La Tribune

Alcatel-Lucent s'attaque à la consommation électrique des réseaux

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L'équipementier réunit quatorze partenaires au sein du consortium « Green Touch ».

Alcatel-Lucent, porteur de la « Green Touch » dans les télécoms. Ben Verwaayen, le directeur général de l'équipementier, a lancé lundi à Londres une initiative visant à réduire par 1.000 la consommation électrique des réseaux de télécommunications, fixe et mobile, dans le monde. En sus du groupe franco-américain, l'initiative lancée par les « Bell Labs » d'Alcatel-Lucent réunit quatorze autres partenaires, opérateurs de télécoms (China Mobile, Telefonica, AT&Tmp;T, Swisscom et Portugal Telecom), groupes d'électronique (Freescale, Samsung) et centres de recherche (Inria et Leti-CEA, Massachusetts Institute of Technology, universités de Melbourne ou de Stanford) au sein du plus grand consortium de ce genre dans le secteur.

« Nous sommes partis d'une question simple. Quel est le minimum d'énergie dont ont besoin les réseaux de télécoms pour fonctionner ? Après étude, 10.000 fois moins que leur consommation actuelle », explique Gee Rittenhouse, directeur de la recherche chez Alcatel-Lucent.

Objectif sur cinq ans

La théorie divergeant parfois de la réalité, le consortium s'est fixé comme objectif de diviser au moins par 1.000 la consommation énergétique des réseaux d'ici cinq ans. « Nous savons que c'est possible », assure Gee Rittenhouse. Comment ? « En repensant totalement la façon dont nous concevons les réseaux », répond le responsable de la recherche d'Alcatel-Lucent. Actuellement, les réseaux de télécommunications émettent 300 millions de tonnes de CO2, soit autant que 20 % du parc de voitures américaines. Ce nouveau réseau permettrait d'économiser autant de CO2 que pourrait en absorber une forêt de la taille de la Grande-Bretagne. Interrogé sur le montant investi par Alcatel-Lucent, Ben Verwaayen n'a pas donné de chiffre.

Le consortium est ouvert à d'autres équipementiers en télécoms, indique Alcatel-Lucent. Ces derniers suivront-ils, alors que les perspectives financières rendent le marché des « télécoms vertes » déjà très concurrentiel ? Tous les grands groupes du secteur se sont lancés depuis quelques mois sur ce créneau estimé à plus de 100 milliards de dollars, poussés notamment par les opérateurs qui demandent des appareils moins gourmands. Environ 40 % à 70 % de leur facture énergétique provient aujourd'hui en effet de la seule consommation électrique de leurs équipements. Olivier Pinaud, à Londres

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