Contenus vidéos : le mobile bouscule le marché et raccourcit les durées

 |   |  651  mots
Extrait de la vidéo de présentation du réseau de chaînes AwesomenessTV, sur le site YouTube.
Extrait de la vidéo de présentation du "réseau de chaînes" AwesomenessTV, sur le site YouTube. (Crédits : DR)
Le marché du divertissement et de la télévision n'en finit pas de bouger. Et en matière de consommation et de fragmentation des audiences, ce sont les plus jeunes qui donnent le "la". Le mobile est leur outil préféré, et les formats (très) courts leurs contenus favoris.

"Les adolescents actuels ont changé la façon dont la génération avant eux consommait des contenus. Pour ces jeunes téléspectateurs, la télévision traditionnelle est morte. Pas agonisante, morte."

Brian Robbins, fondateur et directeur général de AwesomenessTV, le réseau de chaînes (ou MCN, pour Multi Channels Network) qui cartonne chez les jeunes aux Etats-Unis, n'y va pas par quatre chemins. Les webséries, émissions et films (tels Expelled en 2014), que son groupe produit et diffuse sur toutes les plates-formes et notamment sur sa chaîne YouTube (570 millions de vues), sont même selon lui visionnées à 70% sur mobile.

Dans le cadre du marché des programmes télé de Cannes, le MipTV, qui s'est clôturé jeudi à Cannes, la session Mip Digital Fronts a exploré la nouvelle révolution audiovisuelle aujourd'hui menée par les MCN (Multi Channels Network), dont l'audience explose, et par leurs plus célèbres "vlogueurs" (éditeurs de blogs vidéos).

Le mobile favorise le "snacking"

La consommation de vidéos sur le mobile, qui s'effectue au détriment de l'écran plus large comme celui de l'ordinateur, favorise donc le picorage, le "snacking", et oblige les créateurs à réduire sans cesse la durée de leurs vidéos.

Dans le cas de ceux que l'on appelle la génération du Millénaire (génération Z des adolescents et Y des 18-34 ans), les chiffres sont sans appel: 62 % d'entre eux ne regardent que des vidéos courtes, tandis que les vidéos d'une durée plus classique ne les concernent qu'à 38 %.

Rene Rechtman, directeur international du MCN Maker Studios, racheté par le groupe Disney en mars dernier, le rappelle:

"Les Millennials regardent trois fois plus de vidéos en ligne que les autres. Ils passent 1,8 heure par jour sur les réseaux sociaux et sur Internet. 60 % de notre audience a entre 13 et 34 ans."

Maker Studios édite les chaînes YouTube de 55.000 créateurs de 100 pays et revendique 11 milliards de vidéos vues dans le monde.

La réduction de la durée des vidéos vues sur Internet influe sur leur contenu

Comme Brian Robbins, Rene Rechtman confirme que la durée des vidéos sur Internet s'est réduite de manière significative, passant de 5,1 minutes en moyenne en septembre 2013 à 3,7 minutes, un an plus tard.

"L'effet mobile joue à plein. 87 % de la consommation des programmes de Netflix sur mobile durent moins de 10 minutes" ajoute Rene Rechtman.

Le raccourcissement des durées des vidéos influe évidemment sur leur contenu. Bart Baker, vlogueur à succès de Maker Studios, connu pour ses parodies musicales, l'explique ainsi :

"Les fans, qui regardent à 70 % depuis un mobile, se lassent très vite, en moins de trois minutes, sauf si quelque chose d'absurde se produit."

Aujourd'hui, forts de chiffres en croissance exponentielle, les réseaux multichaînes poursuivent aujourd'hui leur expansion à l'international, et les internautes français vont bientôt découvrir de nouveaux talents et youtubers. AwesomenessTV a annoncé à Cannes son déploiement dans cinq pays dont la France.

En basculant sur la SVOD, YouTube va aussi impacter la consommation payante à la demande. À Cannes, Maker Studios, via Disney France, a dévoilé un accord inédit avec CanalPlay, la plate-forme de SVOD du groupe Canal+.

Disponible sans engagement ni supplément de prix pour les 600.000 abonnés de l'offre, le service Maker On Demand sera inauguré d'ici à l'été. Il offrira quelques 2.000 vidéos de vlogueurs, issues de thématiques telles que le jeu vidéo, la comédie, le sport, la mode, la famille... 200 nouveaux programmes enrichiront la programmation chaque mois.

CanalPlay, qui avait déjà ouvert une brèche en proposant des contenus issus du Web via ses labels Digital Revelations et French or Humour, entend de cette manière capter une audience plus jeune en faisant découvrir et partager de nouveaux formats narratifs et originaux: toujours plus courts?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :