Quand des startups s’invitent à Matignon

 |   |  577  mots
Les jeunes pousses investissent les salons dorés de la République (Manuel Valls, Axelle Lemaire, Thierry Mandon au 1er rang à droite, Xavier Niel au 2eme rang).
Les jeunes pousses investissent les salons dorés de la République (Manuel Valls, Axelle Lemaire, Thierry Mandon au 1er rang à droite, Xavier Niel au 2eme rang). (Crédits : Benoit Granier / Matignon)
Le Premier ministre Manuel Valls a accueilli six jeunes pousses françaises jeudi soir, à l’initiative de la secrétaire d’Etat au Numérique, Axelle Lemaire.

Coup de jeune à Matignon jeudi soir. Une dizaine de startuppers a investi les lieux à l'occasion de la troisième édition du « jeudigital », une initiative de la secrétaire d'Etat au Numérique, Axelle Lemaire, consistant à « ouvrir les portes des ministères aux startups » chaque mois. Le premier « Jeudigital » avait eu lieu à Bercy le 25 septembre, le second à l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (INSEP) le 30 octobre. Une réunion de travail avec des investisseurs, français et internationaux - dont Xavier Niel, le fondateur de Free qui investit dans des milliers de startups et va créer « le plus grand incubateur du monde » à la Halle Freyssinet à Paris dans le XIIIe - a précédé cette rencontre dans une ambiance décontractée.


« Axelle Lemaire s'est invitée chez moi ! » a lancé le Premier ministre Manuel Valls, qui s'est déclaré « heureux d'accueillir des startups à Matignon pour ce jeudigital, j'ai compris le jeu de mot », en ironisant sur « ce cadre qui se prête à accueillir la modernité », en montrant la tapisserie et les dorures du salon où les clips rythmés de présentation des jeunes pousses détonnaient un peu.

« C'est une preuve d'ouverture et l'affirmation d'une volonté : celles de soutenir les jeunes entreprises » a souligné Manuel Valls.

« Nous avons des talents, des ingénieurs, des développeurs, des designers, des entrepreneurs, de l'audace, de l'accompagnement avec des incubateurs et Bpifrance [etc.] Ce qui nous manque, pour les startups, c'est l'accès au financement privé et à l'achat institutionnel » a relevé le Premier ministre, en invitant au « french celebrating », une expression du patron de L'Oréal. « Soyez fiers, ayez confiance, soyez certains de l'engagement du gouvernement. Vive la French Tech » a-t-il lancé.

« Consolider les relations entre les startups et l'Etat »

Six startups ont eu le privilège de présenter leur « pitch » jeudi soir , mais le Premier ministre n'a pu écouter que les trois premières : Places, un logiciel de messagerie et partage de documents chiffré sécurisé, par son co-fondateur Vigile Hoareau, docteur en en psychologie cognitive - venu de La Réunion, en dreadlocks - qui cherche à lever 4 millions d'euros, Wandercraft, une jeune pousse de robotique dynamique ayant conçu un prototype d'exosquelette permettant aux paraplégiques ou myopathes de remarcher, qui négocie un tour de table de 3 millions, et Openclassrooms, un service de cours gratuits en ligne qui a déjà levé 2 millions d'euros.

Il n'a pu rester pour écouter S4M, solution d'analyse de la publicité sur mobile, ni les deux représentants de deux des métropoles French Tech fraîchement labellisées, la montpelliéraine Matooma (carte SIM multi-réseaux pour les objets connectés) qui a l'ambition de lever entre 20 et 50 millions d'euros pour se déployer à l'international et la grenobloise Imactis (sorte de GPS pour la radiologie interventionnelle) qui souhaite réaliser un premier tour de table de 8 millions d'euros.

Manuel Valls a demandé aux jeunes entrepreneurs « ce qu'ils attendent de l'administration» et a promis de faciliter des mises en relation avec les ministères, avant de s'éclipser discrètement, passant le relais à Thierry Mandon. Le secrétaire d'Etat chargé de la réforme de l'Etat et de la simplification s'est de son côté engagé à « consolider les relations entre les startups et l'Etat », notamment à travers la réforme des marchés publics : ainsi, un récent décret n'oblige plus les entreprises répondant à un appel d'offres à présenter des références...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/11/2014 à 10:13 :
Il fairait mieux d'inviter les commerçants de proximité eux seuls crée des emplois paient depuis de décennier des milions aux collectivitées et tisse du lien social que ces sociétés sans interet qui finiront par disparaitre apres avoir engloutie des millions d'euros d'argent publiques.
a écrit le 21/11/2014 à 18:38 :
donc 6 patrons qui risquent la prison en permanence à cause de leurs salariés !!! car + de 48 heures de travail par semaine, car plus de 12 heures d'affilée, car du travail le dimanche, car pas de période de récupération... Le droit du travail français ne permet PAS de gérer une start up... quant aux stocks options (la rémunération du risque), elles coûtent tellement cher à l'octroi, qu'elles n'ont plus d'intérêt... Un fonctionnaire et une start up ? C'est un malade d'ébola à qui on offre un bon de réduction pour un repas dans un 3 étoiles !!! ...
Réponse de le 21/11/2014 à 20:06 :
Tellement vrai, c'est mettre du diésel dans une essence !
a écrit le 21/11/2014 à 18:17 :
Matigin rince avec petits fours, champagne, et caviar à volonté ;
pendant ce temps, les faillites d'entreprises s'aggravent, le désert industriel s'épanche, et le chômage explose ;
a écrit le 21/11/2014 à 17:16 :
C'est nul et ca sert strictement à rien ce genre de réunion. Que l'état nous laisse tranquille !
Réponse de le 21/11/2014 à 19:01 :
Qu'il apprenne a gérer un budget (dépenses = recettes)
a écrit le 21/11/2014 à 15:22 :
Je trouve cela génial ! Pourvu que l'on arrive aussi a accepter l'idée d'etre fier de réussir en France et d'employer des collaborateurs et sans etre écrasé par la bureaucratie !! Ces start-up d'aujourd'hui sont nos emmplois de demain.
Réponse de le 21/11/2014 à 17:19 :
Oui
Réponse de le 21/11/2014 à 18:39 :
Les réunions de ce type, c'est de la poudre aux yeux pour ceux qui n'y connaissent rien ! Pendant ce temps, l'état et ses fonctionnaires massacrent les entreprises ! (et ruinent leurs dirigeants)

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :