La Russie et l'Ukraine vont mettre 30 millions de tonnes de céréales sur les marchés mondiaux

 |   |  357  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters
La Russie et l'Ukraine reviennent progressivement sur le marché des céréales... en gardant l'œil rivé sur les prix domestiques.

L'Ukraine va mettre cette année près de 20 millions de tonnes céréales sur les marchés mondiaux et la Russie va en proposer 10 millions de tonnes à partir du 1er juillet prochain. Kiev a pris la décision à la mi-mai d'abandonner les quotas sur les exportations et Moscou a levé son embargo une semaine plus tard, pour ne pas faire mauvaise figure.

La politique d'exportation de céréales des deux pays est largement guidée par des problématiques domestiques, estiment les analystes. Une large partie de la population des deux pays vit à la limite du seuil de pauvreté et est extrêmement réactive aux variations des prix de la farine. Autre point commun, la Russie comme l'Ukraine entrent dans des cycles électoraux importants.

Taxes à l'exportation en Ukraine

Si la décision russe a été saluée par les producteurs et les analystes, la position de Kiev suscite elle des interrogations. Le gouvernement a en effet décidé de replacer les quotas par l'introduction de taxes à l'exportation jusqu'à 2012 allant de 9% pour le blé à 14% pour l'orge en passant par 12% pour le maïs. Les observateurs s'attendent en outre à ce que des quotas soient réintroduits pour l'orge à l'automne. Ces mesures ont enragé les producteurs ukrainiens, déjà ulcérés par la manière dont les terres sont accaparées par les clans proches de l'administration du président Viktor Ianoukovitch. "Le dernier actif à privatiser en Ukraine, c'est la terre. Nous assistons en ce moment au dernier grand vol organisé !", lance un banquier occidental installé de longue date à Kiev, qui refuse que son nom soit cité.

Potentiellement, l'Ukraine pourrait devenir un acteur majeur sur le marché des céréales, avec 40 millions d'hectares de terre de grande qualité. Kiev a produit 39 millions de tonnes l'année dernière (mauvais chiffre du à la sécheresse) et devrait en produire 45 millions cette année. Le pays consomme annuellement environ 24 millions de tonnes

Mais l'ancien "grenier de l'URSS" parvient tout juste à un rendement deux fois inférieur aux rendements observés en Europe occidentale et la croissance de la production ne dépasse pas les 2% par an.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/06/2011 à 10:54 :
Heu, les céréales en provenance d'Ukraine, elles ne viennent pas de Tchernobyl quand même ?!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :