Etats-Unis : l'économie s'améliore encore mais lentement

Plusieurs responsables de la Réserve Fédérale se sont inquiétés du possible impact la crise de la dette européenne sur l'activité américaine. Mais la Fed mise toujours sur une progression de 3,5% du PIB cette année.

L'activité économique s'est améliorée aux Etats-Unis en mai... mais de manière "modeste", a indiqué ce mercredi soir la Réserve fédérale dans son traditionnel livre Beige. "L'activité économique a continué de s'améliorer depuis le dernier rapport sur les douze régions, même si bon nombre d'entre elles ont décrit le rythme de croissance comme étant modeste," peut-on lire dans ce document qui servira de base de travail au prochain Comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed.

La banque centrale américaine constate un mieux dans la consommation des ménages ainsi que dans les dépenses des entreprises sur fond d'un léger mieux sur le marché du travail. Mais des inquiétudes concernant les éventuelles conséquences de la crise de la dette en Europe sapent la confiance, estime-t-elle. Plusieurs responsables de l'institution se sont ainsi interrogés sur le possible impact de cette crise sur l'activité américaine. 

Une vision que ne partage pas Ben Bernanke, le président de la Fed. "Si les marchés continuent à se stabiliser, il semble que les effets de la crise [de la dette en Europe] sur la croissance aux Etats-Unis soient probablement limités", a-t-il assuré un peu plus tôt dans la journée lors d'une audition devant la Commission budgétaire de la Chambre des représentants à Washington.

Il estime que les Etats-Unis restent engagés sur la voie de la croissance. "Le scénario le plus probable est que l'économie va continuer de croître à un rythme modéré", a-t-il déclaré l "L'hypothèse d'une rechute ne peut pas être entièrement écartée", a-t-il poursuivi. "Mais nous pensons que la croissance du produit intérieur brut (PIB) sera comprise entre 3 et 4% sur 2010 dans son ensemble".

"Bien que le soutien à la croissance économique apporté par les politiques budgétaires diminuera probablement dans l'année à venir, les statistiques suggèrent que la progression de la demande privée finale continuera de soutenir la demande," a poursuivi le dirigeant de la Réserve fédérale.

Malgré tout, Ben Bernanke a prévenu que la croissance ne devrait pas être suffisamment forte pour permettre de faire reculer le chômage de manière significative. Il faudra "une période sensiblement longue" avant que les employeurs ne recréent "les quelque 8,5 millions d'emplois qui ont été perdus en 2008 et 2009" pendant la récession.

Les derniers chiffres du marché du travail incitent en effet à la prudence: en mai, la première économie mondiale a enregistré 431.000 créations nettes de postes. Il s'agit du plus important solde positif depuis le mois de mars 2000. Mais 95% des emplois créés le mois passé sont des postes temporaires liés au recensement décennal qui a lieu cette année outre-Atlantique. Le secteur privé n'a que 41.000 postes de plus qu'il en a détruit en mai.

Le taux de chômage a pour sa part reculé de 0,2 point en mai, passant de 9,9% à 9,7% de la population active. Le consensus s'élevait à 9,8%. Mais le département du Travail précise que cette baisse est principalement due au repli du nombre d'actifs. En octobre 2009, le taux de chômage avait atteint son plus haut niveau en vingt-six ans (10,1%).

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