Un quinquennat entre promesses contradictoires et gestion de crise

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Nicolas Sarkozy avait promis d'être le président qui réduirait la dette en même temps que les impôts. Photo : Reuters
Nicolas Sarkozy avait promis d'être le président qui réduirait la dette en même temps que les impôts. Photo : Reuters
Le président a annoncé ce soir sa candidature au journal de TF1. En 2007, le candidat avait beaucoup promis. Mais la crise est passée par là. Au total, le président sortant a beaucoup réformé, mais de manière brouillonne.

De l'art de mécontenter beaucoup de monde.... Nicolas Sarkozy réussit, à l'issue de son quinquennat, à être critiqué à droite, pour n'avoir pas réformé assez, n'être pas allé assez loin dans le libéralisme, et à gauche, pour avoir entrepris une véritable « casse » du modèle social. Ce qui est sûr, cela, nul ne peut le nier, c'est que le président sortant, désormais officiellement candidat, a beaucoup réformé, en regard de l'action de ses prédécesseurs. Dans un ouvrage paru récemment*, un économiste libéral, Jean-Marc Daniel, et un autre beaucoup plus keynésien et de gauche, Henri Sterdyniak, confrontent leurs points de vue, naturellement opposés, sur le bilan Sarkozy. Tous deux tombent d'accord pour reconnaître une volonté d'action tous azimuts, souvent brouillonne et contradictoire.
 
La recherche de "coups"

Et la recherche de « coups », parfois, au détriment de l'efficacité des réformes. Notamment s'agissant de la refonte de l'Etat. Exemple: le candidat Sarkozy avait promis, en 2007, de fusionner les deux principales administrations à réseaux de Bercy, la comptabilité publique et la direction générale des impôts, afin de gagner en efficience, et réaliser des économies. Cette réforme, en débat de longue date, mais jamais réalisée, a été menée au pas de charge, par des hauts fonctionnaires proches du président élu en 2007, comme si seul comptait l'affichage de sa réalisation. Dans les faits, les agents des impôts ont été littéralement achetés, les rémunérations des fonctionnaires des deux directions ayant été alignées par le haut, avec force primes. Du coup, la fusion des administrations n'a pas été gage d'économies mais de... dépenses supplémentaires. L'important était qu'elle soit faite, qu'elle puisse être annoncée.

Des zig zags impressionnants

S'agissant de la politique économique proprement dite, ce qui impressionne le plus, ce sont les zig zags. Qui eut crû que le paquet fiscal de l'été 2007, la fameuse loi Tepa, serait démantelé par Nicolas Sarkozy lui-même ? C'est ce qu'il a fait, méthodiquement. La réduction d'impôt pour intérêts d'emprunt, sensée faire de la France un pays de propriétaires ? Supprimée. Trop coûteuse. Le bouclier fiscal ? Exit, sous la pression des électeurs, relayée par les parlementaires. L'allègement d'ISF pour investissement dans les PME ? Revu aussi à la baisse, en raison d'un coût trop élevé. La baisse des droits de succession ? Ecornée, afin de financer la réforme de l'ISF. Seule l'exonération de cotisations sociales et d'impôt liée aux heures supplémentaires a survécu.
 

Réduire la dette tout en baissant les impôts

Nicolas Sarkozy avait promis d'être le président qui réduirait la dette en même temps que les impôts, avec quatre points de prélèvements obligatoires en moins ! Il affirmait être en mesure de doper le pouvoir d'achat tout en accroissant la compétitivité des entreprises et la croissance... tout en prenant en compte l'impératif écologique et la réduction des émissions de carbone. Il fallait que les chômeurs n'hésitent pas à parcourir des kilomètres pour aller travailler loin de leur domicile, mais tout en utilisant beaucoup moins leur voiture, pour diminuer la pollution.

Une dette qui atteint 86% du PIB

Ces promesses quelque peu contradictoires ont été balayées, bien sûr par la tempête de la crise. Difficile de dire que la France l'a subie plus fortement que les pays voisins. Le PIB hexagonal a baissé de 2,6% en 2009, contre une chute de 4,1% pour l'ensemble de la zone euro. Quant à la dette, il est facile de rendre responsable le président sortant des 600 milliards de dette publique supplémentaires, entre le printemps 2007 et maintenant, un montant colossal, il est vrai. Une comparaison internationale permet de relativiser les choses : la dette publique française est passé de 63,9% du PIB en 2007 à 86% du PIB aujourd'hui, soit une hausse de 22 points de PIB. Cela correspond exactement à la moyenne de la zone euro. Et c'est moins que la moyenne de l'OCDE (25 points). La réforme des retraites permettra de substantielles économies à l'avenir. Là aussi, tout dépend du point de vue: à gauche, on voit là une casse du modèle social -il est vrai que le système français cumule aujourd'hui l'exigence d'une longue durée de cotisation et d'un départ en retraite au-delà de 60 ans-, à droite, on estime que Nicolas Sarkozy aurait pu aller plus loin.

Les impôts augmentent fortement depuis l'an dernier

Le président sortant, qui baissé les impôts parfois sans vraie considération économique -TVA réduite en faveur de la restauration- aurait-il pu s'attaquer plus fermement à la dépense publique ? Dans le contexte de crise, c'était difficile, sans remise en cause drastique, pour le coup, du modèle social. Du coup pour diminuer le déficit, il a augmenté fortement les impôts à partir de 2011, de près de 30 milliards d'euros. Quant au chômage, qui atteindrait 10% de la population active, il augmenterait de 2,2 points par rapport au point bas de début 2008, contre une hausse moyenne de 2,5 points en moyenne, dans la zone euro.

Renforcer la compétitivité : un objectif mais avec quels moyens ?

Face à la crise, Nicolas Sarkozy a décidé de jouer la carte de la compétitivité de l'économie, réformant la taxe professionnelle au profit de l'industrie, décidant un grand  emprunt en faveur de la recherche et des projets innovants, réformant l'université pour lui donner plus d'efficacité grâce à l'autonomie. Mais le président sortant a beaucoup hésité sur la TVA sociale, n'osant pas lancer le projet face aux réticences de l'opinion. Votée moins de deux mois avant la fin de son mandat, pour une application bien après l'échéance présidentielle, elle risque fort de ne jamais voir le jour, la favori des sondages, François Hollande  ayant annoncé qu'il annulerait le projet.

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Commentaires
a écrit le 13/05/2012 à 22:42 :
http://mrphilantrope.blogspot.fr/2012/05/promesses-decevante.html voici un blog politique qui explique les promesse insoutnables de monsieur hollande
a écrit le 18/02/2012 à 2:00 :
Il a surtout beaucoup réformé les impôts. Un wagon de nouvelles taxes qui s'ajoutent à celles qui existaient déjà avant !!!
a écrit le 17/02/2012 à 14:46 :
la mondialisation est inévitable!seul parmis les candidats sarko l'a compris.allons nous nous priver du seul candidat capable d'adapter la france a la concurrence internationale?
Réponse de le 18/02/2012 à 5:28 :
OUI
Réponse de le 06/05/2012 à 0:41 :
oui
a écrit le 17/02/2012 à 10:46 :
son esprit est comme son gestuelle .: brouillon instable fougueux il nous faut quand meme un president avec la tete sur les epaules la fete est bientot finie cher mr avec un bien triste bilan les comptes vont etre durs a rendre mais il va encore nous dire que c'est la faute a la crise son mea culpa sa ne passe pas c'est purement du cinema il cherche a amadouer les personnes agees et a draguer chez la marine meme cinema que pour 2007 certains ce sont laisses avoir mais le disque est use on va le mettre en licenciment pour incompetence et surement fautes graves
a écrit le 16/02/2012 à 21:52 :
Ca ne nous reprendra plus d'élire un nouveau riche à la tête de l'état. Quand il a gagné en 2007, avec son Fouquet's et tous les sketchs qui ont suivi, on avait vraiment l'impression de se retrouver avec un pauvre gland sans rien dans le citron qui venait de toucher le loto.

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