Pacte de responsabilité : patronat et syndicats prudents sur "l'effet emploi"

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Le Medef préfère laisser aux branches professionnelles qui le peuvent le soin de définir d'éventuelles contreparties sur l'emploi au pacte de responsabilité
Le Medef préfère laisser aux branches professionnelles qui le peuvent le soin de définir d'éventuelles contreparties sur l'emploi au pacte de responsabilité (Crédits : Reuters/Benoit Tessier)
Patronat et syndicats se sont réunis ce 28 février pour étudier ce que pourraient être d'éventuelles contreparties sur l'emploi au pacte de responsabilité. Pas très probant.

Le Pacte de responsabilité doit être bouclé, au plus tard, pour le 15 avril afin d'être intégré dans le document d'orientation sur la trajectoire des dépenses publiques que la France doit envoyer à la Commission européenne. Le temps est donc compté. Afin d'avancer sur le fameux dossier des éventuelles contreparties" qui seraient liées à un allègement supplémentaire de 10 milliards d'euros de cotisations sociales patronales, (qui pourrait prendre la forme d'une refonte de tous les dispositifs actuel de réduction des cotisations) les syndicats avaient rendez-vous ce 28 février au siège du Medef pour évoquer cette question.

Un impact sur l'emploi difficile à mesurer

Or, à l'issue de cette réunion ni les syndicats ni le patronat ne se sont réellement risqués à chiffrer l'impact potentiel sur l'emploi du Pacte de responsabilité, souhaité par le président de la République et annoncé lors de ses vœux aux Français le 31 décembre 2013.

Les syndicats ont fait preuve d'un certain scepticisme sur le lien entre allègements de cotisation et création d'emploi. "On n'a jamais réussi à prouver qu'une baisse des charges déclenchait des emplois par centaines", a assuré Alain Giffart (CFE-CGC). Laurence Bertrand, de la CGT, a exigé, elle,  une "expertise sur les milliards qui sont déjà accordés aux entreprises" sous forme de baisses de charges.

Un exercice très incertain, comme en témoignent les nombreuses études consacrées ces dernières années à ce sujet, dont celle la semaine dernière du Haut conseil de la protection sociale. Selon le Haut Conseil,  la promesse d'un nouvel allègement de cotisations de 10 milliards d'euros en plus des 20 milliards du Crédit impôt compétitivité et emploi (CICE)  permettrait de créer, ou préserver, entre 134.000 et 300.000 emplois sur cinq ans.

Jean-François Pilliard (Medef) a jugé que les estimations du Haut conseil étaient "assez théoriques. On ne va pas dire: on va s'engager sur x milliers d'emplois", mais le Medef prendra "des mobilisations d'engagement" au niveau des branches professionnelles, par exemple en termes de recrutement d'apprentis, a-t-il précisé.

Contreparties: éventuellement au niveau des branches professionnelles

Si un engagement global n'a guère de sens, "on est un certain nombre à dire: "affinons dans les branches, affinons dans les secteurs", a estimé lui aussi Joseph Thouvenel (CFTC).

Bref, comme convenu, c'est surtout au niveau des branches que les discussions vont permettre de dégager les fameuses contreparties" qui, d'après le gouvernement, concernent non seulement de possibles créations d'emplois mais aussi la qualité de l'emploi, la formation professionnelle, l'apprentissage, etc. Mais, il y a a un véritable hiatus. Car, comme l'a souligné le président de la CGPME Jean-François Roubaud, comment établir un "lien direct" entre le pacte et des créations d'emplois, alors que la plupart des branches souffrent de "carnets de commandes insuffisants" ?

En attendant, patronat et syndicats espèrent parvenir mercredi 5 mars à une "position commune" sur le pacte de responsabilité. Dans la foulée, ils comptent engager une discussion sur le financement de la protection sociale... élément clé lorsque l'on parle du coût du travail.

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Commentaires
a écrit le 01/03/2014 à 15:03 :
si 8% représentent électorat en FRANCE...IL YA CONFUSION... ne soyez pas surpris de notre crédit dans le monde
a écrit le 01/03/2014 à 14:54 :
dérapages budgétaires, administration incontrôlable, des promesses de politicien, augmentation de la fiscalité locale, non obligation aux entreprises dégageant des profits faramineux à créer de l'emploi (par exemple voir les sociétés d'autoroute), règlementation excessive de la vie des citoyens, non protection des données personnelles, incapacité des politiciens à régler les problèmes de la vie quotidienne ou à régler les absurdités administratives, manque de vision stratégique européenne, administration au service d'elle même, on se demande dans quel pays on vit réellement... Au moins, aux US, on sait qu'on ne peut compter que sur soi-meme et qu'on est récompensé de ses efforts. En france, vous pouvez vous arracher de toutes vos tripes toute votre vie sans que celle-ci n’évolue positivement.....
a écrit le 01/03/2014 à 13:54 :
Ils ont tout dit:

Les carnets de commandes sont insuffisants et il n'y a aucune preuve qu'une baisse des charges crée des emplois.

Tout a fait, car une entreprise embauche quand elle a des commandes.

Les baisses des charges ne serviront à rien voire créeront du chômage via une baise de la demande.
a écrit le 01/03/2014 à 13:02 :
pour le financement nous allons suivre les conseils de la cour des comptes en premier mettre a zero les pensions du regime general a partir de 1995 (dossier a reconstituer ) gain environ 34 % sur les montants verses avec effet retroactif 01 01 1995 , les sommes seraient repris sur les avoirs mobiliers et immobilier , ceci suite a fraude des salaries
a écrit le 01/03/2014 à 12:14 :
le pacte ne peut fonctionner que s'il est finance par des économies .,?MAIS mr hollande n'en annonce toujours pas et surtout ne montre pas l'exmple à la place de faire des economies il annonce de nouvelles charges commissions pour savoir où économiser ,pour les contrepartie , et bientot une troisime pour surveiller les deux premieres
a écrit le 28/02/2014 à 21:39 :
Les gars de la CGT , y savent faire qu'un seul boulot : matons.
Pas fatiguant et bien payé.
a écrit le 28/02/2014 à 19:41 :
il faut être réaliste .... on ne va pas embaucher une secrétaire en burqa .... pour faire plaisir aux lois (et nos élus).... c'est commercialement impossible .... bref ... du bon sens tout simplement !
Réponse de le 03/03/2014 à 7:55 :
Encore un commentaire raciste, c'est pénible a la longue.
a écrit le 28/02/2014 à 19:24 :
la demande va créer l'offre .... pas l'inverse .... pardon ... je n'ai pas fait l'ENA !
a écrit le 28/02/2014 à 19:09 :
Les 32H c'est pour quand ????... suis trop fatiguée !
Réponse de le 01/03/2014 à 9:13 :
On a qu'à retourner au 48 heures, mais c'est bon pour les autres mais surtout pas vous, regardez les bouchons sur les routes des vacances, certains n'ont même pas fini leur travail qu'ils sont dans les voitures pour partir en vacances, alors les donneurs de leçons on s'en tape.
a écrit le 28/02/2014 à 18:58 :
plus de fonctionnaires et d'élus c'est l'avenir de la France .... j'oubliais et plus contraintes administratives ... histoire de donner du boulot à ces fonctionnaires !
a écrit le 28/02/2014 à 18:54 :
Il faut créer un fabrique de clients !!!!!!!!!
a écrit le 28/02/2014 à 18:11 :
Dans un contexte économique incertain les embauches ne peuvent être qu'en CDD.
a écrit le 28/02/2014 à 17:36 :
Même si on faisait tout ce qu'il faut et on en est très, très loin, il n'y aurait aucun effet sur l'emploi avant 2017-2018.
Il faut en effet que les entrprises reconstituent leurs marges, puis qu'elles investissent avec cet argent gagné et enfin seulement quand les nouveaux investissements seront en place poura--ton embaucher. Il fallait commencer le 13 Mai 2012.
Réponse de le 01/03/2014 à 9:06 :
Je pense qu'il fallait commencer en mai 2002...
Réponse de le 01/03/2014 à 13:58 :
Le lien entre profits et marges n'est pas certain. Car la baisse du budget de l'Etat entrainera une baisse de la demande.

Il risque plutôt d'y avoir distribution de dividendes et achats d'OAT.

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