Les départements franciliens veulent une métropole à l'échelle de la région

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Hôte de l'événement, le très en verve patron (LR) des Yvelines Pierre Bédier s'est vite agacé du flou institutionnel qui règne : « On joue avec nos collectivités ! Ce sera à nous qu'il reviendra de mettre en œuvre. Ce sera à vous, entreprises et citoyens, de payer les coûts. Que l'on fiche la paix à nos communes et intercos rendues financièrement exsangues ! »
Hôte de l'événement, le très en verve patron (LR) des Yvelines Pierre Bédier s'est vite agacé du flou institutionnel qui règne : « On joue avec nos collectivités ! Ce sera à nous qu'il reviendra de mettre en œuvre. Ce sera à vous, entreprises et citoyens, de payer les coûts. Que l'on fiche la paix à nos communes et intercos rendues financièrement exsangues ! » (Crédits : Nicolas Duprey / via Flickr)
Invités à Versailles par Pierre Bédier, président (LR) du conseil départemental des Yvelines, les patrons de petite et grande couronnes, sans oublier le président du Sénat et la présidente de la région, ont plaidé, le 17 octobre 2017, pour une métropole à l'échelle de l'Île-de-France.

Ils n'en démordent pas. Une semaine après leur conférence de presse commune au siège de l'Assemblée des départements de France (ADF) le 10 octobre 2017, les présidents des conseils départementaux de petite et grande couronnes se sont, cette fois, réunis au palais des congrès de Versailles le 17 octobre 2017 pour exiger une métropole francilienne.

Hôte de l'événement, le très en verve patron (LR) des Yvelines Pierre Bédier s'est vite agacé du flou institutionnel qui règne :

« On joue avec nos collectivités ! Ce sera à nous qu'il reviendra de mettre en œuvre. Ce sera à vous, entreprises et citoyens, de payer les coûts. Que l'on fiche la paix à nos communes et intercos rendues financièrement exsangues ! »

Invitant l'État à venir débattre :

« Si la métropole qu'on nous proposera ressemble à une métropole à l'échelle de la région, nous serons là pour la soutenir. En revanche, mettre le bazar pendant dix ans et accoucher d'une métropole riquiqui, nous nous battrons contre l'absurdité et l'arbitraire. »

Arracher Roissy ou Saclay, « un hold-up contre l'ensemble de la région »

Gérard Larcher débarque au pupitre dans cette ambiance électrique :

« Comme élu des Yvelines et comme président du Sénat, nous devons assumer notre rôle de capitale-monde. Un tel projet ne peut être parcellaire, mais doit englober l'ensemble de l'Île-de-France. Un projet qui arracherait Roissy ou Saclay serait un hold-up contre l'ensemble de la région. »

Juste après, la présidente du conseil régional Valérie Pécresse affirme, dans une vidéo enregistrée, « soutenir le combat pour démontrer qu'il n'y a pas de frontière pertinente entre la petite et la grande couronne » :

« Ce projet serait une aberration d'enserrer la petite couronne dans une métropole riquiqui. Le vrai Grand Paris est à l'échelle de l'Île-de-France. »

Sur scène, son vice-président Stéphane Beaudet, président de l'Association des maires d'Île-de-France, en rajoute une couche :

« On ne peut pas construire la métropole sans les territoires. On nous demande de construire 70.000 logements par an et on nous enlève des moyens pour construire des équipements publics ! »

« Un cadeau empoisonné laissé par François Hollande ! » (Devedjian)

Avec le président François Durovray, la tribune reste l'apanage des Essonniens :

« Le nouveau pouvoir, qui ne connaît absolument rien aux collectivités, entend tout chambouler. Ils nous ont rincés, mis K0, mais nous sommes debouts et déterminés à agir. La bonne maille et la bonne taille, c'est l'Île-de-France ! La métropole, dans sa version rabougrie, serait quinze fois plus petite et deux fois moins peuplée que le Grand Londres. »

Le Seine-et-Marnais Jean-Jacques Barbaux appelle, lui, à « inventer l'Île-de-France de demain avec une métropole d'envergure mondiale, prospère, innovante et attractive qui associe l'ensemble des élus des territoires, des plus petits aux plus grands, pour créer une véritable adhésion », redoutant « une métropole qui absorberait Roissy ou Disney, ce qui mettrait un frein à la croissance économique du 77 ».

Enfin, c'est Patrick Devedjian qui est invité à conclure le débat, et, lui non plus, ne mâche pas ses mots :

«La métropole est un cadeau empoisonné laissé par François Hollande ! On reçoit toute la journée des leçons de l'État, mais qui a créé cinq strates si ce n'est lui ? Qui a le pire déséquilibre depuis quarante ans ? Nous voulons une métropole attractive qui rayonne à l'international. La métropole d'aujourd'hui n'a même pas le tourisme... Dotez-la de compétences stratégiques ! »

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