Les hausses d'impôts sont la vedette de l'université d'été du Parti socialiste

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La rentrée, c'est maintenant. L'université d'été du PS débute ce vendredi à La Rochelle et doit durer jusqu'au 25 août. Grand thème de ce premier jour : la fiscalité. Si aucun débat du programme officiel, dont une bonne part est consacrée aux municipales 2014, n'aborde ce sujet brûlant, il est pourtant bien présent. Et pour cause : la présentation du projet de budget 2014 approche. D'autant plus que le gouvernement a justement choisi ce 23 août pour annoncer son projet de "contribution carbone", qu'il se garde bien de qualifier de "taxe", mais qui est considérée comme telle dans l'opposition.
Ce débat sur la fiscalité s'inscrit dans un contexte tendu pour l'exécutif qui doit tenir compte des exigences de Bruxelles sur la réduction de sa dette, mais aussi de la - faible - croissance et de sa promesse d'améliorer la compétitivité de la France. Pour rappel, Bercy indiquait en juin tabler sur 14 milliards d'euros d'économies nouvelles, et 14 milliards de prélèvements pour l'an prochain. Lors de son discours du 14 juillet, François Hollande promettait quand à lui qu'il ne ferait "d'augmentations d'impôts que si elles sont indispensables". Pour plusieurs membres de la majorité, elles seraient plutôt nuisibles.
Parmi les personnalités ouvertement hostiles à de trop fortes hausses d'impôts, certaines appartiennent même au gouvernement. C'est le cas du ministre des Affaires étrangères. Laurent Fabius, qui soutenait déjà la même thèse lors de son passage à Bercy entre 2000 et 2002, estime ainsi qu'en matière de fiscalité "il y a un niveau au-delà duquel on ne doit pas monter".
Quant au ministre de l'Économie, il déclare prudemment ne pas être "insensible au ras-le-bol fiscal". Pierre Moscovici avait pourtant prévenu en juillet qu'il n'écartait pas de nouvelles hausses d'impôts en 2014.
De son côté, le député Bruno Le Roux, chef de file des socialistes au palais Bourbon allait plus loin promettant qu'il n'y aurait "pas de nouveaux impôts pendant le quinquennat".
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Même ligne chez Ségolène Royal qui fait son retour à l'université d'été du PS après l'avoir boudé l'an dernier. La vice-présidente de la Banque publique d'investissement prône même un "moratoire des hausses d'impôt" au cours d'une interview sur BFM TV. Elle taclait même la "contribution carbone". Elle affirme que l'écologie ne doit pas être "punitive" mais "joyeuse" et ne pas se traduire par de "nouveaux impôts, de nouvelles contraintes".
Un autre "ténor" du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui fut l'un des soutiens politiques de Dominique Strauss-Kahn, renvoie ses camarades dos à dos. "Je trouve étonnant que tous les jours les socialistes ajoutent aux difficultés en provoquant des débats qui n'ont pas lieu d'être" , notamment sur la pression fiscale affirme ainsi le député de la 20e circonscription de Paris dans un entretien au Monde.
Pendant ce temps, à droite, le débat se cristallisait surtout sur la "contribution" carbone, définit par la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem, non comme une nouvelle taxe, mais comme une manière de "verdir la législation existante". "S'il s'agit juste de mettre un joli papier cadeau autour d'une augmentation d'impôt, c'est non. On appelle ça un marché de dupes", a par exemple rétorqué Laurent Wauquiez, sur BFMTV.
Sautant sur l'opportunité de critiquer la pression fiscale, d'autres membres de l'opposition ont apporté leur grain de sel à ce débat. Le député UMP des Alpes-Maritimes, Christian Estrosi lançait par exemple dans un tweet :
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Pourtant à droite non plus, le sujet ne fait pas consensus.Gilles Carrez, le président de la Commission des Finances de l'Assemblée a en effet trouvé l'occasion de tacler le président du parti, Jean-François Copé. Lequel promet une "baisse massive des impôts" en cas d'alternance. "Ce qui est nécessaire, c'est de faire des économies. Mais annoncer des baisses d'impôts sans annoncer de réformes et d'économies me paraît difficile et pas suffisamment crédible", a rétorqué Gilles Carrez au micro de RMC ce 23 août.
La rentrée politique a donc bien sonné. Et l'autre grand débat qui se profile, sur les retraites, promet d'autres passes d'armes.
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