Télécoms d’entreprise : un opérateur alternatif appelle l’Arcep à ouvrir le marché

 |   |  521  mots
Aujourd'hui, les télécoms d'entreprise représentent un marché de 10 milliards d'euros en France.
Aujourd'hui, les télécoms d'entreprise représentent un marché de 10 milliards d'euros en France. (Crédits : REUTERS/Daniel Munoz)
Dans le sillage d’autres petits opérateurs télécoms d’entreprise, Alphalink appelle l’Arcep, le régulateur du secteur, à pousser Orange et SFR à ouvrir leurs réseaux en fibre optique.

Alexandre Nicaise est remonté. A la tête de l'opérateur d'entreprise Alphalink, il appelle l'Arcep, le régulateur des télécoms, à faire le nécessaire pour ouvrir les réseaux en fibre optique d'Orange et de SFR. « Il serait bon que le régulateur joue son rôle et permette à l'ensemble des opérateurs alternatifs d'avoir accès aux infrastructures en fibre optique », affirme-t-il dans une tribune publiée vendredi dernier sur le site Internet du groupe. A l'instar des autres acteurs des télécoms d'entreprise, Alphalink, qui affiche un chiffre d'affaires de 28,5 millions d'euros, achète de la connectivité en gros aux grands opérateurs nationaux. Ce qui leur permet de proposer ensuite ses offres aux entreprises de l'Hexagone. Mais le problème, pour Alphalink, c'est qu'à la différence de l'ADSL - où Orange est contraint de proposer des offres en gros aux opérateurs alternatifs -, les grands opérateurs n'ont aucune obligation similaire concernant la fibre optique.

Or pour Alexandre Nicaise, cette situation menace directement le business model des opérateurs alternatifs, à l'heure où les entreprises troquent de plus en plus leur vieil ADSL contre un abonnement à la fibre, bien plus performante. A ses yeux, il est donc vital d'accéder aux réseaux très haut débit d'Orange et de SFR. S'il cite ces deux opérateurs, c'est parce que les télécoms d'entreprise sont aujourd'hui un duopole. L'ex-France Télécom et l'opérateur au carré rouge disposent respectivement d'environ 70% et 20% du marché. D'après Alexandre Nicaise, les opérateurs alternatifs ont donc besoin de disposer d'offres de gros en fibre optique « activées » auprès de ces deux ténors. C'est à dire des offres qui leurs permettent d'accéder aux clients sans avoir à déployer de coûteux équipements le long des réseaux.

Plus de concurrence

L'Arcep travaille aujourd'hui sur ce dossier. Mais pour l'heure, le régulateur privilégie l'émergence d'un nouvel opérateur, Kosc Telecom, qui souhaite justement proposer de la connectivité en gros aux opérateurs alternatifs. Pour l'Arcep, l'arrivée de cet acteur doit permettre de doper la concurrence sur ce marché. Mais pour Alphalink comme pour de nombreux autres opérateurs alternatifs, l'émergence de Kosc ne suffira pas. « Le temps qu'il soit opérationnel, Orange et SFR continueront de prendre des parts de marché », estime Alexandre Nicaise, inquiet de se faire évincer du marché.

Pour sa part, Sébastien Soriano, le président de l'Arcep, prend le problème au sérieux. Il faut dire qu'en France, les TPE et les PME disposent encore trop rarement d'une connexion Internet à très haut débit, en raison de prix parfois prohibitifs. Une situation qui pourrait s'avérer dangereuse à l'heure où le numérique irrigue tous les secteurs de l'économie. Il y a tout juste un an, Sébastien Soriano pestait déjà contre la piètre 18è place de la France dans le classement de la Commission européenne concernant l'utilisation des technologies digitales des entreprises. « Nous sommes à la croisée des chemins, il faut se réveiller rapidement », affirmait-il à La tribune.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 28/06/2017 à 17:13 :
lire : complétel (et non compléter) a fait le tour de l'hexagone (depuis plus de 15 ans !) en posant des fibres pour cibler les entreprises qui l'intéressait, donc la conquête des parts de marchés est tout à fait possible, mais le fait que ce marché ne soit pas concurrentiel mais administré (répartition des parts de marchés de façon mécanique par des règles asymétriques) pousse les acteurs à demander auprès du régulateur toujours plus de acilités sur le dos des investisseurs, avec tous les effets pervers induits
a écrit le 28/06/2017 à 13:03 :
désinformation à l'opposé de la réalité.
d'une part, petit bug économique : comment peut on faire des services pas chers voire gratuits au pris d'investissements de plusieurs milliards par an (voir les investissements par opérateurs, de 1 milliards pour free et bouygues à 3,5 et 7,5 pour SFR et Orange), et donc appel au secours du régulateur pour qu'il donne les investissements des opérateurs investisseurs au profit de ceux qui vont casser les tarifs !
et au nom de la saine concurrence !!
car d'une part il est totalement faux de dire qu'il n'y a pas d'obligations de locations d'offre de gros : Orange a l'obligation d'offres de gros de ses services pour le marché des particuliers et pour des entreprises sur ses nouveaux investissements (infondé : la dissymétrie ; ces offres s'appellent CE2O, CELAN..) et avec en plus l'obligation de laisser un espace suffisant entre son tarif commercial et son offre de gros à prix coutant afin que ses concurrents lui prennent facilement des parts de marchés,
et d'autre part tout opérateur a la possibilité de déployer ses réseaux sans aucune contraintes : compléter a fait le tour de l'hexagone en posant des fibres et en ciblant les entreprises qui l'intéressait, donc la conquête des parts de marchés est tout à fait possible, mais le fait que ce marché ne soit pas concurrentiel mais administré (répartition des parts de marchés de façon mécanique par des règles asymétriques) pousse les acteurs à demander auprès du régulateur toujours plus de facilités sur le dos des investisseurs, avec tous les effets pervers induits.
Enfin, la concurrence ne dépend pas du nombre d'acteurs ni se décrète : il n'y a plus que 2 gros avionneurs qui sont dans une vraie concurrence, il y a pléthore de producteurs de yaourth qui ont été condamné pour entente..
cette politique d’assistanat à la française par un régulateur qui empêche une évolution vers une vraie concurrence symétrique est contreproductive : nos nains sont face à des géants internationaux issus de la vraie concurrence : la partie contre les GAFA est perdue si au contraire rien ne change.
Car sur le marché des entreprises, il faut non seulement investir mais maitriser toute la chaine complexe de gestion des ressources, d'une grande diversité de services, de la confidentialité, sécurité, sécurisation, qualité de service à haut niveau, reconfigurations, évolutivité, disponibilité... du niveau physique au niveau logique...raison pour laquelle il y a peu d'acteurs présents et ce ne sont pas des artifices qui changeront la donne, : les clients sont très exigeants et peu volatils en fonction des risques.
il faut une concurrence, mais la vraie, pas l'assistanat à la française.
a écrit le 27/06/2017 à 20:39 :
désinformation à l'opposé de la réalité
d'une part, petit bug économique : comment peut on faire des services pas chers voire gratuits au pris d'investissements de plusieurs milliards par an (voir les investissements par opérateurs, de 1 milliards pour free et bouygues à 3,5 et 7,5 pour SFR et Orange), et donc appel au secours du régulateur pour qu'il donne les investissements des opérateurs investisseurs au profit de ceux qui vont casser les tarifs !
et au nom de la saine concurrence !!
car d'une part il est totalement faux de dire qu'il n'y a pas d'obligations de locations d'offre de gros : Orange a l'obligation d'offres de gros de ses services pour le marché des particuliers et pour des entreprises sur ses nouveaux investissements (infondé : la dissymétrie ; ces offres s'appellent CE2O, CELAN..) et avec en plus l'obligation de laisser un espace suffisant entre son tarif commercial et son offre de gros à prix coutant afin que ses concurrents lui prennent facilement des parts de marchés,
et d'autre part tout opérateur a la possibilité de déployer ses réseaux sans aucune contraintes : compléter a fait le tour de l'hexagone en posant des fibres et en ciblant les entreprises qui l'intéressait, donc la conquête des parts de marchés est tout à fait possible, mais le fait que ce marché ne soit pas concurrentiel mais administré (répartition des parts de marchés de façon mécanique par des règles asymétriques) pousse les acteurs à demander auprès du régulateur toujours plus de facilités sur le dos des investisseurs, avec tous les effets pervers induits.
Enfin, la concurrence ne dépend pas du nombre d'acteurs ni se décrète : il n'y a plus que 2 gros avionneurs qui sont dans une vraie concurrence, il y a pléthore de producteurs de yaourth qui ont été condamné pour entente..
cette politique d’assistanat à la française par un régulateur qui empêche une évolution vers une vraie concurrence symétrique est contreproductive : nos nains sont face à des géants internationaux issus de la vraie concurrence : la partie contre les GAFA est perdue si au contraire rien ne change.
Car sur le marché des entreprises, il faut non seulement investir mais maitriser toute la chaine complexe de gestion des ressources, d'une grande diversité de services, de la confidentialité, sécurité, sécurisation, qualité de service à haut niveau, reconfigurations, évolutivité, disponibilité... du niveau physique au niveau logique...raison pour laquelle il y a peu d'acteurs présents et ce ne sont pas des artifices qui changeront la donne, : les clients sont très exigeants et peu volatils en fonction des risques.
il faut une concurrence, mais la vraie, pas l'assistanat à la française.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :