Le redémarrage de l'investissement peut-il accélérer la reprise ?

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La clé de la reprise ? L'investissement des entreprises ?
La clé de la reprise ? L'investissement des entreprises ? (Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
Les organisations patronales multiplient les appels au secours en direction du gouvernement pour l’inciter à réduire les charges pesant sur les entreprises. Ce ne serait qu’à cette condition que le redémarrage de l’investissement puis, dans un enchaînement vertueux, de l’emploi serait possible. Même si la demande reste faible comme elle l’est aujourd’hui ?

La poule ou l'œuf ? " Relancer l'investissement industriel est la clé d'une reprise de la croissance et de l'emploi en France ", a déclaré jeudi Frédéric Saint-Geours, le président du Groupe des fédérations industrielles (GFI) lors d'une conférence de presse.

Et de décliner les solutions envisageables permettant un redémarrage de la formation brute de capital fixe (FBCF). " Il faut une pause règlementaire pour stabiliser l'environnement des entreprises. La concertation sur la réforme fiscale doit permettre une baisse de la fiscalité sur les entreprises. Il faut continuer à avancer sur la baisse des charges pour les entreprises ", poursuit-il, estimant à 25 milliards d'euros l'effort à fournir en matière d'allègement fiscal pour favoriser le redémarrage de l'investissement.

Selon Frédéric Saint Geours, ce n'est qu'à cette condition que les marges industrielles, qui " restent historiquement basses ", pourront remonter à un niveau permettant aux entreprises de financer leurs investissements.

Le taux de marges des entreprises industrielles s'élevait à 23,1% au deuxième trimestre 2013, contre 33,5% en Allemagne. " Il faut créer de nouvelles conditions favorables pour la compétitivité, mais surtout que le calendrier et les modalités soient connues ", a ajouté Frédéric Saint-Geours, estimant que la plupart des 35 mesures du pacte de compétitivité ont été engagées, avec " des effets potentiels de long terme (qui) peuvent être tout à fait positifs, mais clairement insuffisants à court terme ".

La demande intérieure est quasi atone

Toutes ces recommandations, régulièrement martelées par l'ensemble des organisations patronales paraitraient totalement justifiées si la reprise était au rendez-vous. Si la demande domestique émanant des ménages ou des administrations publiques reste atone, comme c'est le cas actuellement, pourquoi les entreprise seraient-elles incitées à investir sachant que le taux d'utilisation des capacités de production ne remonte pas ?

" L'existence de capacités de production inemployées retentit sur la situation financière des entreprises. La persistance de sureffectifs se traduit par un alourdissement des coûts salariaux des entreprises et explique une grande partie de la dégradation du taux de marge qui, depuis cinq ans, est passé largement sous ses plus bas des vingt dernières années ", explique l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Selon l'Insee, le taux d'utilisation des capacités de production s'élève actuellement à 81%, quatre points en-dessous de sa moyenne de longue période

Les entreprises françaises sont trop souvent absentes des marchés en forte croissance

Une montée en flèche des exportations pourrait-elle justifiée une reprise des investissements industriels ? Bien sûr, à condition que celles-ci prennent la direction des marchés en forte croissance. Or, selon les Douanes, 60% des exportations de produits français, soit 256 milliards d'euros sur les 433 milliards d'euros que représentent les ventes globales à l'étranger, n'ont pas dépassé pas les frontières européennes. Les exportations en Chine ne se sont élevées qu'à 15 milliards d'euros l'année dernière. Elles s'élevaient à 3,6 milliards d'euros en Corée du Sud et à 3,2 milliards d'euros en Inde …

L'investissement reculera en 2014, comme en 2013

C'est donc probablement pour cette raison que les industriels révisent à la baisse leurs projets d'investissements. Selon une étude de conjoncture présentée ce jeudi par l'institut Coe-Rexecode et le GFI, les industriels français anticipent un recul de leurs dépenses d'investissement en 2014 qui devrait être de 2% après une baisse de 7% cette année.

" L'activité industrielle en France fléchit toujours (...) Depuis un point haut touché en 2011, il y a un effritement régulier. La production reste inférieure de 17% par rapport à 2008 ", constate Denis Ferrand, le directeur général de Coe-Rexecode. Pire, " l'activité industrielle pour l'instant ne redémarre pas en France alors qu'elle s'oriente de manière un peu plus positive en Europe, y compris en Europe du Sud. Les moteurs internes sont à l'arrêt, à la fois la consommation et l'investissement ", poursuit l'économiste.

Plusieurs dossiers urgents

Le patronat se trompe-t-il de combat ? Bien évidemment, le niveau actuel du taux de marge des entreprises, quelles soient industrielles ou non, est préoccupant. Relever le taux de marge est une condition sine qua non du redressement de la compétitivité française Mais ce ne peut être l'alpha et l'oméga de la politique économique du gouvernement. Relever le pouvoir d'achat des ménages, par exemple en faisant une pause dans l'austérité budgétaire - qui selon l'OFCE a retiré 1,4 point de PIB à la croissance cette année et en retirera 0,9 point en 2014 -, mais aussi réorienter les exportations françaises vers les pays en forte croissance sont des chantiers qu'il convient de traiter tout aussi rapidement. Pour ne citer que ceux-là.

 

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a écrit le 30/11/2013 à 17:58 :
Seul l'augmentation de la demande permettra l'investissement, mais sans frontières, nous pouvons être compétitif que par une diminution des charges sur le travail et, la mise en route de la dite "TVA sociale" est indispensable nous sortir de l'ornière!
a écrit le 30/11/2013 à 12:58 :
Ils auraient pu demander des diminutions de charges sous l'ère Sarkozy ils auraient été peut être plus entendu, mais celui-ci a préféré diminuer les impôts des rentiers vraiment dommage ! Sachant que la CSG risque de passer de la feuille de salaire sur la feuille d’impôts, ça devrait être un grand soulagement pour les entreprises !
a écrit le 29/11/2013 à 10:49 :
Les "marchés" ont voulu que les états soient endettés et perdent leur "note". Et le patronat voudrait que les états s'endettent. Soit, c'est maintenant la lutte du patronat contre les marchés. Amusant, non..??
a écrit le 29/11/2013 à 9:11 :
On ne dit pas assez que l'investissement participe doublement à la relance. D'une part, c'est une dépense sur le marché, au même titre que la consommation, mais en plus, il modernise l'outil de travail, et en améliorant la compétitivité, il permet de gagner des parts de marché à l'export !
a écrit le 29/11/2013 à 9:11 :
On ne dit pas assez que l'investissement participe doublement à la relance. D'une part, c'est une dépense sur le marché, au même titre que la consommation, mais en plus, il modernise l'outil de travail, et en améliorant la compétitivité, il permet de gagner des parts de marché à l'export !
a écrit le 29/11/2013 à 8:30 :
Pas de confiance =pas d'investissement. Quand est-ce que les politiciens comprendront qu'ils ne peuvent pas decreter la confiance, et que l'investissement centralise n'est possible que dans un systeme communiste a condition d'avoir les caisses pleines.
a écrit le 29/11/2013 à 8:09 :
se pose encore et toujours la part de responsabilité des patrons dans les difficultés économiques que nous rencontrons .un peu facile de se dédouaner .
a écrit le 28/11/2013 à 18:21 :
Relancer l'investissement industriel est une nécessité, sinon ce ne sera plus la peine de parler d'industrie en France avant longtemps !...
a écrit le 28/11/2013 à 18:15 :
si meme l'ofce est inquiete, c'est qu'il y a le feu a la baraque.. on pourra tous confirmer ca ' microeconomiquement' ;-))))))))
a écrit le 28/11/2013 à 17:18 :
Non ! la confiance a disparu...l'investissement sans la confiance c'est rare....le reste c'est du pipo...pour gogo...!
Réponse de le 28/11/2013 à 17:54 :
nous qui allons le payer dans nos impots etc ......
Réponse de le 28/11/2013 à 19:12 :
@ c' est encore ;

Non , c' est l' épargne qui est visé....assurance vie

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