Profil bas, les députés PS enterrent le débat budgétaire

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Jean-Marc Ayrault a dit sèchement non aux inititives fiscales des députés PS Copyright Reuters
Jean-Marc Ayrault a dit sèchement non aux inititives fiscales des députés PS Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Exit les initiatives parlementaires comme la taxation des œuvres d'art à l'ISF et la demi redevance télé pour les résidences secondaires. Jean-Marc Ayrault a dit sèchement niet, coupant court à une véritable discussion budgétaire. Dans un contexte politique difficile, les députés PS font profil bas

François Hollande a sifflé la fin de la récréation fiscale. Les initiatives parlementaires visant à créer de nouveaux impôts, qu'elles soient téléguidées ou non, c'est fini. Il n'y aura pas de redevance télé sur les résidences secondaires, même réduite de moitié. Et pas plus d'inclusion des ?uvres d'art dans l'assiette de l'ISF.
Le chef de l'Etat a sans aucun doute considéré que l'apparition chaque jour ou presque de nouveaux impôts, à forte charge symbolique, ne pouvait perdurer. Taxer Google, personne ne s'y opposera. En revanche, inventer une nouvelle taxe sur les propriétaires de résidences secondaires, qui sont tout de même au nombre de trois millions, voilà qui ne passe pas.

Les gouvernements précédents mettaient les formes
Ce n'est pas nouveau que le gouvernement impose ainsi ses vues, à l'occasion d'un débat budgétaire. Mais les exécutifs précédents y mettaient, sans doute, un peu plus les formes. Pour être sûrement plus hypocrite, la méthode était sûrement moins brutale. D'ordinaire, les gouvernements laissaient prospérer le débat durant toute la semaine que dure l'examen de la partie fiscale du budget. Et, en fin de course, parfois au petit matin du samedi, quand la fatigue avait bien gagné l'hémicyle, le ministre du Budget sortait l'artillerie lourde, sous forme d'une demande de vote bloqué, synonyme de retrait des initiatives parlementaires.
Aujourd'hui, l'exécutif ne prend pas de gants. C'est non et encore non, a dit Jean-Marc Ayrault ce matin sur Europe 1, sans plus d'explications. Non à la taxation des ?uvres d'art à l'ISF, non à une moitié de redevance sur les résidences secondaires.
Dans un contexte de couacs au sein du gouvernement, de chute de l'exécutif dans les sondages, les députés socialistes n'ont pas voulu exprimer trop bruyamment leur dépit, ni faire part de leur grogne.

Les députés PS s'alignent
Le porte parole du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Thierry Mandon, a ainsi annoncé que les députés PS ne voteraient pas l'amendement intégrant les ?uvres d'art dans l'assiette de l'ISF. « Jean-Marc Ayrault a fait connaître sa position qui, très souvent, rejoint celle du groupe » a-t-il déclaré. "Je comprends parfaitement les arguments du gouvernement et je m'y range" a pour sa part déclaré Sandrine Mazetier, qui avait défendu les deux amendements. Difficile de s'aligner plus. Le rapporteur général du Budget, Christian Eckert (PS), qui avait pris l'initiative de cet amendement ISF, le défendra tout de même. « L'amendement ne m'appartient plus dans la mesure où il a été adopté par la commission des Finances. En tant que rapporteur de la commission, je présenterai cet amendement à l'Assemblée, je développerai les arguments, le gouvernement fera valoir sa position et le Parlement se prononcera », a-t-il déclaré, sans illusion. « Cela ne me semblait pas de nature à tuer le marché des oeuvres d'art. On me dit que cela n'aurait pas rapporté grand chose, cela n'aurait donc pas coûté grand-chose », a-t-il ajouté, ironique.
La brutalité de la méthode actuelle laissera sans doute des traces. Même si, compte tenu des difficultés du gouvernement, les députés admettent bien volontiers qu'il est temps de se serrer les coudes.

 

 

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Commentaires
a écrit le 17/10/2012 à 18:25 :
QUAND LE PS REINVENTE LE CENTRALISME DEMOCRATIQUE

Pour ceux qui s'étonnent de voir les élus PS au garde-à-vous, je me permets de leurs rappeler le climat qui régnait pendant les deux journées parlementaires du PS de septembre :

Je ne veux voir qu'une tête !

Dans son discours d'ouverture, François Rebsamen martèle : "Aucune voix socialiste ne doit faire défaut." Et Bruno Leroux affirme : "Les décisions sont collectives. (...) Personne ne peut penser avoir raison contre une majorité qui décide."

Certains s'interrogent sur les motivations réelles des rebelles : "Ils sont contre, mais ne proposent aucune alternative", dit-on. "C'est que, maintenant que nous sommes au pouvoir, il y a un aspect de fermeté qui s'invite dans le débat", constate Laurent Baumel, député des Ardennes.

Culpabiliser les récalcitrants

Karine Berger, députée des Hautes-Alpes, déplore : "S'il manque des voix à Hollande dans sa majorité, nos interlocuteurs européens, comme les Allemands du SPD, pourraient se demander s'il représente une véritable force de changement."

Décrédibiliser "l'adversaire"

"Ce qui est grave, c'est les raisons pour lesquelles certains ne le votent pas : se positionner pour être le leader de la gauche du PS, c'est ce que fait Jérôme Guedj", note une élue.

Conclusion : pathétique !!!
a écrit le 17/10/2012 à 17:11 :
Le gouvernement fait l'apprentissage de la "démocratie capitalo-financière"! Etonnant non! Il propose,rejette,trie,garde,taxe,mécontente,se discrédite,impose,revient en arrière,balbutie,tonne,doute... Qu'on est loin des certitudes de la droite à la solde des riches et qui ne se posait pas de questions !
a écrit le 17/10/2012 à 15:37 :
D'accord avec un intervenant sur la chaine parlementaire quand il dit des ministres de ce gouvernement que ce sont majoritairement des "godillots" qui votent comme on le leur dit , et sans réfléchir Pauvre France
a écrit le 17/10/2012 à 8:32 :
75% du travail des députés consiste à transposer le droit européen en droit français, c'est pour cela que nos oreilles bourdonnent de lois sécuritaires au rythme des faits divers, de lois sociétales au rythme des sondages et de lois fiscales au rythme des errements budgétaires. ce sont les derniers domaines dans lesquels l'assemblée nationale a encore un réel pouvoir législatif. le reste n'est que gesticulations et lâcheté vis à vis de l'Europe.
Effectivement, plus d'intégration budgétaire, cela veut dire encore moins de débat sur le budget, ceci étant dit , débattre de quoi ? ah oui , où tailler dans les dépenses peut être.
a écrit le 17/10/2012 à 8:29 :
Ce n'est pas nouveau, dans notre pays mais dans d'autres aussi le legislatif prend ses instructions chez l'executif, c'est a l'encontre du fonctionnement normal des institutions democratiques. Avons nous besoin d'un si grand nombre de deputes pour simplement se plier aux instructions de l'Elysee et de Matignon ? Seule une situation de cohabitation restaure l'ordre des choses mais nous avons bien vu que le resultat n'en est pas forcement meilleur.
a écrit le 17/10/2012 à 8:21 :
nous avons bien la preuve que les députés ne servent plus à rien i lfaut en supprimer la moitié et la totalité du sénat de meme dans les collectivités locales conseils généraux etc etc mr le président ayez le courage de faire un référendum la dessus
a écrit le 17/10/2012 à 0:32 :
il ne tardera pas à faire bientot plus que profil bas le prof d'allemand !!!
Les petroplus , arcelor peugeot et autres vont se diriger vers l'assemblée sans tarder !!!!
a écrit le 16/10/2012 à 23:24 :
Hollande et Ayrault protègent leurs richissimes amis collectionneurs d??uvres d?Art comme Pierre Bergé financeur du Journal Le Monde ?, finalement Le Monde des Riches selon la nouvelle définition des Grands Socialistes Français. Peut-être un soutien de la CGT en option, pourquoi pas. En France, il faut mieux investir dans un tableau à 1 million d?Euros en franchise fiscale (et sans prélèvements sociaux à 15,5 %) que dans une entreprise industrielle, c?est vrai il y a Montebourg de la Kommandantur Industrielle, on est sauvé. Un tableau a 1 million d?Euros, combien d?emplois créés ?? Une chance la priorité de l?emploi est au centre des préoccupations de Gouvernement Ayraut.
Réponse de le 16/10/2012 à 23:57 :
Un tableau à un millions vaut il un million bien longtemps ?
a écrit le 16/10/2012 à 20:49 :
Non imposition des Oeuvres d'art / TV : La bourgeoisie a touché son salaire , elle soutiendra ce gouvernement qui ne touchera pas à ses privilèges. Elle a été collaborationniste, gaulliste, mitterandiste, sarkoziste et maintenant hollandaise ; l'important c'est que ses privilèges subsistent quelle que soit la dureté des temps.
Quant à ce gouvernement - la gauche caviar est de retour - ils démontrent son mépris le plus total pour les principes républicains d'égalité... Mais n'est - ce pas la marque d'un régime totalitaire ?
Réponse de le 17/10/2012 à 0:03 :
il y a des elections il faut se deplacer pr bien voter c'est simple !!
a écrit le 16/10/2012 à 20:26 :
lIL faut des députés qui représentent réellement la société française ; il n'y a pas d'ouvrier, d'employé, d'agent de maîtrise, de mère seule et smicarde .... Il faut des gens qui comprennent les difficultés des français, de ceux qui ne sont jamais représentés , jamais consultés, qui bossent dur en étant très mal payés.
Réponse de le 16/10/2012 à 23:53 :
Vous connaissez beaucoup de pays où les parlementaires sont sont ouvriers, employés, agents de maîtrise, mères seules ou smicards ? Il y a bien un ou deux ouvriers en France mais c'est symbolique. Idem dans les autres pays occidentaux : quelques exceptions mais surtout des CSP+++ ! C'est peut-être regrettable mais c'est un fait. D'un autre côté, être élu ne s'improvise plus. Un "simple" mandat de Maire est une charge immense.
a écrit le 16/10/2012 à 19:42 :
Il me semble me souvenir d'un temps pas si lointain ou certains se moquaient des godillots de l'UMP et pontifiaient sur la nécessaire revalorisation du travail des députés.
Dans ces conditions Il serait intéressant de prendre en compte la valeur ajoutée et le travail réel des députés et de remettre en question leur nombre ahurissant en France.
577 personnes dont le tiers au maximum réalise un vrai travail dans les commissions diverses hors comités bidules, le reste venant faire la claque quand nécessaire et rédiger son courrier ou remplir les sièges lors des sessions télévisées.
La démonstration est faite, nous n'avons pas besoin de cette dépense ( député plus secrétaire (s) plus bureau et frais attachés) : allez, un député pour 500.000 habitants, ça devrait suffire largement avec la montée en puissance des régions !
a écrit le 16/10/2012 à 18:37 :
Trop de députés dans cette assemblée, trop de gens pas qualifiés, trop de fonctionnaires-députés, à commencer par le premier ministre. Ras le bol de cette démocratie qui nous coûte trop d' argent : tous des planqués et profiteurs du système !
Réponse de le 16/10/2012 à 19:19 :
Et oui je vous rejoins entièrement !! La France est polluée par de trop nombreux politiques dont la plupart n'ont jamais travaillé de leur vie et sont totalement dans un autre monde...mais à croire que les Français aiment se faire guider comme des moutons ?
En tout cas pour ma part j'ai quitter ce pays anti-démocratique...
Réponse de le 17/10/2012 à 0:06 :
eu raison - malheureusement tout le monde ne peut se le permettre - pourtant notre pays a bien change

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