La Grèce fait durer le suspense sur un accord avec ses créanciers

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, qui seront interrogés ce soir à 20h15 sur France 2 et ZTF, ont mis à nouveau la pression sur la Grèce lors du sommet franco-allemand ce lundi. Ils proposent de placer sur un compte bloqué les intérêts de la dette grecque en attendant que le gouvernement Papademos trouve un accord interne avec la coalition au pouvoir sur les conditions mises par la troika et les créanciers privés à la restructuration de la dette.
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Plus le temps passe, plus la Grèce se rapproche d'un défaut de paiement sur les intérêts de sa dette, faute d'accord interne au sein de la coalition gouvernementale sur les contreparties exigées par les créanciers puiblics et privés. L'Europe a remis une couche de pression lundi matin sur le gouvernement Papademos, qui n'a pas tenu son engagement formulé ce week-end de conclure les négociations en cours avec la troika BCE-FMI/Union européenne. Les discussions entre la Grèce et ses créanciers pour éviter au pays le défaut de paiement au pays en mars sont "déjà au-delà des délais" prévus, a averti lundi matin Amadeu Altafaj, porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, ajoutant que "la balle est dans le camp des autorités grecques à ce stade".

Au cours d'un sommet franco-allemand à Paris, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, qui s'exprimeront ce soir lors d'un entretien croisés sur les chaines de télévision France 2 et ZTF, ont  pressé les responsables politiques grecs d'accepter les conditions du nouveau plan d'aide afin que la situation du pays soit réglée "une bonne fois pour toutes". La Grèce doit "conclure" les négociations sur sa survie financière, ont affirmé lundi le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel.

Le couple franco-allemand a par ailleurs proposé que les intérêts de la dette grecque soient bloqués sur un compte. "Je suis favorable à l'idée selon laquelle les intérêts de la dette grecque soient versés sur un compte bloqué pour être sûr que cet argent sera durablement disponible", a expliqué Mme Merkel. "Les Grecs ont pris des engagements, ils doivent les respecter scrupuleusement, il n'y a pas le choix, le temps presse, c'est une affaire de jours, maintenant il faut conclure. C'est un message sans ambiguïtés et très confiant adressé" à la Grèce , a déclaré M. Sarkozy lors d'une conférence de presse commune à Paris.  "Il ne peut y avoir de nouveau programme" d'aide financière à la Grèce "si elle ne conclut pas avec la troïka" des créanciers publics d'Athènes, réunissant la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, a confirmé la chancelière, à l'issue d'une conseil des ministres franco-allemand.

La Grèce est engagée dans une double négociation, à la fois avec ses créanciers privés, essentiellement des banques, pour qu'ils effacent une part substantielle de la dette grecque qu'ils détiennent, mais aussi avec cette troïka afin qu'elle octroie un nouveau prêt à la Grèce . Les Européens et le FMI demandent comme condition préalable que l'accord soit scellé avec les banques et que le gouvernement grec engage de nouvelles réformes et mesures d'austérité. Athènes a un besoin vital d'une nouvelle aide pour éviter la faillite dès le mois de mars.
"Je ne comprends pas très bien l'intérêt qu'il y aurait à laisser passer encore du temps, le temps presse", a estimé Mme Merkel.

"Jamais nous n'avons été aussi proches d'un accord", a assuré Nicolas Sarkozy, "c'est une affaire de jours" et "nous n'imaginons pas qu'il n'y ait pas d'accord". Mais "maintenant il faut conclure", a-t-il insisté. Angela Merkel a aussi repoussé l'hypothèse d'une sortie d'Athènes de la zone euro. "Nous voulons que la Grèce reste dans l'euro", a-t-elle martelé. Concernant toutes les demandes faites par elle et M. Sarkozy, la chancelière a toutefois ajouté: "nous n'entendons pas déroger à cette position".

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Commentaires 23
à écrit le 06/02/2012 à 20:25
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ça va chier dans les ventilo.

à écrit le 06/02/2012 à 18:12
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Vive la danse des CDS...

à écrit le 06/02/2012 à 17:35
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JUste un epetite info qui n'intéresse pas nos médias hexagonaux: le premier ministre grec Papademos a demandé au ministre des finances de lui préparer un document sur les implications effectives ("précises et réalistes des conséquences d'une sortie d...

le 06/02/2012 à 18:23
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Ouais, c'est mort. Entendu sur France Inter que les ministres en "off" ne soutiendraient pas la mesure.

à écrit le 06/02/2012 à 17:18
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Il faut ouvrir les yeux sur la situation en Grèce et au Portugal. Si on est économiste­, on sait que la situation est intenable dans les deux pays cités, même avec les milliards des mécanismes européens. Si on veut sauver les meubles de la maison Eu...

le 06/02/2012 à 17:51
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@werf: oui, à quoi ca sert que de laisser mourir la Grèce guerie???

le 06/02/2012 à 17:52
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J'abonde entièrement dans votre sens. Seule précision : les technocrates européens n'ont que faire de la Grèce. Leur but est uniquement de sauver le secteur bancaire créancier. La crise européenne est loin d'être terminée!!

le 06/02/2012 à 19:03
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@val47: oui, et il y va de nos économies à tous, ce sauvetage du secteur bancaire. Vous préférez quoi, devenir pauvre, mais avoir "sauvé" la Grèce - ou rester "riche" et laisser la Grèce à son sort (mérité) ?? Alors, laissons les téchnocrates agir. ...

à écrit le 06/02/2012 à 17:15
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La deuxième chaine allemande ne s'appelle pas ZTF mais ZDF (Zweites Deutsches Fernsehen).

à écrit le 06/02/2012 à 16:55
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@ OBJECTIF , Mon pauvre vieux, le capital du, ou la dette, personne ne peut le rembourser. La dette de l'Allemagne par exemple, qui se voudrait l'élève modelé, mais qui en fait est forte parce-que les autres sont encore plus faibles, ne fait donc que...

le 06/02/2012 à 17:13
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@Arminius: analyse intéressante. N'oublions pas qu'il ne s'agit jamais du REMBOURSEMENT de la dette (pour aucun des pays), mais de la mise en l'état à pouvoir assurer le SERVICE de la dette. Un remboursement complet est impossible et n'a pas de sens.

le 06/02/2012 à 17:48
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Réponse à Arminius. Bien sûr que la Grèce ne remboursera pas.Mon commentaire était seulement une illustration de l'article.

à écrit le 06/02/2012 à 16:41
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J'ai la nausée quand je les vois ces deux la!

à écrit le 06/02/2012 à 16:36
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ça n'a pas suffit de convoquer Papandreou, il faut d'urgence convoquer Papademos pour qu'il s'explique de la situation.

à écrit le 06/02/2012 à 16:12
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En 1797 la France ne remboursa que le "TIERS CONSOLIDE" Le pouvoir grec peut recourir au VINGTIEME CONSOLIDE et personne ne partira en guerre. Lassés de l'outrecuidance des banquiers, les rois les chassaient les poches vides ou les pendaient. Leurs ...

le 06/02/2012 à 16:54
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100% D'accord sauf qu'il n'y a plus de royaumes justement ! La dictature Européenne a bien compris le risque. La Grèce sera financée (racheté comme le port de Pirée) par les Chinois, Indiens, Saoudiens ... c'est probablement pour ça que nos petits ch...

à écrit le 06/02/2012 à 15:41
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Oulala quel stress, oulala quel cirque! Ce soir tout sera ok, tout le monde le sait, et tout le monde s'en TAPE complètement, mais il faut bien faire croire qu'il y a un risque, c'est tellement bidon ce show c'est totalement ridicule.

à écrit le 06/02/2012 à 15:28
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Après les avoir trompés, la Grèce n'a pas les moyens de rembourser ses créanciers ni en principal ni même en intérêts. Son défaut de paiement n'est, au mieux, que latent, sa sortie de l'Euro pour revenir à une drachme dévaluée inéluctable. "Doom & Gl...

à écrit le 06/02/2012 à 15:19
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C'est un classique.On paye seulement les intêrets en espérant un retour à meilleure fortune qui permettrait de payer le capital ou une partie du capital.

à écrit le 06/02/2012 à 15:01
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ENCORE EUX!!!!!!!!!!!!!TOUJOURS RIEN RESOLU????

à écrit le 06/02/2012 à 15:01
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Sarkozy nous prend en otage et nous impose son rythme de campagne, son image et ses conneries, sans être déclaré! En nous imposant aujourd'hui et ce soir son couple avec Merkozy, il espère une écoute docile par courtoisie!

le 06/02/2012 à 15:29
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Evitez les mots grossiers.Pour le reste par courtoisie et par incompréhension.

à écrit le 06/02/2012 à 14:01
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Jusqu'à quand va durer le suspens insoutenable de la faillite de la Grèce. Voila maintenant qu'en plus du principal, ce sont les intérêts que le pays n'assure plus. Ce soutien vaille que vaille est hautement suspect.

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