De Daktari à la plus grande ferme de France

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Irmine Lavalade était présente au Salon de l'agriculture, en qualité de vétérinaire volontaire.

"J'ai dépassé ma période Daktari", déclare dans un éclat de rire Irmine Lavalade. Cette vétérinaire, installée dans le Gers, avait d'abord rêvé, comme tous les enfants, de soigner des lions. Aujourd'hui, elle s'occupe de chiens, de chats, mais surtout, d'animaux de la ferme. Veaux, vaches, cochons. Et ce n'est pas tout. "J'ai déjà castré un bison", claironne-t-elle, toujours dans un éclat de rire. "Et soigné un dromadaire de cirque, aussi, qui avait mal aux pieds", poursuit-elle, enjouée. Pour l'heure, elle cherche désespérément tétine et lait en poudre, afin de nourrir un agnelet, "dont la mère est atteinte d'une mammite", explique à ses côtés une étudiante vétérinaire de Toulouse...

Une scène qui fait partie du quotidien à sa clinique dans le Gers, mais aussi au Salon de l'Agriculture. Le docteur Irmine Lavalade fait en effet parti des treize vétérinaires volontaires qui étaient présents sur le Salon. Elle, cela fait cinq ans qu'elle y officie. "L'occasion avant tout de côtoyer l'élite de toutes les races et de voir les progrès génétiques", avance-t-elle. Mais surtout de rencontrer des "gens fiers de leurs produits et de leurs terroirs, pour qui après des années de préparation, c'est une véritable reconnaissance de présenter leurs bêtes", s'enthousiasme-t-elle. Et d'ajouter : "ils ont du mérite dans le contexte actuel !"

Bêtes de concours


Avec 3.500 bêtes au Salon, les vétérinaires ont été, comme chaque année, très sollicités. Mais les interventions ne sont pas plus importantes que celles en clinique, car "les bêtes présentées sur le Salon sont des habitués des concours. Le monde et le bruit ne les perturbent donc pas", note Irmine Lavalade. Il y a tout de même une rotation des animaux, pour ne pas trop les fatiguer. Les vétérinaires aussi se relayent. Des gardes de 48 heures leur permettent d'être présents en permanence, même la nuit. Mais "seuls les étudiants dorment sur place", insiste Irmine Lavalade, qui, appelée par un berger, doit partir derechef évacuer une autre brebis en agnelage.

Une profession pour protéger aussi les humains

La présence de l'ordre national des vétérinaires au Salon de l'Agriculture a un goût particulier cette année, puisque la profession fête son 250ème anniversaire. Une occasion pour sensibiliser le public à l'action vétérinaire et aux différentes facettes du métier. "Un vétérinaire n'est pas obligatoirement un médecin des animaux. Il sert aussi à protéger la santé des hommes et à sécuriser l'alimentation", souligne le docteur Marc Veilly, élu au Conseil supérieur de l'ordre, et directeur d'une agence de communication spécialisée sur l'animal. Les vétérinaires sont aussi chercheurs, ils travaillent dans l'agroalimentaire, ou dans la fonction publique comme enseignants, inspecteurs sanitaires, militaires, et même sapeurs-pompiers. "Etre vétérinaire et pompier volontaire permet d'apporter ses compétences techniques lors d'interventions dans lesquelles sont impliqués des animaux, comme des incendies, des accidents de la route ou des fuite", résume Gilles Hodencq, docteur vétérinaire et commandant pompier dans le Puy de Dôme.

La France compte plus de 16.000 vétérinaires. Leur répartition évolue depuis une dizaine d'année. "Aujourd'hui, 40% des jeunes diplômés ne veulent pas ouvrir leurs propres cabinets, mais préfèrent être salariés pour avoir moins de contraintes de temps. De plus, 85% des étudiants vétérinaires sont des étudiantes", relève Marc Veilly. Autre problème : la plupart s'installent en ville. Et la pénurie à la campagne se fait sentir. Du coup, les vétérinaires ruraux belges ont flairé la bonne affaire : ils sont de plus en plus nombreux à venir s'installer en France.

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