En Bretagne, la première COP régionale sur la transition écologique

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Ces rencontres ont aussi mis en lumière que la transition ne sera réussie que si les citoyens se sentent concernés et agissent.
Ces rencontres ont aussi mis en lumière que la transition ne sera réussie que si les citoyens se sentent concernés et agissent. (Crédits : Thomas Brégardis - Region Bretagne.)
La région Bretagne a réuni 700 acteurs socio-économiques au lancement de la première réplique régionale de la COP 21, la conférence de Paris sur le climat. Cette journée baptisée « Carrefour des transitions » et dédiée aux enjeux de transition écologique et énergétique avait pour objectif de mobiliser autour d'un projet fédérateur. Un cahier des engagements, accessible aux habitants, sera ouvert fin 2017 et des actions concrètes engagées en 2018.

L'un des plus grands méthaniseurs de l'Ouest a récemment été inauguré à Quimper (Finistère). Son utilité : transformer les déchets agricoles et agro-alimentaires en énergie. Avec le poids de l'agriculture et de l'agro-alimentaire dans son économie, la Bretagne affirme avoir une carte à jouer avec ce processus de fermentation qui transforme lisier, boue ou ordures ménagères en biogaz. Et elle veut aller plus loin. Le traitement des déchets et leur transformation en ressource font partie des enjeux de la transition écologique et énergétique sur lesquels la région veut monter en puissance. Cette thématique du développement de l'économie circulaire était d'ailleurs au cœur des débats qui se sont tenus à Saint-Malo lors du lancement de la COP BZH.

Baptisée « Carrefour des transitions », cette première réplique régionale de la COP 21, la conférence de Paris sur le climat organisée en décembre 2015, a pour but de « bâtir un projet global et fédérateur, qui s'inspire de la méthode de la COP21 pour aboutir à des engagements concrets », selon les mots de Jean-Yves Le Drian, le président de la région. D'ici à fin 2017-début 2018, un cahier d'engagement sera ouvert. Accessible aux citoyens, il proposera des actions concrètes.

En accueillant un peu plus de 700 acteurs socio-économiques (élus, associations, militants, experts...), la COP BZH veut mobiliser à terme l'ensemble des Bretons. En termes de défense de l'environnement, depuis la lutte contre les marées noires à la bataille sur la qualité de l'eau ou la question des algues vertes, la Bretagne s'est déjà pas mal bougée.

« Nous souhaitons dire comment la Bretagne peut contribuer à ce mouvement de prise en considération de la transition écologique et de la question environnementale, explique Thierry Burlot, vice-président de la région Bretagne à l'environnement, la biodiversité et aux déchets et artisan de cette démarche. Au fil de son histoire, la Bretagne a beaucoup souffert médiatiquement sur les questions de qualité de l'eau et des algues vertes. Elle a su mobiliser les élus, les agriculteurs, les associations et est aujourd'hui la seule région d'Europe à être sortie des contentieux. Ce qu'on a fait sur l'eau, il faut le faire sur les déchets, l'énergie et les transports. »

Penser global, agir local et collectivement

De très bonne facture et très instructifs, les tables rondes et les ateliers de ce  « Carrefour des transitions » ont donc balayé toutes les thématiques liées au développement durable : énergies renouvelables, reconquête de la qualité de l'eau, protection et valorisation des espaces naturels, biodiversité et développement de l'économie circulaire, progrès technologiques.

La Bretagne est déjà engagée dans la transition écologique et énergétique. Le développement des énergies marines se traduit notamment par la préparation d'un parc d'éoliennes off-shore en baie de Saint-Brieuc et l'hydrolienne Sabella repartira au printemps 2017 pour réinjecter sa production sur le réseau de l'île d'Ouessant.

Ces rencontres ont aussi mis en lumière que la transition ne sera réussie que si les citoyens se sentent concernés et agissent. La région compte sur son tissu de 60.000 associations pour faire bouger les lignes collectivement. D'ici au second trimestre 2018, les Bretonnes et les Bretons seront appelés à prendre part au projet.

« La Bretagne fourmille d'initiatives locales, d'expérimentations, de projets concrets, assure Thierry Burlot. Il nous faut aujourd'hui donner plus d'ampleur et de cohérence au mouvement et le porter collectivement. L'ADN du territoire, c'est aussi son patrimoine naturel exceptionnel. C'est une force. »

En diffusant « une pédagogie de l'optimisme et de l'engagement », cette COP BZH veut accélérer une dynamique existante à laquelle les participants à la journée de jeudi se sont montrés réceptifs, y compris les entrepreneurs. Loïc Hénaff, le P-dg du groupe éponyme était lui-même à Saint-Malo.

Au cours de cette journée, les 11e Trophées du développement durable, organisés en lien avec l'ADEME, ont récompensé cinq porteurs de projets, dont la SCOP rennaise Toutenvélo dédiée au transport vélo+remorque en centre-ville. Courses, livraisons, et même déménagements : cette coopérative promeut les moyens de transport décarbonés et s'est déjà implantée à Rouen, Grenoble, et sera bientôt à Lille.

Bref, le « Carrefour des transitions » n'a pas vocation à se transformer en une vilaine usine à gaz, et les annonces de jeudi à rester des paroles en l'air. A suivre.

Par Pascale Paoli-Lebailly

@pplmedia35

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