Le Français Jean Tirole reçoit le prix Nobel d'Économie

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Chercheur resté fidèle à l'université de Toulouse depuis les années 1990, après être revenu de l'université américaine MIT, Jean Tirole était cité parmi les favoris du Nobel depuis quelques années.
Chercheur resté fidèle à l'université de Toulouse depuis les années 1990, après être revenu de l'université américaine MIT, Jean Tirole était cité parmi les favoris du Nobel depuis quelques années. (Crédits : Reuters)
Le prix Nobel d'économie 2014 a été attribué lundi au Français de 61 ans Jean Tirole, chercheur à l'université de Toulouse. Il est primé pour son "analyse de la puissance du marché et de la régulation", a annoncé le jury dans un communiqué.

"Jean Tirole est l'un des économistes les plus influents de notre époque. Il a beaucoup contribué aux recherches théoriques dans de nombreux domaines, mais il a surtout permis de mieux comprendre et de réglementer les industries avec quelques entreprises importantes", explique le jury du prix Nobel, lundi 13 octobre.

    Lire >> l'interview de Jean Tirole par La Tribune : "La dette privée bancaire est en réalité de la dette publique"

Il succède à trois Américains: Eugene Fama, Lars Peter Hansen et Robert Shiller. ces derniers partaient d'hypothèses opposées pour expliquer l'évolution des marchés financiers. Les deux premiers s'intéressaient à la rationalité des agents, et le troisième aux éléments de psychologie pouvant la perturber.

Le chercheur de 61 ans est le deuxième Français à recevoir le prix Nobel d'économie après Maurice Allais en 1988 pour ses travaux sur la théorie des marchés, ou le troisième si l'on prend en compte la récompense reçue en 1983 par le franco-américain Gérard Debreu pour ses recherches sur l'équilibre général effectuées à l'Université de Berkeley.

Parmi les favoris depuis plusieurs années

Chercheur resté fidèle depuis les années 1990 à la Toulouse School of Economics, qu'il a cofondé, après être revenu de l'université américaine MIT, Jean Tirole était cité parmi les favoris du Nobel depuis quelques années. Dans un communiqué, après avoir fait part de son "émotion et de sa fierté", il a remercié lundi midi :

"Les collègues de Toulouse School of Economics, dont je préside la Fondation depuis 2007 et où j'ai la chance de mener mes recherches dans un environnement exceptionnel depuis 1991. Une pensée aussi pour mes collègues du MIT où j'ai obtenu mon doctorat [...]. J'ai bien sûr une pensée toute particulière pour Jean-Jacques Laffont, disparu prématurément, qui a été pour moi un mentor, un exemple, et surtout un ami."

Le prix Nobel d'économie, officiellement dénommé "prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel", est le seul non prévu dans le testament de l'inventeur suédois de la dynamite. Il a été institué en 1968 par la banque centrale de Suède, et décerné pour la première fois en 1969. Les autres prix Nobel (médecine ou physiologie, physique, chimie, littérature et paix) ont tous été attribués pour la première fois en 1901.

Jean Tirole recevra son prix, et la récompense de 8 millions de couronnes suédoises (environ 878.000 euros), le 10 décembre à Stockholm. Le Premier ministre Manuel Valls a rapidement réagi à l'annonce sur Twitter en saluant "un pied de nez au french-bashing".

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Commentaires
a écrit le 14/10/2014 à 8:57 :
Félicitations au prix Nobel de l'Economie. Dommage pour la récupération politique, mais vu la vacuité du gouvernement, il faut bien qu'il s'agrippe à quelques bonnes nouvelles..
a écrit le 13/10/2014 à 22:50 :
Souhaitons que Jean Tirole soit de la même lignée que notre précédent prix Nobel de l’Economie Maurice Allais qui a constaté la « cassure de 1974 » caractérisée depuis par la montée inexorable du taux de chômage et de la désindustrialisation. Il avait prédit ce désastre il y a 20 ans et le rapporte dans son livre -Nouveaux combats pour l’Europe 1995-2002- ainsi que dans des articles ultérieurs repris notamment sur le site de l’UPR dans « Ceux qui détiennent le pouvoir de décision nous laissent le choix entre écouter des ignorants ou des trompeurs ». Il démontre que la cause principale est la mise en place d’un libre-échange mondialiste par l’organisation de Bruxelles dès 1974, se prolongeant aujourd’hui dans les traités européens : voir l’article 63 du TFUE qui incite aux délocalisations !
Mais tous les prix Nobel ne se ressemblent pas. Je vous invite -à lire la Stratégie du choc de Naomi Klein qui fournit les preuves que les Etats-Unis soutiennent des coups d’état de par le monde depuis la seconde guerre mondiale afin d’imposer par la dictature et la force le modèle économique de l’ultralibéralisme développé par l’Ecole de Chicago à l’instar de Milton Friedman Prix Nobel de l’Economie en 1976.
Alors méfiance !
a écrit le 13/10/2014 à 17:29 :
Depuis des lustres que le Prix Nobel ne dit plus rien, en fait, il s'agit du Prix de la Banque de Suède (en honneur à Alfred Nobel), donc c'est une distinction éminemment politique et aussi liée à des grands intérêts économiques. Voilà la raison pour qu'elle est très rarement attribuée à d'autres pays non-Occidentaux.

Désolé pour les esprits cocardiers mais après que des Nobel de la Paix ont été attribués à l'Union Européenne et à Barack Obama (!!), ce prix ne dit plus grande chose pour la plupart de l'Humanité.
Réponse de le 13/10/2014 à 18:09 :
En octobre 1990 le premier et unique président de l'URSS Mikhaïl Gorbatchev s'est vu lui aussi décerner le Prix Nobel de la paix. La déclaration du Comité Nobel l'a expliqué en disant que c'était à cause de « son rôle majeur dans le processus de paix ». Au fait Gorbatchev a contribué à la réunification de l'Allemagne, mais sa politique a conduit surtout à la désintégration de l'URSS, la vraie raison de Stockholm l'avoir attribué ce prix. Depuis, la société reste partagée sur la question de savoir combien cette distinction est méritée. Beaucoup appellent même à l’en déchoir. Le Nobel en vaut autant qu'une médaille de chocolat.
a écrit le 13/10/2014 à 17:06 :
2 Nobel en 2014, ce n'est pas mal pour un pays prétendument en déclin !!!
Sur les théories de ce monsieur sur la gouvernance des entreprises je ne les connais pas pour pouvoir donner une opinion.
a écrit le 13/10/2014 à 16:09 :
sans en avoir l'air, 57 millions d'habitants seraient ils appropries, LOGIQUE ÉCONOMIQUE
a écrit le 13/10/2014 à 15:37 :
Je ne connais pas les travaux de cet homme mais ça ne regarde pas la France aux mains de gens qui ne savent que s'intéresser aux sondages de la manière la plus stérile voire malfaisante qui soit.
a écrit le 13/10/2014 à 15:37 :
1h30 après l'annonce, la principale nouvelle sur le site de "La Dépèche du Midi" était toujours la belle victoire de Toulouse sur Toulon à Ernest Wallon. Comme quoi, tout est relatif. Bravo à ce chercheur; mes connaissances en économie ne vont malheureusement pas au delà de "on ne met pas tout ses œufs dans le même panier et qui paie ses dettes s'enrichit", et je me garderais bien de faire des commentaires sur le fond
Réponse de le 13/10/2014 à 16:28 :
Lui a compris que faire payer ses dettes par les autres était enrichissant . Magnifique n est ce pas !
a écrit le 13/10/2014 à 15:06 :
félicitations et bravo pour la France, ça change de temps en temps d'avoir des représentants internationaux dignes d'éloges. En même temps, il est paradoxal que notre pays est un réel potentiel de nobelisables ou assimilés et donc de théoriciens et très peu de personnes capables de mettre en pratique ces théories... à ce titre un prix Nobel de Politique (au sens de contribution à la Cité) ne serait pas superflu pour distinguer les homo politicus avec un sens de l'Etat, du courage et une vision pour leur pays ... comment ? qu'est ce que vous dites ? espèce en voie de disparition ou disparue ? un label WWF alors...
a écrit le 13/10/2014 à 14:47 :
Il faudrait qu'il donne un petit cours à FH et à Sapin afin qu'il comprenne la base de l'économie et de le gestion financière. (P.ex. on ne dépense pas plus que ce qu'on gagne..)
a écrit le 13/10/2014 à 14:46 :
Deux prix Nobel pour la France dans une même année ? et pour quelles raisons ? je vous explique : l'un c'était pour les sanctions contre la Russie ; e l'autre c'était pour l'engagement de la France en Irak-Syrie. Tout est expliqué maintenant. Merci.
a écrit le 13/10/2014 à 14:26 :
Il lui à suffit de remplacer les bénéfices sont privés et les pertes sont publiques , par les dettes privées sont publiques , pour que la diaspora économiques s émerveille, heureusement qu' ils sont nombreux à dire que ce n est pas une science.
Réponse de le 13/10/2014 à 15:07 :
Tout à fait exact, les tenant du capital sont en train de transférer leur dette sur la collectivité afin de se départir de leur obligation et d'augmenter leur rendement en dividende. Le fameux "Too Big To fail" est l'exemple typique de cette horreur.

Il y a juste une petite erreur dans leur calcul de court terme c'est que si il n'y a plus d'investissement à cause de l'enrichissement excessif, il n'y a plus d'emplois donc plus de recette fiscale donc la collectivité ne peux plus assumer la dette collective ainsi que la dette privée transférée sur la collectivité. Le célèbre économiste Schumpeter explique très bien les distorsions créées par la concentration de capital dans un nombre limité d'entité et d'individus.

C'est la raison pour laquelle cette vision des choses est inapte et ne permettra pas une relance avant la prochaine génération.

Il y a également un gros problème de sous-investissement dans la recherche et les start-up innovantes et dans la gestions des finances courantes des États.

Bref : on est mal ... .
Réponse de le 13/10/2014 à 16:23 :
Seule une inflation voulue et contrôlée peut créer une richesse générale et même le capital si il a l impression de perdre est gagnant a moyen terme , l inflation devenant la pluie fine adorée des paysans.
a écrit le 13/10/2014 à 14:12 :
Bonjour,
A la lecture de l'article il est précisé que le prix Nobel d'économie était le seul non prévu dans le testament de Nobel. Hors vous oubliez un peu trop facilement les mathématiques qui sont récompensés par la médaille Fields et qui font l'objet d'une polémique sur le fait d'en créer un prix Nobel depuis plus de 40 ans ... .
a écrit le 13/10/2014 à 14:09 :
Bonjour,
Il est intéressant de rappeler que le Prix Nobel d’économie n'existe pas car l'économie n'est pas une science mais un ensemble de courants et de théories plus ou moins hasardeuses contrairement à la physique par exemple. Le prix dont il est question ici est "Le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel". Il est d'ailleurs remis par la fondation Nobel et non par le comité Nobel ... .
Cela n'a donc absolument aucun rapport avec le prix Nobel officiel même s'il est assimilé comme tel par le grand publique depuis les années 60. Probablement une manière de légitimer une pseudo-science qui reste hasardeuse et fait l'objet de peu de recherche depuis la fin des années 60 car elle a érigé des principes empirique en dogme immuable ce qui est le contraire même d'une science. A méditer ... .
Réponse de le 13/10/2014 à 14:14 :
Doublon à supprimer.

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