Philharmonie de Paris : le Sénat dénonce une gabégie

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Dans un rapport d'information relatif à la Philharmonie de Paris, Yann Gaillard le sénateur UMP de l'Aube, rapporteur spécial de la mission «Culture», au nom de la commission des finances dénonce la flambée des coûts nécessaire à la mise en place de cet ensemble. Ceux-ci ont d'ores et déjà été multiplié par 2,3 par rapport aux estimations initiales. L'ouverture de l'ensemble est une nouvelle fois reportée.

La Philharmonie de Paris est dans le collimateur. Dans un contexte d'austérité budgétaire, la France a-t-elle encore les moyens d'offrir une philharmonie à sa capitale? Plus justement, peut-elle supporter une explosion des coûts.

«Ce grand équipement fait partie des chantiers que le ministère de la culture a souhaité préserver, malgré l'arrêt ou le report de plusieurs autres, dans un contexte budgétaire très contraint. Ce projet n'en soulève pas moins un certain nombre d'interrogations. Son dimensionnement particulièrement ambitieux fait notamment débat: fallait-il voir si grand? En effet, le futur équipement bénéficiera d'un luxe d'espaces annexes dont l'utilité reste à démontrer, compte tenu, en particulier, de la quasi-mitoyenneté de la Cité de la musique», explique le sénateurdans un rapport rendu public lundi.

Une ouverture reportée

Selon le parlementaire, ce projet ne fait pas non plus exception à la « loi » des grands chantiers culturels: il connaît une dérive de ses coûts et de son calendrier. Aujourd'hui, le retard accumulé est estimé à vingt-quatre mois. Résultat, l'ouverture de l'équipement est reportée au dernier trimestre 2014. Lors du lancement du projet, la date d'ouverture était prévue en 2012...

Quant aux coûts, ils explosent. Si, l'estimation initiale était de l'ordre de 170 millions d'euros, les dernières évaluations anticipent une facture globale finale de l'ordre de 386 millions d'euros. Soit une multiplication par 2,3 ! Pour l'instant... « De surcroît, le financement du projet, assuré majoritairement par l'Etat et la Ville de Paris, prévoit une participation de la région Île-de-France, dont le niveau n'est pas encore définitivement arrêté », précise le document.

Conduite « chaotique »

Il regrette également la conduite « chaotique » du projet, celle-ci se heurtant à « des difficultés juridiques ». « Celles-ci ont été favorisées par le caractère atypique du projet, porté à parts égales par l'Etat et la Ville de Paris. La défaillance des tutelles a été sévèrement critiquée par un rapport d'inspection publié en décembre 2009. Même si des améliorations ont été apportées depuis lors, la capacité de l'Etat à développer une contre-expertise à la maîtrise d'ouvrage doit être renforcée », recommande Yann Gaillard.

Enfin, au-delà de la construction de l'auditorium, ce sont les enjeux associés à son ouverture qui interpellent. «Dès à présent, il est nécessaire de préciser le statut sui generis du futur établissement, d'évaluer de manière fiable, à partir d'une étude de fréquentation approfondie, son budget prévisionnel de fonctionnement, et la clé de répartition des subventions publiques qui seront nécessaires. Surtout, ne faut-il pas craindre de voir ce type d'investissement se traduire par un effet d'éviction durable au détriment des autres moyens du ministère?», s'interroge le sénateur.

Une initiative lancée dans le cadre du Grand Paris

Réaction de la commission des finances? Elle a exprimé ses vives inquiétudes à ce sujet. En quelques mots, la Philharmonie de Paris est une salle de concert de 2.400 places qui fera la part belle à la musique symphonique. L'accueil d'orchestres de chambre, de jazz ou de musiques du monde est également prévu. Différée depuis une vingtaine d'années, son édification sur le parc de la Villette a débuté en septembre 2009 dans le cadre du Grand Paris. Son maître d'ouvrage est l'architecte Jean Nouvel.

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Commentaires
a écrit le 12/01/2014 à 14:19 :
Je me permets de réagir pour attirer votre attention sur deux erreurs. La première est méthodologique: la longue citation que vous donnez du rapport Gaillard est en fait la somme de plusieurs passages dudit rapport, est doit donc être signalée comme tronquée, au moyen du symbole "[...]". La seconde erreur est factuelle, et dénote vraisemblablement du manque (pardonnable) de connaissances en architecture de l'auteur. Jean Nouvel est en effet décrit à la fin de l'article comme "maître d'ouvrage". En tant d'architecte, il est maître d'_œuvre_.
a écrit le 23/10/2012 à 18:11 :
Quelle est la somme perdue par les sénateurs par leur investissement chez MADOFF ?
a écrit le 23/10/2012 à 18:09 :
Et maintenant à part les vives inquiétudes ?
a écrit le 23/10/2012 à 17:47 :
Le Sénat est déja à lui seul une gabegie!.
a écrit le 23/10/2012 à 17:34 :
Et pour ce qui est de la gabegie, les sénateurs s'y connaissent.
a écrit le 23/10/2012 à 16:26 :
Encore un couteux investissement totalement inutile, mais cela permet de faire plaisir à la mafia de la "culture", architecte, designer, artistes en tout genre
a écrit le 23/10/2012 à 16:15 :
Si seulement c'était la seule gabegie faite par l'état, personnellement a moins de 1 milliard de gabegie je regarde même plus.
a écrit le 23/10/2012 à 15:00 :
Son maître d'ouvrage est l'association Philharmonie de Paris, son maitre d'oeuvre et architecte est l'Atelier Jean Nouvel. On peut trouver plus d'information sur le site internet de communication de la Philharmonie de Paris (www.philharmoniedeparis.fr)

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