les bas revenus.
D'autres pays ont carrément supprimé certaines aides accordées dans le cadre de la politique familiale: l'Espagne, qui souffre pourtant d'un faible taux de fécondité, a supprimé la prime de naissance, comme le Royaume-Uni et la République tchèque pour le premier enfant. Quant à l'Irlande, elle a réduit le montant des allocations familiales de 7%, comme la République tchèque.
a écrit le 08/03/2017 à 19:22 :
tant mieux déja 9 milliards sur cette planète :))
a écrit le 08/03/2017 à 19:13 :
La politique familiale néfaste des 7 dernières années n'est pas étrangère à cette baisse de natalité
a écrit le 08/03/2017 à 18:25 :
Je ne suis pas d'un optimisme délirant mais comme vous êtes pessimiste! La vie est un cycle et tout cela ne se regarde pas à l'aulne de notre petite vie personnelle.
J'ai fait 3 enfants et je ne pense pas être "insouciante". Mon avenir, mon bonheur, ce sont mes enfants, les voir grandir, se construire, devenir adultes, citoyens du monde et pas seulement de mon pays, voir qu'ils sont plein de ressource et qu'ils savent s'adapter à ce monde certes pas facile. Mais grandir pendant la guerre chez nous ou ailleurs était il plus facile? Et pourtant le cycle s'est poursuivi. Je n'aurais aucun plaisir à ne vivre que pour moi, sans autre direction, simplement dans la crainte.
Je n'ai pas peur de notre monde actuel et pourtant nous n'avons pas été épargnés à titre personnel. Nous nous adapterons et notre fin de viendra pas du chômage, des migrants ou autres périls. Simplement de notre égoïsme, de notre repliement, de notre terre que nous maltraitons aussi. La nature reprend toujours ses droits.
Réponse de le 09/03/2017 à 11:15 :
Votre message est plein de bon sens.
Réponse de le 09/03/2017 à 16:04 :
"Mais grandir pendant la guerre chez nous ou ailleurs était il plus facile?"

Vu les enquêtes sur le sujet ,juste après-guerre on s'en sort bien ensuite en France.
a écrit le 08/03/2017 à 18:08 :
La crise est là depuis longtemps, elle n'avait pas affecté les naissances jusqu'à récemment. Cette baisse est concomitante de la modification profonde de la politique familiale ces dernières années (baisse du quotient familial, modulation des allocations familiales en fonction des ressources). Il serait intéressant d'analyser l'évolution des naissances en fonction du profil économique / revenu : il est probable que les classes moyennes supérieures soient les plus impactées.
a écrit le 08/03/2017 à 17:50 :
"par la crise économique et la montée du chômage".

Est-ce que cela concerne toute les classes sociales cette baisse ou juste ceux concernés
par la crise économique et la montée du chômage ? , parce qu"en plus ils viennent d'apprendre que les robots arrivent à grande vitesse pour prendre la place.
a écrit le 08/03/2017 à 17:17 :
Cette baisse est d'un côté rassurante concernant l'état d’esprit de nos compatriotes qui voient bien que la société va de mal en pis et que l'avenir des enfants non oligarques se rétréci de jours en jours, par contre, cela va retirer des parents compétents, responsables et aimants.

Les couples que je connais qui ont décidé de ne pas avoir d'enfants sont bien souvent ceux qui auraient fait d'excellents parents mais comment ne pas rejoindre leurs craintes avec un chômage endémique, une baisse de pouvoir d'achat permanente et des conditions de travail de plus en plus draconiennes ?

Faire des enfants actuellement, dans notre société peut être taxée d’égoïsme oui je pense, en tout cas d'insouciance. Ou une énième conséquence de l'échec de tout un système.
Réponse de le 09/03/2017 à 9:42 :
Vous faites réellement une fixette sur moi cela devient évident.

Vous n'avez rien compris à mon commentaire, je ne sais pas si c'est volontaire ou non, en tout cas votre cas est désespérant arrêtez de me pourchasser je vous prie.

JE signale votre trollage flagrant.
Réponse de le 09/03/2017 à 18:15 :
Pourquoi Citoyen Blasé ? Moi je dirai plutôt desespéré.
La Vie Est Belle
Réponse de le 10/03/2017 à 9:38 :
"Pourquoi Citoyen Blasé ? Moi je dirai plutôt desespéré."

Et bien vous faites comme vous voulez ne m'intégrez pas dans vos impressions je vous prie c'est immature à souhait et d'aucun intérêt, vous êtes désespéré et moi blasé donc.

Arrêtez d'essayer d'englober les autres au sein de vos ressentiments, assumez ce que vous êtes vous deviendrez un bien meilleur commentateur, merci.

Sinon vous vouliez dire quelque chose en rapport avec le sujet ou mon commentaire ou bien vous aviez juste besoin d'expulser votre impuissance à commenter ?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

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