Pumpkin, la start-up qui facilite les remboursements entre amis

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Habitués aux échanges sur les réseaux sociaux, les fondateurs de Pumpkin ont eu l'idée d'enrichir les transferts d'argents par une expérience communautaire.
Habitués aux échanges sur les réseaux sociaux, les fondateurs de Pumpkin ont eu l'idée d'enrichir les transferts d'argents par une expérience communautaire. (Crédits : Reuters)
Avec son application mobile, les transferts d’argent sont gratuits et immédiats entre proches. Créée par trois jeunes à Euratechnologies, la start-up vise le marché européen. Son service a déjà séduit plus de 1 500 personnes, un mois seulement après son lancement.

Qui n'a jamais pesté contre le temps perdu au moment de partager le paiement d'un repas entre collègues ? Qui aime collecter l'argent auprès de ses proches en vue d'acheter un cadeau collectif ? Qui n'a jamais été embarrassé au moment de réclamer le remboursement d'une avance faite à des amis pour la réservation d'un concert, d'une salle de sport ou d'un week-end de ski ? Personne ou presque. Surtout dans les pays latins où parler d'argent reste tabou. « Notre application décomplexe l'échange d'argent entre proches ». Cette affirmation d'Hugo Sallé de Chou, l'un des trois fondateurs de Pumpkin, résume l'intérêt de l'application lancée début septembre 2014 par sa start-up.

Une commission sur les transactions

Après l'avoir téléchargé gratuitement sur son I'Phone ou son Androïd, il suffit de créer un compte, d'y associer un porte-monnaie électronique et de le connecter à un compte bancaire via une carte de paiement. Inutile de recharger à l'avance ce porte-monnaie virtuel. Il se remplit avec l'argent remboursé par les proches. S'il est vide, les sommes à rendre sont prélevées automatiquement sur le compte bancaire. Les aspects réglementaires sont gérés dans le cadre d'un partenariat avec Mangopay, un émetteur de monnaie électronique prestataire de nombreux sites de l'économie collective. Hugo Sallé de Chou précise :

« Durant les deux premiers mois de lancement, l'application et son usage seront gratuits. Nous envisageons d'instaurer ensuite une commission par transaction et par utilisateur. Ce dernier pourra y échapper en activant sa communauté. Nous voulons également travailler avec des sponsors qui pourraient prendre en charge cette commission. Nous le faisons déjà avec Ouistock »

 
Habitués aux échanges sur les réseaux sociaux, les fondateurs de Pumpkin ont eu l'idée d'enrichir les transferts d'argents par une expérience communautaire qui permet aux utilisateurs de partager entre eux des commentaires associés à leur transaction. L'occasion de remercier, de se rappeler les bons moments passés ensemble la veille ou de lancer une invitation.

A la recherche de fonds

En un mois, plus d'un millier de personnes ont téléchargée l'application et l'utilisent régulièrement. L'objectif est d'atteindre 100 000 utilisateurs l'été prochain avant de viser le marché européen. Cibler la génération Y habituée à faire partager ses bons plans sur les réseaux sociaux aidera à le réaliser. Mais il faut faire vite. C'est là tout l'enjeu sur ce type d'application mobile gratuite visant les particuliers. Pas question de se contenter du bouche-à-oreille.

« Nous sensibilisons les fans à s'investir auprès de leur communauté pour diffuser notre application. En tant qu'ambassadeurs, ils bénéficient de certains avantages. Et nous avons lancé un plan média sur Facebook, Youtube et Dailymotion »

La start-up a été créée officiellement le 10 octobre 2014, après le lancement de son application. Elle cherche à lever 200 000 euros en fonds d'amorçage auprès de financeurs capables d'orienter la stratégie de l'entreprise. Une deuxième levée de fond d'environ 1,5 million d'euros est programmée l'été prochain pour accélérer le développement.

Des parcours complémentaires

Hébergée à Euratechnologies, Pumpkin compte aujourd'hui cinq personnes y compris les trois fondateurs. Tout vient d'une idée rapportée d'expériences vécues par Hugo Sallé de Chou et Constantin Wolfrom lors de leur année de césure effectuée à l'étranger dans le cadre du cursus de l'Edhec. Le premier avait expérimenté ce type d'échanges d'argent sur mobile à San Francisco alors qu'il travaillait chez Dailymotion.

Recruté comme consultant, le second avait vu au Kenya puis au Tchad des travailleurs recevoir leur salaire directement sur le compte de leur opérateur téléphonique, peu d'entre eux ayant de compte bancaire. Cette expérience commune de paiement mobile les a rapproché de retour à Lille. Il leur restait un an d'école avant d'obtenir leur Master 2. Ils ont mené leur projet d'entreprise en parallèle. Mais il leur manquait les compétences d'un informaticien capable de développer l'application sur mobile.

La rencontre avec Victor Lennel s'est faite en novembre 2013 lors d'un startup week-end organisé à Euratechnologies. Intéressé par leur projet, ce site dédié au numérique a accueilli les trois associés dans son incubateur dès janvier 2014. Victor Lennel connaissait bien les lieux pour y avoir déjà travaillé. Entre autres chez Adictiz, la Pme à l'origine du fameux jeu Paf Le Chien. Aujourd'hui, ils sont sortis de l'incubateur et ont intégré l'accélérateur d'Euratechnologies, un dispositif qui va les accompagner durant les cinq prochaines années.

Lillois jusqu'au bout

« Constantin et moi sommes de Paris. Nous ne pensions pas rester à Lille après avoir terminé nos études. Mais nous avons bénéficié ici d'un très bon accompagnement pour créer notre entreprise. Etre à Euratechnologies nous donne beaucoup de visibilité et nous y rencontrons des mentors qui nous font profiter de leur expérience ».

Hugo Sallé de Chou n'envisage pas de partir ailleurs. Pour le moment du moins. C'est là d'ailleurs que Pumpkin a rencontré son premier sponsor Ouistock, une startup qui s'est lancée dans la location d'espaces de stockages entre particuliers. Ça fourmille d'idées à Lille.

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Commentaires
a écrit le 16/10/2014 à 22:53 :
Quid de Lydia qui existe depuis des mois et qui fait exactement la même chose?
a écrit le 14/10/2014 à 18:01 :
Perso, je considère que si je n'ai plus à me déplacer jusqu'au distributeur, puis à me débrouiller pour avoir pile poil la monnaie pour rembourser un ami (ce qui peut être franchement compliqué), alors je considère qu'il y bien un "service à valeur ajoutée". S'il y a service, il y a rémunération de ce service. Logique !

En plus, si dans l'autre sens je peux récupérer plus facilement/rapidement de l'argent qu'on me doit.. alors là je suis carrement preneur !!

Reste à tester ;)
Réponse de le 14/10/2014 à 18:49 :
les virements ca existe depuis des années et c'est gratuit.
pas specialement besoin d'appli suplementaire pour ce service..
a écrit le 14/10/2014 à 13:55 :
"Nous envisageons d'instaurer ensuite une commission par transaction et par utilisateur."
comment rembourser un ami en payant un tiers, une belle appli ca!
un remboursement entre amis, comme son nom l'indique, il n'y a pas d'intermediaire.

qui irait investir dans ce genre d'appli, il faut etre fou pour croire que la communauté fonctionnera sur ce principe.. bon courage à ces trois jeunes, mais cela semble une mauvaise idée de premier abord, il va falloir un bon commercial pour vendre l'idée..
Réponse de le 16/10/2014 à 15:29 :
Au lieu de faire de la mauvaise pub pour cette application qui arrange tout autant le consommateur (je ne sais pas dans quel monde vivez-vous, mais perso je n'ai jamais fait un virement de 5 € à part à un pote relou qui me réclamait sans cesse ces 5€ en question, ou bien plus d'échange de monnaie au centime près pour les apothicaires), mais aussi le restaurateur par exemple qui n'aura plus a diviser une note de 16€ en 8 pour 8 cafés, je trouve plus intelligent de les encourager et de leur donner des idées
- intégration d'un système tricount
- intégration d'un système de notifications de remboursement - la personne qui doit se faire rembourser ne passe plus pour le relou/radin de service.

Merci pour le développement de ce système, je vais rapidement le tester.
Réponse de le 11/12/2014 à 15:33 :
Lydia c'est carrément top. Et c'est déjà utilisé par les taxis, les caféterias etc.

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